Asie : Hong Kong pèse sur la tendance

Asie : Hong Kong pèse sur la tendance©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 28 mai 2020 à 07h36

La situation à Hong Kong a pesé sur la tendance en Asie ce jeudi, avec un repli de 0,5% des indices boursiers dans l'ancienne concession britannique, tandis que Shanghai recule de 0,3%, Taiwan perd 0,8% et Seoul glisse de 0,5%. En revanche la bourse de Tokyo poursuit sur sa lancée, en hausse de 1,7% dans la foulée de la levée de l'état d'urgence sanitaire au Japon et du nouveau plan de relance économique présenté en début de semaine... Hier soir, la Bourse de New York a de nouveau progressé, toujours portée par les espoirs d'une reprise économique rapide, grâce au reflux de la pandémie de coronavirus aux Etats-Unis et en Europe... Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a en revanche estimé que Hong Kong n'entrait plus dans les critères permettant de lui accorder un statut commercial spécial...

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 2,21% à 25.548 points, grâce au rebond de titres qui avaient été massacrés ces dernières semaines, en particulier dans les secteurs aérien, immobilier et bancaire, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,48% à 3.036 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a pris 0,77% à 9.412 pts, après avoir passé une grande partide la séance dans le rouge.

Le statut commercial spécial de Hong Kong sur la sellette, Trump s'apprête à monter au créneau

Les marchés restent attentifs aux nouveaux signes de tension géopolitique entre les Etats-Unis et la Chine, après la décision de Pékin d'imposer à Hong Kong sa loi sur la sécurité nationale, qui restreint les libertés politiques...
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a menacé clairement de suspendre le statut économique spécial que les Etats-Unis accordent à Hong Kong. Ce statut permet à ce territoire autonome d'être exonéré des restrictions et droits de douane qui s'appliquent à la Chine continentale.

Le chef de la diplomatie américaine, a estimé devant le Congrès que Hong Kong ne jouissait plus de l'autonomie vis-à-vis de Pékin qui lui permettait de bénéficier de ce statut commercial préférentiel. Mike Pompeo a une nouvelle fois dénoncé l'intention de la Chine "d'imposer de manière unilatérale et arbitraire" la loi sur la "sécurité nationale".

Pékin menace de riposter

Le 27 novembre 2019, Donald Trump avait promulgué une loi adoptée par le Congrès '("Acte de 2019 sur les droits humains et la démocratie à Hongkong") qui permettait de suspendre ce statut économique spécial à condition de certifier que Hong Kong ne bénéficie plus de son autonomie...

Donald Trump a indiqué de son côté qu'il ferait une déclaration sur la question de Hong Kong "avant la fin de la semaine", évoquant "quelque chose de fort"... Trump a ajouté qu'il ne voyait pas comment Hong Kong pourrait demeurer un centre financier si la Chine "prenait le contrôle".
Du côté de Pékin, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que la Chine riposterait si Washington prenait des mesures relatives à la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Dimanche, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait averti que la Chine et les Etats-Unis étaient "au bord d'une nouvelle Guerre froide". "Outre la dévastation causée par le nouveau coronavirus, un virus politique se propage aux Etats-Unis", avait regretté devant la presse le chef de la diplomatie chinoise, sans nommer le président américain. "Ce virus politique saisit toutes les occasions pour attaquer et diffamer la Chine", avait-il fustigé...

Prudence sur le rythme de la reprise, selon la Fed

A Wall Street, les indices ont accru leurs gains malgré la publication du dernier Livre Beige de la Fed, qui a décrit une Amérique frappée de plein fouet par les mesures prises pour juguler la pandémie de coronavirus, qui a fait près de 100.000 morts aux Etats-Unis.
Le rapport, basé sur des enquêtes auprès des Réserves fédérales régionales avant le 18 mai, note par ailleurs que les acteurs économiques ne prévoient pas une reprise rapide de la croissance après la réouverture des entreprises. "Bien que de nombreux contacts ont exprimé leur espoir que l'activité rebondirait dès que les entreprises rouvriront, les perspectives restent hautement incertaines, et la plupart des contacts étaient pessimistes au sujet du rythme potentiel de la reprise économique", estime ainsi la banque centrale américaine...

Cependant, un membre de la Fed James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, a entretenu les espoirs en estimant que le pire de la crise du Covid-19 a sans doute été atteint en avril. "Je pense qu'avril sera sans doute le pire mois, parce que le gros des mesures de confinement étaient en vigueur dans un grand nombre de juridictions, et les gens étaient les plus nombreux à rester confinés chez eux", a déclaré Bullard devant la presse, peu avant la publication du Livre Beige. "Il se pourrait bien que nous ayons vu le pire" de cette crise, a-t-il ajouté.
Mardi, le même James Bullard avait déjà estimé que le taux de chômage pourrait retomber sous le seuil des 10% aux Etats-Unis dès la fin de l'année 2020, après un pic dans les prochains mois (14,7% en avril).

Un plan de 750 MdsE pour soutenir l'économie européenne

Malgré les craintes de nouvelle guerre commerciale, de nombreux investisseurs continuent de privilégier la perspective positive d'une reprise économique, à mesure que le nombre de cas de coronavirus diminue en Europe et aux Etats-Unis, même si l'épidémie fait désormais rage en Amérique du Sud, notamment au Brésil. Les actions conjuguées des banques centrales et des gouvernements pour relancer la croissance continuent de soutenir les marchés...
Hier, la Commission Européenne a annoncé qu'elle entendait mobiliser 750 milliards d'euros pour un plan de relance "post-pandémie". 500 milliards seraient ainsi dégagés sous forme d'aides non remboursables, selon le plan proposé la semaine dernière par Emmanuel Macron et Angela Merkel, tandis que 250 MdsE seraient mis en oeuvre sous forme de prêts.

Le pétrole corrige, l'or résiste

Les tensions sino-américaines ont entraîné une correction sur le pétrole. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a reperdu 5% à 31,80$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet retombe à 34,15$. Le cours ont aussi été déprimés par des informations de presse selon lesquelle la Russie souhaiterait relâcher ses restrictions de production à partir de juillet.
De son côté, l'or remonte à 1.714$ l'once. Le métal jaune progresse encore de plus de 10% depuis le début de l'année, faisant office de valeur-refuge face à la multiplication des risques sanitaires et géopolitiques et aux politiques ultra-accommodantes des banques centrales...
Sur les devises, l'euro grimpe aussi à 1,1025/$ entre banques.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.