Asie : fin de semaine en ordre dispersé

Asie : fin de semaine en ordre dispersé©Boursier.com
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Boursier.com, publié le vendredi 05 juin 2020 à 07h29

La semaine se termine sur une note plus prudente dans la zone Asie-Pacifique ce vendredi... La Bourse de Tokyo gagne malgré tout encore 0,38%, Taiwan prend 0,6% et Seoul +1,3%, mais Bombay est stable avec Sydney et Hong Kong recule de 0,4%, tandis que Shanghai glisse de 0,2%. La Bourse de New York a fini elle aussi sur une note plus prudente hier soir, les investisseurs reprenant leur souffle après un "rally" de près de 40% depuis deux mois et demi... A la clôture, le Dow Jones a terminé presque stable (+0,05%) à 26.281 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,34% à 3.112 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a fléchi de 0,69% à 9.615 pts. Le Nasdaq a atteint 9.716 pts au plus haut de la séance, se hissant à seulement 1% de son record historique de 9.817 pts atteint le 19 février dernier, avant la crise du Covid-19.

Plus tôt dans la journée, les autres Bourses mondiales avaient aussi marqué le pas. A Paris, le CAC40 a cédé 0,2% après un bond de 3,36% mercredi, sauvegardant le niveau psychologique des 5.000 points.

La BCE rallonge son soutien de 600 MdsE

Les Bourses européennes ont fait un bref passage dans le vert à la mi-journée pour saluer la décision de la BCE d'augmenter de 600 milliards d'euros, le montant du "Programme d'achats d'urgence pandémique" (PEPP), alors que les marchés s'attendaient à une rallonge moins élevée, de l'ordre de 500 MdsE. La BCE avait lancé ce PEPP le 19 mars dernier, avec un premier objectif d'achat d'obligations de 750 milliards d'euros, qui est donc porté désormais à 1.350 MdsE.

Sur le marché des changes, l'euro est encore remonté de 1% à 1,1355$ après les annonces de la BCE, confirmant son retour à ses plus hauts niveaux depuis trois mois. La devise européenne avait déjà regagné près de 5% depuis les annonces de la BCE le 19 mars dernier, suivies du plan de relance de 750 MdsE en préparation par la Commission européenne, qui comprend une forme de mutualisation de la dette européenne.

Le taux de chômage attendu proche de 20% en mai aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, le marché de l'emploi continue de se dégrader bien qu'à un rythme moins rapide que précédemment... En attendant le rapport du mois de mai, qui sera publié ce vendredi, les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage pour la semaine close au 30 mai ont atteint 1,877 million, contre 1,79 million de consensus et après 2,126 millions la semaine précédente.
Mercredi, le rapport du cabinet ADP avait comptabilisé 2,76 millions d'emplois perdus en mai, alors que le consensus redoutait 8,66 millions de destructions après un mois d'avril catastrophique, avec 19,56 millions d'emplois perdus. Le marché de l'emploi semble donc sur la voie de la convalescence, même si le chemin reste long jusqu'à un retour à la normale...
Le rapport complet et officiel sur l'emploi en mai aux Etats-Unis est donc prévu ce vendredi. Le consensus Refinitiv table sur la destruction de 8 millions d'emplois et sur un taux de chômage frôlant les 20%.

A quel prix ?

Après le spectaculaire rebond des marchés d'actions, fondé sur les espoirs d'une reprise rapide à la faveur du déconfinement des populations, les investisseurs s'interrogent désormais sur la capacité de la Bourse américaine à poursuivre sur cette lancée. Les marchés d'actions ont en effet atteint une valorisation élevée au regard des anticipations de bénéfices des entreprises, qui ont été révisées en nette baisse en raison de la crise du Covid-19.
Ainsi, le multiple de capitalisation (PER ou rapport cours sur bénéfice par action) du S&P 500 s'est hissé à 21,5 fois les bénéfices attendus dans les 12 prochains mois, comparé à une moyenne à 5 ans de 16,8 fois et une moyenne à 10 ans de 15,1 fois. Le PER du S&P 500 est ainsi logé à son plus haut niveau depuis janvier 2002, il y a plus de 18 ans, selon le consensus établi par le cabinet FactSet.

Le pétrole dans l'attente des décisions de l'Opep+

Les cours du pétrole restent aussi très fermes, sur fond d'incertitudes sur la prolongation de l'accord Opep+ de maîtrise de la production. Le baril de brut léger américain WTI pointe à 37,45$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord campe sur les 40$.
La Russie et l'Arabie saoudite auraient conclu un accord préliminaire en vue de prolonger l'accord de l'Opep+ de maîtrise de la production pour un mois supplémentaire, jusqu'à la fin juillet... Mais Moscou et Riyad auraient du mal à convaincre certains pays, dont l'Irak, de respecter l'accord en cours. Le suspense se poursuit donc sur la tenue de la réunion de l'Opep+ prévue les 9 et 10 juin.

De son côté, l'or pointe à 1.708$ l'once. Le métal jaune progresse de 13% depuis le début de l'année. Les encours des ETF adossés à l'or ont atteint un record en mai, selon le dernier rapport mensuel du conseil mondial de l'or (WGC).

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