Asie : la baisse l'emporte

Asie : la baisse l'emporte©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 11 juin 2020 à 07h38

Les marchés de la zone Asie/Pacifique reculent nettement ce jeudi matin, emmenés par la Bourse de Tokyo qui subit des prises de profits, en repli de 2,35% sur le Nikkei, suivie de Sydney (-2,7%) et de Seoul (-1,7%). Taiwan recule de 1,6%. Hong Kong glisse de 0,8%, Bombay perd 0,5% et Shanghai -0,4%. La Bourse de New York a elle aussi vécu hier soir une fin de séance volatile, après les annonces de la Réserve fédérale, qui a indiqué que ses taux directeurs resteraient proches de zéro jusqu'à la fin 2022, pour favoriser la reprise économique qui s'annonce lente. Cela n'a pas empêché le Nasdaq de poursuivre son "rally", franchissant même le seuil psychologique des 10.000 points pour la première fois de son histoire, alors que le trio Apple/Amazon/Microsoft continue de caracoler en tête des valeurs de technologie ! A la clôture, en revanche, le Dow Jones a cédé 1,04% à 26.989 points, et l'indice large S&P 500 a relâché 0,53% à 3.190 pts. Mais le Nasdaq Composite a donc encore progressé de 0,67% à 10.020 pts, battant un nouveau record historique avec Apple qui a atteint les 1.500 Mds$ de capitalisation, ce qui équivaut environ au PIB de... l'Espagne !

Après leurs plus bas de mars, les Bourses mondiales ont puissamment rebondi ces dernières semaines, soutenues par un reflux de la pandémie de coronavirus en Europe et aux Etats-Unis, qui entretient les espoirs de reprise économique rapide à partir du 3e trimestre... Le rebond a cependant porté les niveaux de valorisation des actions américaines à leur plus haut niveau depuis des décennies, ce qui les rend vulnérables à toute mauvaise surprise.

La Fed prévoit des taux proches de 0 jusqu'à la fin 2022

Dans ce contexte, les annonces de la Fed et de son président Jerome Powell, ont été décortiquées par les investisseurs... La Réserve fédérale américaine a comme prévu maintenu les taux directeurs à leur nouveau actuel, proche de zéro, et a répété sa volonté de mettre en oeuvre l'ensemble de ses outils pour sortir l'économie américaine de l'ornière dans laquelle l'a plongée la crise du coronavirus.
Même si le pire semble passé, la Réserve fédérale s'est placée dans l'optique d'une reprise économique lente, qui exigera de maintenir les taux directeurs proches de zéro jusqu'à la fin 2022. Le PIB des Etats-Unis devrait chuter de 6,5% cette année, avant un rebond partiel de 5% en 2021, mais il ne devrait retrouver son niveau d'avant la crise que courant 2022, selon les nouvelles projections de la Fed, les premières depuis décembre 2019. Quant au taux de chômage, il devrait s'établir à 9,3% fin 2020 (contre 13,3% en mai), mais sa décrue sera ensuite lente.

De "grandes incertitudes" demeurent, selon Powell

Le président de la Fed Jerome Powell a indiqué que "nous ne pensons même pas à penser à relever les taux"... Lors de sa conférence de presse, il a ajouté que les "mois qui viennent seront cruciaux pour comprendre ce qui se passe vraiment dans l'économie", en insistant que les "grandes incertitudes" pesant sur l'avenir.
La Fed constate que les conditions de financement se sont améliorées ces dernières semaines, en partie grâce à ses actions massives de soutien de l'économie. Toutefois, la pandémie va "peser lourdement" sur l'activité économique, l'emploi et l'inflation à court terme, et elle représente "un risque considérable pour les perspectives économiques sur le moyen terme" aux Etats-Unis, estime la banque centrale.

Sur le marché des changes, le dollar a subi sa 10e séance de recul consécutive, accentuant sa baisse après les annonces de la Fed... Il s'agit de la plus longue série baissière depuis 2006 pour le billet vert, qui a désormais reflué de 6,5% par rapport à son pic du 20 mars. L'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, yen, dollar canadien et couronne suédoise), a reculé de 0,25% à 96,10 points. L'euro pointe à 1,1335$ ce matin, évoluant à son plus haut niveau depuis près de trois mois, après être tombé fin mars sous 1,07$. Sur les marchés obligataires, le rendement des T-Bonds à 10 ans a chuté de 9 points de base à 0,73% après les annonces de la Fed.

Les cours du pétrole restent fermes, malgré l'annonce d'une nette hausse des stocks de pétrole aux Etats-Unis. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a gagné 1% à 39$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent campe à plus de 41$ ce jeudi matin.
Aux Etats-Unis, les stocks de pétrole pour la semaine close au 5 juin ont augmenté de 5,7 millions de barils à 538,1 millions de barils, alors que le consensus tablait au contraire sur un recul de 1,9 million de barils à la faveur du redémarrage de l'économie américaine. Les cours restent cependant soutenus par la perspective d'une baisse de la production, tant du côté de l'Opep+ que des pays tiers, à commencer par les Etats-Unis, où le nombre de puits en activité a plongé au plus bas depuis la mi-2009.
De son côté, l'or reste aussi très ferme, à 1.731$ l'once. Le métal jaune progresse de 13% depuis le début de l'année.

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