Asie : début de semaine encore prudent

Asie : début de semaine encore prudent©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 07 septembre 2020 à 07h36

Les places de la zone Asie-Pacifique débutent la semaine sur une note hésitante, en légère baisse de 0,5% à Shanghai, alors que Tokyo et Taiwan reculent de 0,4%. Sydney est stable avec Hong Kong. Seoul remonte de 0,6%... Vendredi soir, la Bourse de New York avait poursuivi sa correction, mais en limitant la casse à l'issue d'une semaine agitée, sur fond de poursuite de la correction des valeurs technologiques et de publication de chiffres de l'emploi mitigés pour le mois d'août aux Etats-Unis. A la clôture, les indices sont parvenus à réduire leurs pertes après des achats à bon compte sur de grandes valeurs technologiques comme Apple (+0,07%) et Tesla (+2,7%). L'indice Dow Jones a terminé en recul de 0,56% à 28.133 points, après avoir abandonné 2,2% en séance. Le DJIA avait chuté de 2,78% jeudi. L'indice large S&P 500 a lâché 0,81% à 3.426 pts (après -3,5% jeudi), et le Nasdaq Composite a abandonné 1,27% à 11.313 pts (après -4,9% jeudi) mais a limité les dégâts en clôture, après avoir perdu jusqu'à 5% en séance... A noter que Wall Street sera fermée ce jour pour cause de "Labor Day" aux Etats-Unis.

Sur la semaine écoulée, les trois indices ont reculé, de 1,8% pour le Dow Jones, de 2,3% pour le S&P 500 et de 3,2% pour le Nasdaq. Ce dernier, riche en valeurs "technos" et "biotechs", avait atteint mercredi un nouveau record historique à 12.056 points, avant de subir des prises de bénéfices appuyées. Mais il gagne encore 26% depuis le début 2020.
Après une remontée d'environ 60% des cours depuis leurs plus bas de mars, de nombreux experts jugent que la baisse actuelle répond à un besoin logique de consolidation des marchés d'actions. L'euphorie des mois d'été a porté les valorisations à des niveaux historiquement élevés, avec un PER (Price Earnings Ratio) de plus de 22 sur le S&P 500, très supérieur à sa moyenne sur 10 ans, de l'ordre de 15 fois les bénéfices attendus sur les 12 mois à venir...

A noter que le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a indiqué hier dimanche qu'un accord entre la Maison blanche et le Congrès allait permettre de financer le gouvernement fédéral jusqu'à début décembre et que les détails seront finalisés d'ici la fin de la semaine... Cet accord devrait permettre d'éviter une fermeture partielle des administrations ("shutdown") à la fin du mois, alors que l'enveloppe budgétaire actuelle expire le 30 septembre.
Steven Mnuchin et a présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ont convenu une extension du financement mais les détails n'ont pas été précisés... "J'espère que d'ici la fin de la semaine, nous aurons quelque chose de confirmé", a déclaré Steven Mnuchin à plusieurs journalistes à la Maison blanche.

Reprise inégale du marché de l'emploi aux US

En attendant, sur le plan macro-économique, le rapport sur l'emploi en août aux Etats-Unis, n'a pas suffi à mettre fin au mouvement de correction boursière vendredi, même si le taux de chômage a reflué plus que prévu, retombant à 8,4% en août après 10,2% en juillet, et contre 9,8% attendu par le consensus... Cependant, cette amélioration est en partie en trompe l'oeil, en raison d'erreurs de classement de certains chômeurs, placés par erreur dans la catégorie des "employés absents de leur travail".
L'économie américaine a créé 1,37 million d'emplois le mois dernier, un nombre dans la fourchette basse des attentes des analystes. Les chiffres de juillet ont en outre été révisés en baisse à 1,734 million de postes créés. La reprise du marché de l'emploi (qui a détruit 20 millions de postes en mars-avril à cause du Covid-19) est en outre très inégale selon les secteurs, ce que la Réserve fédérale avait déjà souligné mercredi dans son dernier Livre Beige.

En Chine, les exportations chinoises ont grimpé de 9,5% en août, les importations ont quant à elles reculé de 2,1%, d'après les données publiées ce lundi par les douanes chinoises. Les économistes anticipaient une hausse de 7% des exportations après une progression surprise de 7,2% en juillet. Les importations étaient prévues en légère hausse de 0,1% après une baisse de 1,4% le mois précédent.
Selon les données des douanes, l'excédent commercial de la Chine en août est ressorti à 58,93 milliards de dollars, contre 62,33 milliards de dollars en juillet, alors que les économistes anticipaient en moyenne un montant de 50 milliards de dollars.

De nouvelles mesures attendues de la Fed et du Congrès

La Réserve Fed a signalé mercredi dernier un certain essoufflement de la reprise économique en août aux Etats-Unis. Plusieurs responsables de la banque centrale américaine ont laissé entendre ces derniers jours que la Fed se tenait prête à prendre de nouvelles mesures de soutien de l'économie ces prochains mois... Ils ont aussi appelé les partis politiques à trouver un accord au Congrès sur un nouveau plan d'aide afin de prolonger le soutien apporté par le plan de 2.200 milliards de dollars adopté en mars dernier pour lutter contre les effets des mesures de confinement prises pour lutter contre le coronavirus.

Les cours du pétrole ont nettement fléchi, témoignant des doutes sur la poursuite de la reprise économique dans un environnement sanitaire toujours préoccupant... Le baril de brut léger américain (WTI) est retombé sous le seuil des 40$ pour la première fois depuis juillet. Le contrat à terme d'octobre sur le WTI a ainsi perdu 4% à 39,20$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance novembre revient à 42$ le baril. Sur l'ensemble de la semaine, le WTI a perdu 7,5% et le Brent de la Mer du Nord a fléchi de 7%.

La course au vaccin "anti-Covid" se poursuit...

Les investisseurs surveillent de près les évolutions concernant un vaccin anti-Covid, considéré comme la condition sine qua non pour une reprise économique solide et durable... L'OMS a jeté un froid en estimant vendredi que les vaccinations à grande échelle contre le virus ne devraient pas débuter avant le milieu d'année prochaine. Aucun candidat vaccin n'a jusqu'à présent montré un signal clair d'efficacité de plus de 50%, seuil fixé par l'OMS, a souligné la porte-parole de l'organisation.
Parmi les candidats vaccins les plus prometteurs, figure celui du Britannique Astrazeneca, qui a démarré la phase 3 de ses essais aux Etats-Unis, et celui de l'allemand CureVac, qui espère pour sa part être capable de produire à grande échelle son vaccin contre le Covid-19 d'ici la fin de l'année, selon les déclarations de son cofondateur Dietmar Hopp, cité par Handelsblatt.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.