Asie : début de semaine en hausse

Asie : début de semaine en hausse©Boursier.com
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Boursier.com, publié le lundi 05 octobre 2020 à 07h48

Alors que la fin de semaine passée avait été plombée en bourse par les nouvelles inquiétantes de l'état de santé de Donald Trump, les informations plus rassurantes en provenance de Washington, malgré leur nature parfois contradictoire, calme le jeu ce lundi matin. En Asie, la hausse l'emporte avec des gains de 1,4% à Séoul, 1,3% à Hong Kong, et Tokyo, tandis que Bombay monte de 1,2%. Taiwan progresse plus modestement de 0,2%, alors que la bourse de Shanghai est fermée. Vendredi soir, la Bourse de New York avait eu du mal à résister à une vague de nouvelles déprimantes, à commencer donc par l'annonce de l'état de santé de Donald Trump testé positif au coronavirus, ce qui risque de bouleverser les cartes et le calendrier de la campagne électorale, à un mois du scrutin... Par ailleurs, les créations d'emplois se sont nettement essoufflées en septembre aux Etats-Unis, avant même une vague de suppressions de postes annoncée ces derniers jours. Les marchés continuent cependant d'espérer qu'un compromis pourra être trouvé sur un nouveau plan de relance, en vue d'être rapidement adopté par le Congrès...

A la clôture, l'indice Dow Jones avait cédé vendredi 0,48% à 27.682 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,96% à 3.348 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a fléchi plus nettement, de 2,2%, à 11.075 pts. Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices ont cependant regagné du terrain, dans l'espoir de l'adoption rapide par le Congrès US d'un nouveau plan de soutien à l'économie. Le DJIA a repris 1,8% sur 5 séances, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont pris chacun 1,5%.

Situation sanitaire inquiétante, campagne électorale en question

Les investisseurs s'interrogent malgré tout encore ce lundi sur les conséquences potentielles de l'infection de Donald Trump par le coronavirus. Le président américain a fait une rapide sortie en voiture hier en dehors de l'hôpital où il est soigné pour aller remercier ses "supporters" qui attendent en dehors de l'établissement. Une quarantaine de deux semaines est prévue, ce qui compromet le prochain débat programmé le 15 octobre face à son adversaire démocrate Joe Biden.
Les services médicaux présidentiels ont précisé avoir administré à Donald Trump une "dose unique de 8 grammes" d'un cocktail d'anticorps mis au point par la firme Regeneron.

La situation sanitaire générale reste plus globalement inquiétante des deux côtés de l'Atlantique, avec un reconfinement prévu de certains quartiers de New York, tandis qu'en Europe, de nombreuses capitales (Londres, Madrid, Paris...), ont pris, ou s'apprêtent à prendre, des mesures de restriction supplémentaires face à la résurgence de l'épidémie.

L'espoir d'un accord sur un nouveau plan de relance

Au-delà des incertitudes politiques et sanitaires, les marchés restent focalisés sur les négociations autour du nouveau plan de relance entre le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.
La Chambre à majorité démocrate a adopté jeudi soir un projet démocrate de 2.200 milliards de dollars d'aide, même si aucun accord bipartisan n'a été conclu, et que le projet n'a aucune chance d'être voté par le Sénat, à majorité républicaine... Steven Mnuchin tente de son côté de faire passer un projet de 1.500 milliards de dollars, mais pour l'instant, malgré des entretiens quotidiens avec Mme Pelosi, aucun compromis n'a encore été trouvé.

Vendredi, Nancy Pelosi a demandé aux compagnies aériennes de reporter leurs projets de suppressions d'emplois (32.000 annoncées chez United Airlines et American Airlines...) en leur assurant qu'une nouvelle aide financière était en chemin. Elle a affirmé que la Chambre voterait soit une aide spécifique au secteur aérien, ou bien l'inclurait dans le projet plus vaste en cours de discussion.
La responsable démocrate a aussi affirmé que la quarantaine de Trump changeait la dynamique des négociations sur l'adoption du plan de relance négocié au Congrès, ce qui semble interprété comme un élément positif par les marchés, qui estiment que cela pourrait accélérer les choses...

Les créations d'emplois s'essoufflent en septembre aux Etats-Unis

Le temps presse plus que jamais pour adopter le plan avant les élections présidentielle et législatives du 3 novembre, alors que le Congrès a prévu de lever sa session actuelle dès la fin de cette semaine... Les règlements des deux chambres permettent cependant de jouer les prolongations si la volonté politique est au rendez-vous...
Alors que les aides financières du premier plan de relance de 2.200 milliards de dollars adopté en mars dernier ont pris fin, les chiffres de l'emploi en septembre ont déçu, avec un nombre de créations d'emplois inférieur aux attentes. Le chiffre n'inclut pas encore la vague de suppressions de postes annoncées notamment dans l'aérien (au moins 32.000) et par Walt Disney (28.000 postes de moins dans la branche parcs à thème).

Le Département au Travail américain a ainsi annoncé vendredi que l'économie américaine avait créé 661.000 emplois en septembre, alors que le consensus attendait 857.000 créations, après 1,49 million en août et 1,76 million en juillet (chiffres révisés à la hausse). En revanche, le taux de chômage a surpris, en reculant à 7,9%, contre 8,2% de consensus et après 8,4% en août.
Après le choc des confinements face à la Covid-19 en mars-avril, les chiffres de l'emploi se sont améliorés depuis 5 mois, mais le rythme ralentit, et ces derniers sont loin d'avoir retrouvé leurs niveaux d'avant la crise sanitaire (un taux de chômage de 3,5% en février). Sur les 20 millions d'emplois détruits en mars-avril, environ 13 millions ont désormais été retrouvés.

Le pétrole retombe au plus bas depuis plus de 3 mois !

Les craintes sanitaires et économiques continuent de peser en attendant sur les cours du pétrole, qui sont retombés à leur plus bas niveau depuis juin... Le contrat à terme de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a encore perdu plus de 4% vendredi (après -3,7% jeudi) à 37,85$ sur le Nymex, alors que le contrat sur le Brent tente un sursaut sur les 40$ ce lundi matin. Sur la semaine écoulée, le WTI a plongé de 8% et le Brent de 7,4%...

L'or pointe en retrait à 1.892$ l'once. Le métal jaune s'est adjugé cependant plus de 2% la semaine dernière et a gagné 23% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques et de la crise sanitaire.
Sur le marché des changes, l'euro débute la semaine à 1,1735$.

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