Asie : la hausse se confirme, le risque sanitaire s'éloigne

Asie : la hausse se confirme, le risque sanitaire s'éloigne©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 26 mai 2020 à 07h33

Le rebond boursier se confirme dans la zone Asie/Pacifique ce mardi matin, dans l'espoir d'une sortie de la crise du coronavirus non seulement en Asie, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis, alors que la pandémie semble être en voie de régression partout dans le monde, sauf en Amérique Latine... Par ailleurs, le soutien indéfectible des banque centrales se confirme avec ce matin la Chine qui va renforcer sa politique économique et poursuivre ses efforts pour abaisser les taux d'intérêt des prêts, selon les dires du gouverneur de la Banque populaire de Chine. La Bourse de Shanghai remonte de 0,7% ce mardi, celle de Hong Kong reprend 2%, Seoul grimpe de 1,5% et la bourse de Tokyo regagne même 2,55%, alors que les mesures d'urgence sanitaire ont été levées au Japon hier. Taiwan progresse de 1,4% et Sydney grimpe de 2,2%.

S'exprimant dans un entretien publié ce matin par la banque centrale chinoise, Yi Gang a expliqué que les fondamentaux économiques chinois demeuraient inchangés malgré les incertitudes et a répété que la position actuelle des autorités en matière de politique monétaire serait plus flexible. La BPC aura ainsi recours à différents outils de politique monétaire pour garantir des liquidités suffisantes et maintenir la croissance annuelle de la masse monétaire M2 à un niveau nettement plus important que l'an dernier, a-t-il ajouté. Yi a encore indiqué que l'ensemble des mesures engagées par la banque centrale depuis le début de l'épidémie de coronavirus s'élevaient à 827,63 milliards de dollars (757,96 milliards d'euros).

La Chine va aider les banques, principalement les établissements bancaires de petite et moyenne taille, à reconstituer leurs capitaux via différents canaux et améliorer leur capacité à gérer les créances douteuses, a-t-il dit.
Le gouverneur a promis que celle-ci allait poursuivre la réforme de son taux préférentiel de prêt afin de contribuer à la baisse des taux d'intérêt réels.

Pour le moment, ces espoirs d'une reprise économique rapide et d'un reflux de la pandémie de Covid-19 l'emportent sur les risques d'une nouvelle guerre commerciale entre Pékin et Washington, puisque Wall Street, fermée hier pour cause de "Memorial Day" aux Etats-Unis, a poursuivi dernièrement sa remontée après avoir repris plus de 3% sur ses différents indicateurs la semaine passée...

Multiplication des sujets de tension

Le ton est pourtant nettement monté depuis la fin de la semaine dernière entre les deux principales puissances économiques mondiales... La crise du Covid-19 a ravivé les tensions qui étaient retombées depuis la signature le 15 janvier d'un accord commercial de Phase 1 entre Washington et Pékin. Cependant, face à la crise économique provoquée par la pandémie, la Chine chercherait à renégocier certains de ses engagements. L'administration Trump refuse de son côté toute renégociation de l'accord et menace Pékin de sanctions et de nouveaux droits de douane si elle se soustrait à ses obligations...

Vendredi, à l'occasion de l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), le Parlement chinois, le Premier ministre chinois Li Keqiang a annoncé la victoire de son pays dans la lutte contre le coronavirus, et a affirmé dans la foulée l'intention de Pékin d'imposer la loi sur la sécurité nationale et contre la sédition à Hong Kong. La réunification avec Taïwan est aussi évoquée une nouvelle fois de façon insistante... Autant de sujets de tensions avec les Etats-Unis, qui accusent Pékin d'avoir laissé le coronavirus se propager à partir de la ville de Wuhan, et soutiennent le mouvement pro-démocratie à Hong Kong ainsi que l'indépendance de Taïwan.

Menaces réciproques de nouvelles sanctions

Dimanche, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche, Robert O'Brien, a déclaré que la nouvelle législation proposée par la Chine à Hong Kong pourrait conduire à des sanctions américaines et menacer le statut de centre financier de ce territoire autonome. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a répliqué lundi que la Chine prendrait des contre-mesures si les Etats-Unis persistaient à porter atteinte à ses intérêts à Hong Kong. Selon lui, les Etats-Unis tentent de nuire à la sécurité nationale de la Chine.

La Chine et les Etats-Unis sont "au bord d'une nouvelle Guerre froide", a même averti le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, déplorant le regain de tensions avec Washington autour de l'épidémie de Covid-19.

A Hong Kong, d'importantes manifestations ont de nouveau eu lieu, hostiles à la mainmise de Pékin sur le territoire. A Washington, le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis réagiraient "très fortement" si Pékin imposait cette loi...

Les entreprises chinoises personae non gratae à Wall Street

Le 20 mai dernier, le Sénat américain a adopté une loi qui contrôlerait strictement les conditions de cotation et de levées de fonds des entreprises chinoises à Wall Street. Le texte devrait aussi obtenir une majorité favorable à la chambre des représentants (dominée par les démocrates), selon la presse américaine.

De son côté, le gestionnaire du marché Nasdaq, Inc. s'apprête aussi à restreindre l'accès à la Bourse américaine aux entreprises chinoises, après plusieurs affaires de fraude, dont la dernière concerne la chaîne de cafés Luckin Coffee, le "Starbucks chinois".

Par ailleurs, le 22 mai, le département américain du Commerce a annoncé avoir ajouté 33 sociétés et institutions chinoises à sa liste noire (ou figure déjà Huawei, entre autres), les accusant de contribuer à des violations des droits de l'homme.

Menaces sur le statut spécial accordé par Washington à Kong Kong

Selon le 'Wall Street Journal', des sénateurs américains prépareraient une loi bipartisane qui sanctionnerait les responsables et les entités chinoises impliqués dans la mise en place de ces mesures à Hong Kong. Le texte prévoit aussi de pénaliser les banques qui feraient des affaires avec ces entités et personnes. Les Etats-Unis laissent en outre planer la menace d'une révision du statut économique spécial qu'ils accordent à Hong Kong, ce qui a inquiété les investisseurs.

Le 27 novembre 2019, Donald Trump avait promulgué un texte adopté par le Congrès '("Acte de 2019 sur les droits humains et la démocratie à Hongkong") qui menace de suspendre ce statut économique spécial. Ce statut permet à ce territoire d'être exonéré des restrictions et droits de douane qui s'appliquent à la Chine continentale.

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