Asie : la hausse reprend le dessus

Asie : la hausse reprend le dessus©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 16 juin 2020 à 07h38

Après un début de semaine hier déprimé par le reconfinement d'une partie de la ville de Pékin, les places de la zone Asie-Pacifique remontent nettement ce matin dans une ambiance toujours volatile. La Bourse de Tokyo reprend 5%, Seoul +4,6%, Sydney +4,4%, alors que Hong Kong s'adjuge 3%. Bombay grimpe de 2%, Taiwan de 1,8% et Shanghai de 1,1%. Après avoir perdu entre 2% et 3% en début de séance hier, la Bourse américaine a elle aussi terminé en hausse finalement lundi soir, malgré les inquiétudes concernant un redémarrage du nombre de cas de Covid-19 en Chine et une accélération dans certains états américains. Le rebond boursier a été motivé par une annonce de la Réserve fédérale, qui a décidé d'acheter de la dette obligataire d'entreprises dans le cadre de ses mesures de soutien face à la crise du Covid-19.
A la clôture, l'indice Dow Jones a repris 0,62% à 25.763 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,83% à 3.066 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, s'est avancé de 1,43% à 9.726 pts.

La semaine dernière, le DJIA avait cédé 5,5%, le S&P 500 avait perdu 4,7% et le Nasdaq avait fléchi de 2,3% (leur 1e semaine de baisse après 3 semaines de forte hausse), dans la crainte d'une seconde vague de coronavirus, et à la suite de déclarations prudentes de la Fed sur la reprise économique.

La Fed élargit sa boîte à outils aux obligations corporate en direct

La banque centrale US a donc annoncé dans la soirée de lundi son intention de commencer à racheter des obligations d'entreprises, dans le cadre de la batterie de mesures établie le 23 mars mars dernier pour faire face à la récession provoquée par la crise sanitaire. Jusqu'à présent, la Banque centrale américaine avait uniquement acheté des obligations privées de façon indirecte, via des fonds indiciels (ETF).
Cette décision permettra à la Fed de mieux cibler son soutien aux différents secteurs et entreprises frappés par le Covid-19. Elle intervient moins d'une semaine après la dernière réunion de la Fed qui s'est montrée inquiète d'une reprise économique lente... Elle s'est dite prête à maintenir ses taux directeurs proches de zéro au moins jusqu'à la fin 2022, et s'est engagée à continuer à utiliser toute la gamme de ses outils pour sortir l'économie américaine de l'ornière où l'a précipitée la pandémie.

21 quartiers de Pékin mis en quarantaine

Aux Etats-Unis, le nombre de décès du coronavirus frôle lundi soir les 116.000, et le nombre de cas dépassé 2,1 millions, selon les chiffres de l'université américaine Johns Hopkins. Le nombre de nouveaux cas est désormais en augmentation dans 23 des 50 Etats américains, selon un décompte tenu par le 'New York Times'. Si certains Etats parmi les plus touchés continuent de voir le nombre d'infections reculer (New York, New Jersey, Connecticut notamment), le nombre de cas est en hausse notamment dans l'Alabama, l'Arizona, la Californie, la Floride, la Louisiane, la Caroline du Nord et du Sud, le Nevada, l'Oklahoma, l'Oregon, le Tennessee, le Texas et l'Utah.

En Chine, l'apparition d'une centaine de nouveaux cas à Pékin depuis la fin de la semaine dernière a entraîné le reconfinement de plusieurs quartiers de la capitale chinoise. Dix nouvelles zones résidentielles ont été placées en quarantaine lundi, a annoncé la mairie de Pékin, qui a découvert de nouveaux cas de contamination dans un marché de gros du nord-ouest de la capitale, dans le district de Haidian. La semaine dernière, les autorités avaient déjà fermé un marché de produits frais du sud de la métropole, dans le district de Fengtai, et avaient placé 11 quartiers résidentiels en quarantaine dans ce secteur...

Aux Etats-Unis, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a assuré que même en cas de seconde vague de Covid-19, l'administration Trump n'envisageait pas de mesures de confinement aussi strictes qu'en mars dernier, qui avaient mis l'économie à l'arrêt pendant plusieurs semaines.
Vendredi, le CDC (centre pour le contrôle et la prévention des maladies) avait au contraire averti qu'il faudrait recourir à nouveau à des mesures de confinement semblables à celle de mars dernier si le nombre de cas se mettait à augmenter fortement outre-Atlantique...

Au Japon, la banque centrale a maintenu ce mardi ses paramètres monétaires inchangés et a confirmé son point de vue selon lequel l'économie se remettra progressivement de la pandémie de coronavirus, indiquant qu'elle avait pris "suffisamment de mesures pour soutenir la croissance pour le moment". La banque centrale a annoncé qu'elle comptait injecter 1.000 milliards de dollars dans des compagnies à court d'argent par le biais de mesures adaptées à la crise.
"Bien que l'activité économique reparte graduellement, l'économie japonaise va continuer d'être mise à rude épreuve", a expliqué la BoJ dans un communiqué. "Lorsque l'impact de la pandémie commencera à disparaître, l'économie devrait s'améliorer", a ajouté la BOJ, notamment grâce à un rebond de la consommation et de la production ainsi qu'à un coup de pouce du gouvernement. L'autorité monétaire a maintenu ses objectifs de contrôle de la courbe des taux à -0,1% pour les taux d'intérêt à court terme et à 0% pour les taux à long terme. La banque centrale n'a pas non plus apporté de changements majeurs à ses programmes visant à alléger les contraintes de financement des entreprises, notamment un mécanisme de prêt destiné à canaliser les fonds vers les entreprises.

Un vaccin dès l'automne ?

Les investisseurs espèrent néanmoins que l'économie continuera de se redresser pendant l'été, et qu'un vaccin sera mis au point à l'automne. Pendant le week-end, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a estimé être en mesure de livrer les premières doses de vaccin dès le mois d'octobre si les essais cliniques en cours sont couronnés de succès.
Le PDG d'AstraZeneca Pascal Soriot a ainsi assuré dimanche sur 'BFMTV' qu'il "aura les résultats des tests liés au vaccin contre le coronavirus au mois de septembre et pourra livrer à partir du mois d'octobre". Samedi, un accord a été passé entre le groupe pharmaceutique et l'Union européenne pour fournir 400 millions de doses à l'UE...

AstraZenaca a aussi passé des accord avec d'autres pays pour la fourniture du potentiel vaccin, dont les Etats-Unis, qui ont apporté en mai un financement de 1 milliard de dollars au groupe pharmaceutique. De nombreux autres laboratoires dans le monde (dont la biotech américaine Moderna) testent des vaccins, avec pour objectif une commercialisation à l'automne ou au plus tard début 2021.

Le pétrole rebondit, le dollar corrige

Sur le front économique aux Etats-Unis, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York pour le mois de juin est ressorti bien meilleur que prévu, à -2 points alors que le consensus était négatif de 30 points. L'indice signale même une quasi stabilité de l'activité manufacturière régionale.
Les cours du pétrole, qui avaient corrigé la semaine dernière, ont rebondi dans l'espoir d'un sursaut de la demande dans les prochains mois, tandis que l'offre devrait rester maîtrisée. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a gagné 2% à 37,10$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord se rapproche de nouveau des 40$ à 39,70$. La semaine dernière, les deux variétés de pétrole avaient corrigé de plus de 8%, après avoir grimpé pendant 6 semaines d'affilée.

L'or revient ce matin à 1.727$ l'once, alors que le métal jaune avait progressé de 3,2% la semaine dernière et de plus de 13% depuis le début de l'année.
Sur le marché des changes, le dollar est reparti à la baisse, l'indice du dollar cédant 0,6% en séance à 96,70 points, tandis que l'euro regagne du terrain à 1,1345$.

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