Asie : fin de semaine prudente en attendant Donald Trump

Asie : fin de semaine prudente en attendant Donald Trump
Le président Donald Trump à la Maison Blanche.

Boursier.com, publié le vendredi 29 mai 2020 à 07h39

La tendance est plus hésitante pour terminer la semaine dans la zone Asie/Pacifique, avec une quasi-stabilité des places de Taiwan, Hong Kong, Shanghai et de Tokyo. Bombay recule de 0,1% Sydney glisse de 0,8%. Seule la bourse de Seoul monte de 0,5%. Wall Street s'est retournée à la baisse jeudi soir, après l'annonce par Donald Trump de la tenue d'une conférence de presse, ce vendredi, consacrée à la Chine... Le président américain devrait annoncer des mesures de rétorsion, sur fond de reprise en main politique de Hong Kong par Pékin. En début de séance, les investisseurs continuaient pourtant de parier sur une reprise économique rapide, post-déconfinement. Mais à la clôture, l'indice Dow Jones a finalement cédé 0,58% à 25.400 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,21% à 3.039 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a reculé de 0,46% à 9.368 pts. Avant l'annonce de Donald Trump, les indices reprenaient entre 0,7% et 1%. Les valeurs technologiques et internet ont de nouveau reculé, après les attaques de Donald Trump contre les réseaux sociaux. Le président américain a signé jeudi soir un décret présidentiel qui facilite les poursuites judiciaires contre les sites web et les sociétés technologiques. Twitter a reculé de 4,4%, le groupe étant particulièrement dans le collimateur de Trump, tandis que Facebook (-1,6%) et Alphabet (-0,14%) ont mieux résisté.

Sur le front géopolitique, les relations sino-américaines se tendent à vue d'oeil, après l'adoption jeudi matin par le parlement chinois du projet de loi sur la sécurité nationale visant Hong Kong, un projet qui suscite la contestation sur place et alimente les tensions avec Washington.
Mercredi, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo avait estimé que Hong Kong ne pouvait plus prétendre à un traitement spécifique de la part des Etats-Unis en matière commerciale. Il revient désormais au président américain de décider s'il suspend le statut économique spécial de Hong Kong, qui lui permet actuellement d'être exempté des droits de douane imposés à la Chine continentale.

Donald Trump pourrait ainsi annoncer ce vendredi une série de mesures de rétorsion allant de nouveaux droits de douane à des sanctions contre des personnalités chinoises (limitations de visas, interdictions bancaires...)
Du côté de Pékin, le ministère des Affaires étrangères a affirmé dès mercredi quela Chine riposterait si Washington prenait des mesures relatives à la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Dimanche, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait averti que la Chine et les Etats-Unis étaient "au bord d'une nouvelle Guerre froide". "Outre la dévastation causée par le nouveau coronavirus, un virus politique se propage aux Etats-Unis", avait regretté devant la presse le chef de la diplomatie chinoise, sans nommer le président américain. "Ce virus politique saisit toutes les occasions pour attaquer et diffamer la Chine", avait-il fustigé...

Chômage de masse

La révision en baisse du PIB des Etats-Unis au 1er trimestre annoncée hier n'a pas surpris les investisseurs, les marché ayant déjà intégré que le 2e trimestre sera encore plus catastrophique. Selon la 2e estimation, le PIB a chuté de 5% en rythme annuel au 1er trimestre contre -4,8% en lecture initiale. Les dépenses réelles de consommation sur le trimestre se sont écroulées de 6,8% selon la nouvelle estimation du jour. L'indice de prix rattaché au PIB a augmenté sur un rythme de 1,7%.

Le nombre de chômeurs a encore bondi de plus de 2 millions la semaine dernière, mais le rythme des demandes ralentit légèrement... Pour la semaine close au 23 mai, les inscriptions au chômage ont ainsi atteint 2,123 millions, en repli de 323.000 par rapport à la semaine antérieure (2,438 millions). Elles ressortent globalement en ligne avec les attentes du marché puisque le consensus était positionné à 2,1 millions.

Les mesures de confinement adoptées à partir de la mi-mars pour contenir la pandémie ont entraîné en avril la plus forte destruction du nombre d'emplois depuis la "Grande Dépression". Au cours des 10 dernières semaines, ce sont plus de 40 millions d'Américains qui se sont retrouvés sans emploi...
Par ailleurs, les commandes de biens durables se sont effondrées de 17,2% en avril en comparaison avec mars, contre -18,2% de consensus et -16,6% en mars. Enfin, l'indice des promesses de ventes de logements a plongé de 21,8% en avril par rapport à mars, pire que le consensus de place de -15% et après un recul de 20,8% en mars.

Les cours du pétrole résistent avec un baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet qui a regagné 2% à 33,30$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a repris 1,5% à 35$.
De son côté, l'or s'est stabilisé après sa récente correction à 1.720$ l'once. Le métal jaune progresse de plus de 10% depuis le début de l'année, faisant office de valeur-refuge face à la multiplication des risques sanitaires et géopolitiques et aux politiques ultra-accommodantes des banques centrales. Sur les devises, l'euro continue de progresser à 1,1095/$ entre banques.

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