Asie : fin de semaine en berne

Asie : fin de semaine en berne©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 10 juillet 2020 à 07h24

La baisse l'emporte pour terminer la semaine sur les places de la zone Asie-Pacifique ce vendredi. La Bourse de Shanghai recule de 1,3%, Hong Kong reperd 1,7%, Tokyo cède 0,8%, Taiwan abandonne 0,7%, Seoul corrige de 1%, Sydney glisse de -0,5% et Bombay de -0,3%. Hier soir, Wall Street a aussi terminé la journée en repli, même si le Nasdaq a échappé, une nouvelle fois, à une consolidation en gagnant encore 0,53% à 10.547 pts. L'indice Dow Jones cède en revanche 1,39% à 25.706 points, tandis que l'indice large S&P 500 recule de 0,56% à 3.152 pts. Les derniers chiffres de l'emploi qui semblaient avoir quelque peu rassuré sur la reprise de la première économie mondiale se sont effacés derrière la pandémie de Covid-19 qui continue de gagner en vigueur de l'autre côté de l'Atlantique. Le coronavirus a désormais fait plus de 132.300 morts aux Etats-Unis pour plus de 3,05 millions de cas, selon le décompte de l'Université américaine Johns Hopkins.

L'emploi en question

Sur le front macro-économique, la progression hebdomadaire du nombre de chômeurs s'est maintenue au-dessus de la barre du million aux Etats-Unis, et ce pour la seizième semaine consécutive. Le Département américain au Travail a en effet annoncé, pour la semaine close au 4 juillet, que les inscriptions au chômage ont atteint 1,314 million, en repli de 99.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 1,413 million. Elles ressortent légèrement moins élevées qu'anticipé puisque le consensus était positionné à 1,38 million. La moyenne à quatre semaines s'établit à 1,437 million, en recul de 63.000. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 27 juin s'établit à 18,062 millions, en baisse de 698.000 sur sept jours.

Côté emploi justement, les plans sociaux sont surveillés de près au cas par cas... Bed Bath & Beyond a chuté de 24,5% à 7,86$ en clôture. Le groupe envisage en effet de fermer pas moins de 200 magasins sur les 955 que compte la chaîne de distribution en Amérique du Nord au cours des deux prochaines années. "Ces fermetures permanentes de magasins font partie du plan de restructuration de Bed Bath & Beyond pour aider à reconstruire et développer l'entreprise en réponse à l'impact de Covid-19 sur la société", a expliqué le groupe, qui estime que ces mesures lui permettront d'économiser entre 250 et 350 M$ par an...
La firme a vu ses revenus nets chuter de 49% sur le trimestre clos fin mai. Malgré le bond de ses ventes en ligne (+100% en avril et mai), l'entreprise a accusé une perte ajustée par action de 1,96$ sur la période contre un consensus d'environ -1,27$. La marge brute a reculé de 780 points à 26,7%.

Distribution, aérien, banque en première ligne

Autre exemple de "casse sociale" potentielle, dans le secteur aérien cette fois, avec United Airlines qui a reperdu plus de 7% à Wall Street hier soir. Des milliers de salariés de la compagnie pourraient perdre leur emploi... Comme pressenti depuis quelques jours, le groupe aérien a averti ses employés qu'elle pourrait supprimer jusqu'à 36.000 postes, soit 45% de ses équipes américaines, à partir du 1er octobre, lorsque les restrictions qui accompagnent les 25 milliards de dollars d'aide fédérale accordés au secteur aérien seront levées. "Nous vivons la crise financière la plus perturbatrice de l'histoire de l'aviation commerciale... La réalité est que United ne peut tout simplement pas continuer avec le nombre actuel de salariés après le 1er octobre dans un environnement où la demande de voyages est si déprimée", peut-on lire dans le mémo envoyé aux salariés. "Bien que la demande ait légèrement augmenté depuis son creux d'avril, notre activité devrait s'afficher en baisse de 75% en juillet par rapport à l'an dernier et nous prévoyons une baisse de 65% en août par rapport à l'an dernier".

Dans la banque, Wells Fargo (-2,1%) s'apprêterait elle aussi à supprimer des milliers d'emplois à partir de la fin de l'année... La banque californienne, qui pourrait dévoiler la semaine prochaine sa première perte trimestrielle en plus de 10 ans, pourrait être la première à tailler franchement dans ses effectifs dans un secteur qui a jusqu'ici plutôt bien résisté à la crise liée à la pandémie de coronavirus. Selon les sources de 'Bloomberg', Wells Fargo, le plus grand employeur parmi les banques américaines, ne devrait toutefois pas dévoiler de plan de restructuration d'envergure dès la semaine prochaine. Bien que les tensions chez Wells Fargo soient plus aiguës que chez ses concurrents, toute réduction se répercuterait sur un secteur confronté à des créances douteuses croissantes, souligne l'agence.
Depuis sa prise de fonction en octobre dernier, le PDG de l'établissement qui emploie 263.000 personnes, Charlie Scharf, a déjà fait part de ses préoccupations concernant les coûts, les qualifiant de "beaucoup trop élevés" : Le mois dernier, le dirigeant a reconnu que l'entreprise réduirait son dividende en réponse aux tests de résistance de la FED et à ses propres hypothèses pessimistes sur les perspectives économiques, qui, selon lui, ont "beaucoup changé" au cours des derniers mois. Objet de plusieurs scandales au cours des dernières années, Wells Fargo n'a que très peu réduit ses effectifs durant la dernière décennie, au contraire de ses grands rivaux de Wall Street. Une 'anomalie' appelée à être corrigée à plus ou moins court terme...

A noter la baisse de fin de semaine de l'once d'or de retour sur les 1.800$, alors que le métal jaune a touché un sommet de près de 9 ans, mercredi. Les cours du pétrole se tassent aussi un peu : Le WTI revient à 39,10$ et le Brent cède 2% à 41,90$. L'euro revient sous les 1,13/$ à 1,1270/$ entre banques. Les tensions avec la Chine sont montées d'un cran entre Pékin et Paris hier, au lendemain d'une sortie du ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, devant la commission des affaires étrangères du Sénat. Ce dernier a en effet évoqué de possibles "mesures" en réponse à l'attitude de Pékin envers Hong Kong. La Chine a aussitôt adressé une mise en garde à la France en estimant que ce dossier relevait de "considérations intérieures", aucun pays n'ayant le droit de s'en mêler...

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