Asie : fin de semaine en berne

Asie : fin de semaine en berne©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 16 octobre 2020 à 07h39

Les places de la zone Asie-Pacifique pointent en baisse pour terminer la semaine ce vendredi, à l'image de la Bourse de Tokyo qui recule de 0,4%, suivie de celle de Seoul en repli de 1% avec Taiwan (-0,5%) et Sydney (-0,4%). Shanghai glisse de 0,1%, seule la bourse de Hong Kong reprenant 0,8%. Hier soir, la Bourse de New York a encore cédé du terrain pour la 3e séance consécutive dans un climat de nouvelle dégradation rapide de la situation sanitaire qui menace de freiner la reprise économique en cours depuis l'été. Le nombre de demandeurs d'emplois a ainsi rebondi plus que prévu la semaine dernière aux Etats-Unis. En Europe, de nombreuses grandes métropoles ont durci cette semaine leurs mesures de restriction face à la pandémie de Covid-19. Malgré ce contexte inquiétant, à moins de trois semaines de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, Démocrates et Républicains ne parviennent toujours pas à s'accorder sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine...
A la clôture, l'indice Dow Jones a toutefois réduit ses pertes en fin de séance, cédant 0,07% à 28.494 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,15% à 3.483 pts et que le Nasdaq Composite a fléchi de 0,47% à 11.713 pts.

Les marchés s'inquiètent donc plus que jamais du manque de progrès dans les négociations politiques en vue d'un nouveau plan de relance aux Etats-Unis... La Maison Blanche a proposé le week-end dernier une enveloppe de 1.800 milliards de dollars, qui semblait pourtant s'approcher du projet démocrate portant sur un "package" de 2.200 Mds$, du même montant que le 1er plan adopté en mars, mais dont les crédits sont désormais épuisés.

Trump prêt à soutenir un plan supérieur à 1.800 Mds$

Ce plan a cependant été repoussé à la fois par les Démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants et par les Républicains, qui contrôlent le Sénat. Mercredi, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui négocie avec la présidente démocrate de la chambre, Nancy Pelosi, s'est montré pessimiste en évoquant des points de vue "très éloignés" sur certains sujets... "Nous continuons de progresser sur certaines questions, mais sur certains sujets nous restons très éloignés", a-t-il déclaré lors d'une conférence virtuelle.
De son côté, Donald Trump a réitéré son feu vert à un plan allant même au-delà de 1.800 Mds$ et a accusé Mme Pelosi de bloquer les négociations. Sur la chaîne Fox News, Trump a aussi affirmé qu'il n'y aurait plus de mesures de confinement aux Etats-Unis... Il a promis en outre de réduire l'imposition des classes moyennes s'il est réélu le 3 novembre.

Selon la presse, Nancy Pelosi juge que l'absence de stratégie nationale en matière de tests du coronavirus est un "point majeur de désaccord" entre son camp et l'administration Trump. Le Sénat refuse lui aussi de voter un vaste plan de soutien : son président, le Républicain Mitch McConnell, n'est prêt à accepter qu'un mini-plan de 500 Mds$, portant notamment sur le financement du chômage technique ("Paycheck Protection Program") dans les PME.

Le FMI confiant sur l'adoption d'un plan aux Etats-Unis

Jeudi, la patronne du FMI, Kristalina Georgieva, s'est dit malgré tout convaincue que les Etats-Unis finiront par voter un nouveau plan de soutien à leur économie, ajoutant qu'il aurait un impact positif quel que soit le moment où il sera adopté. "Les Etats-Unis disposent d'un espace budgétaire, pas seulement pour ce mois-ci, mais pour l'année prochaine" aussi, a déclaré Mme Georgieva, lors d'une conversation sur la chaîne 'CNBC'. Le plan "sera nécessaire par la suite. Voyons à quelle vitesse il sera déployé, mais je n'ai aucun doute qu'il sera déployé parce qu'il est nécessaire", a-t-elle également déclaré.
"L'économie américaine dispose de deux leviers : la politique monétaire et la politique budgétaire. Bien sûr, il est préférable qu'ils soient utilisés ensemble", a estimé la patronne du FMI. Elle a souligné que le premier plan avait été élaboré "de manière très efficace". "Et bien sûr, il serait hautement souhaitable que le second levier budgétaire soit également mis en place" rapidement, a-t-elle ajouté...

Dégradation des chiffres de l'emploi la semaine dernière

Pendant ce temps, les derniers chiffres de l'emploi aux Etats-Unis ont signalé un début de dégradation sur une base hebdomadaire. Les inscriptions au chômage pour la semaine close au 10 octobre ont ainsi atteint 898.000, en hausse de 53.000 par rapport à la semaine antérieure, alors que le consensus tablait sur 825.000 inscriptions.

Baisse plus forte que prévu des stocks pétroliers aux Etats-Unis

Le pétrole a reculé face aux nouvelles craintes pesant sur la croissance, malgré l'annonce d'une baisse des stocks de brut plus importante que prévu aux Etats-Unis. Le contrat de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a cependant perdu jusqu'à 4,4% avant l'annonce des stocks, avant de réduire ses pertes à 0,5% à 40,65$ sur le Nymex. Le Brent pointe à 42,70$ ce matin.

Selon le département à l'Energie, les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 9 octobre, ont chuté de 3,8 millions de barils, alors que les experts attendaient un recul de 2,1 mb.
L'or cote 1.906$ l'once, freiné cependant par la hausse du dollar qui renchérit les achats de matières premières pour les investisseurs internationaux. Le métal jaune a gagné plus de 25% depuis le début de l'année, grâce aux incertitudes économiques et à la crise sanitaire...
Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a gagné 0,45% à 93,80 points, tandis que l'euro revient à 1,17$. .

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