Asie : début de semaine en nette hausse

Asie : début de semaine en nette hausse©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 01 juin 2020 à 07h48

Début de semaine très ferme sur les places de la zone Asie-Pacifique, alors que les derniers indicateurs en provenance de la région, en particulier de Chine ont rassuré les intervenants, de même que la confirmation de la moindre virulence de la pandémie de coronavirus dans le monde. La Bourse de Shanghai monte ce lundi de 2,1%, Hong Kong reprend 2,8%, Seoul gagne 1,6%, Taiwan progresse de 1,2% et Tokyo s'adjuge 0,8%. Bombay grimpe même de 3%, Sydney prend 0,8%.

L'activité du secteur manufacturier chinois a progressé en mai pour un troisième mois consécutif alors que les entreprises ont repris leur activité après la fin des mesures de confinement généralisé pour lutter contre le coronavirus.
L'indice PMI manufacturier officiel a ralenti à 50,6 en mai contre 50,8 le mois précédent, mais reste au-dessus du seuil fatidique de 50 qui sépare contraction et expansion de l'activité.
L'économie chinoise s'était contractée à 6,8% au premier trimestre pour la première fois depuis l'introduction des statistiques officielles sur la croissance, alors que la propagation du coronavirus et les mesures de confinement strictes paralysaient l'activité. Bien que l'activité économique ait repris, plusieurs fabricants restent en difficulté en raison de la chute de la demande extérieure. La demande intérieure reste elle aussi assez faible dans un contexte où les inquiétudes quant à la progression du chômage et la crainte d'une deuxième vague de contamination se font toujours sentir.
Une étude portant sur le secteur des services chinois montre toutefois que l'activité a progressé à un rythme plus rapide en mai au fur et à mesure de la levée des mesures de confinement...

Vendredi, la Bourse de New York avait réussi à terminer dans le vert, après des annonces moins sévères que prévu par Donald Trump concernant la Chine. En représailles à la reprise en main de Hong Kong par Pékin via une loi de sécurité nationale, Washington va priver Hong Kong de son statut commercial spécial, mais pour l'instant, Donald Trump n'a pas remis en cause l'accord commercial de Phase 1 signé avec la Chine en janvier dernier... A la clôture, vendredi, l'indice Dow Jones a fini proche de l'équilibre (-0,07%) à 25.383 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,48% à 3.044 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a avancé de 1,29% à 9.489 pts.
Sur l'ensemble de la semaine écoulée, les trois indices américains ont progressé respectivement de 3,7% pour le DJIA, 3% pour le S&P 500 et de 1,7% pour le Nasdaq.

Trump n'a pas remis en cause l'accord commercial de Phase 1 signé le 15 janvier avec la Chine

Lors d'une conférence de presse très attendue, Donald Trump a donc annoncé vendredi soir des mesures de rétorsion contre la Chine, qui vient d'imposer à Hong Kong la loi de sécurité nationale restreignant les libertés civiles dans ce territoire censé être autonome.
Toutefois, le président américain s'est bien gardé de remettre en cause l'accord commercial de Phase 1 signé le 15 janvier dernier avecla Chine, comme le redoutaient certains investisseurs. Le président américain a toutefois affirmé qu'il allait entamer la procédure visant à priver Hong Kong de son statut économique spécial, en raison de la perte de son autonomie vis-à-vis de Pékin.

Ce statut permet actuellement à ce territoire chinois d'être exempté des droits de douane imposés à la Chine continentale, mais aussi aux entreprises de Hong Kong d'avoir accès à des technologies sensibles américaines, dont les groupes de Chine continentale sont privés. Mercredi, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo avait estimé que Hong Kong ne disposait plus de l'autonomie nécessaire pour bénéficier d'un traitement spécifique de la part des Etats-Unis en matière commerciale.

"Je demande à mon administration de lancer le processus de fin des exemptions qui permettaient à Hong Kong d'avoir un traitement différent et spécial. Cela affectera la totalité des accords (avec Hong Kong), de notre traité d'extradition au contrôle des exportations des technologies à double usage et plus, avec peu d'exceptions", a précisé Donald Trump.

Le président américain a aussi indiqué qu'il ferait restreindre l'accès au sol américain à "certains ressortissants chinois", notamment des étudiants. Il a aussi annoncé une enquête de l'administration sur les activités des sociétés chinoises cotées à Wall Street (elles sont environ 150). Cette déclaration intervient alors que le Congrès américain est en passe d'adopter de son côté des mesures restreignant les possibilités de cotation et de levée de fonds des sociétés chinoises sur les marchés américains.
Par ailleurs, Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis allaient rompre toute relation avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en accusant la Chine d'avoir pris "le contrôle total" de cette organisation onusienne...

La Fed reste prête à accroître son soutien à l'économie

Peu avant l'intervention de Donald Trump sur la Chine, le président de la Réserve fédérale Jerome Powell s'était exprimé lors d'un débat organisé par l'université de Princeton, dont il est diplômé. Il a réaffirmé à cette occasion que la banque centrale américaine était déterminée à faire usage de tous les instruments dont elle dispose pour soutenir l'économie face à la pandémie de coronavirus, une crise dont il a souligné le caractère inédit.
"Il s'agit d'une urgence d'une nature que nous n'avions jamais réellement observée auparavant", a-t-il déclaré. "Nous avons franchi un certain nombre de lignes rouges qui n'avaient pas été franchi auparavant et je suis tout à fait à l'aise avec le fait que nous ayons agi ainsi dans cette situation", a-t-il poursuivi...

Les cours du pétrole débutent la semaine ce matin sur une note ferme, à plus de 37,50$ le Brent et 35$ le WTI, les opérateurs continuant de tabler sur un début de rééquilibrage du marché dans les prochains mois...
En mai, le cours du brut léger américain d'échéance août a repris pas moins de 88%, après le plongeon d'avril lié à la crise du coronavirus, qui a paralysé l'économie mondiale. Cette situation inédite a entraîné une forte baisse de la demande, mais aussi de l'offre de pétrole. Le nombre de forages en activité aux Etats-Unis a ainsi baissé depuis 11 semaines d'affilée, retombant à 222 (contre 237 vendredi dernier, et 677 fin décembre 2019 !), selon les données hebdomadaires de la firme parapétrolière Baker Hugues.
De son côté, l'once d'or repart reste ferme à 1.742$. Le métal jaune progresse d'environ 12% depuis le début de l'année. Sur les devises, l'euro pointe en hausse à 1,1140/$ entre banques. Le dollar recule alors que de nombreuses grandes villes américaines sont en proie à des violences en dépit des couvre-feux mis en place. Le mouvement qui avait commencé par des manifestations pacifiques répondant à la mort d'un homme brutalement interpellé par la police la semaine passée à Minneapolis s'est transformé en vague contestataire violente parfois émaillée d'émeutes et de pillages...

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