Asie : la prudence l'emporte encore

Asie : la prudence l'emporte encore©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 08 juillet 2020 à 07h27

Les places financières de la zone Asie-Pacifique évoluent encore prudemment ce mercredi matin. La Bourse de Tokyo recule de 0,5%, Seoul perd 0,2% avec Bombay. Sydney abandonne 1,1%, mais Taiwan remonte de 0,6%, Shanghai prend 0,7% et Hong Kong 1,6%. Hier soir, la baisse l'a emporté à Wall Street qui a consolidé sa forte progression de lundi après avoir atteint de nouveaux sommets au Nasdaq. Le S&P500 a terminé en repli de -1,08% à 3.145 pts, alors que le Nasdaq a redonné 0,86% à 10.343 pts. L'indice historique DJIA a glissé de 1,51% à 25.890 pts. Les marchés se montrent plus prudents, alors que le nombre de décès liés au coronavirus a dépassé la barre des 130.000 aux Etats-Unis qui reste le pays le plus frappé par le virus avec 2,94 millions de cas recensés depuis le début de l'épidémie selon l'Université Johns Hopkins, pour 130.312 morts.

Le nombre total de cas confirmés de Covid-19 dans le monde depuis le début de la pandémie se monte désormais à 11,653 millions, pour 538.933 morts. Le Brésil a recensé 1,623 million de cas depuis l'émergence du virus, son président Bolsonaro ayant lui-même déclaré hier être atteint par la maladie, l'Inde 719.664 et la Russie 693.215. Des mesures de confinement vont être rétablies à Melbourne, deuxième plus grande ville d'Australie, et ce pour 6 semaines !
Le nombre croissant d'infections inquiète jusque dans les rangs de la Réserve Fédérale : Raphael Bostic, le patron de la Fed d'Atlanta, a ainsi estimé que "la reprise de l'économie US pourrait caler", plusieurs Etats dont la Floride, le Texas ou la Californie ayant affiché des records de cas durant le week-end... Face à la recrudescence des cas de coronavirus aux Etats-Unis qui menace la reprise économique américaine, le vice-président de la Réserve fédérale Richard Clarida a assuré de son côté la banque centrale américaine n'allait pas rester inactive, même si un retour en récession n'était pas le scénario de base. "Nous avons mis en place beaucoup de mesures d'adaptation ; il y a plus que nous pouvons faire, il y a plus que nous allons faire", a-t-il expliqué à CNN International.
Si les signes d'un rebond économique en mai et juin sont "extrêmement bienvenus", la Fed suit de près l'évolution de l'épidémie de coronavirus car elle déterminera la trajectoire de l'économie, a ajouté Richard Clarida. Il n'y a "aucune limite" sur le nombre d'obligations que la banque centrale américaine peut acheter, a-t-il poursuivi, ajoutant que la Fed pourrait maintenir ses mesures de soutien aux prêts "aussi longtemps que nécessaire".

Signes de rebond à confirmer aux Etats-Unis

Du côté des indicateurs économiques, d'après le Département américain au Travail, les ouvertures de postes aux USA pour le mois de mai 2020 se sont établies au nombre de 5,397 millions d'unités, contre un consensus de marché de 4,9 millions et un niveau révisé à 4,996 millions pour le mois antérieur. La précédente lecture du mois d'avril était de 5,046 millions.

L'indice Markit PMI final des services américains pour le mois de juin 2020 était quant à lui ressorti à 47,9, contre 47 de consensus de place et 46,7 pour sa lecture initiale. L'indice PMI composite final s'est également élevé à 47,9, contre 46,8 de consensus.
L'indice ISM des services (non-manufacturier) du mois de juin 2020 s'est pour sa part inscrit à haut niveau, à 57,1, ce qui signale une franche expansion. Le consensus était quant à lui à l'équilibre à 50, après une lecture de 45,4 pour le mois de mai 2020.

Le rapport mensuel sur l'emploi US avait déjà apporté de bonnes surprises à la veille du week-end, avec 4,8 millions de créations de postes non-agricoles aux Etats-Unis en juin, bien plus que le consensus de 3 millions. L'économie américaine avait déjà recréé 2,699 millions de postes en avril, un chiffre révisé à la hausse... Cela a permis au taux de chômage de régresser à 11,1% en juin (contre 12,4% de consensus), après 13,3% en mai et un pic de 14,7% en avril. En revanche, le salaire horaire moyen a baissé de 1,3% en juin, en comparaison avec mois précédent.

La Commission européenne s'inquiète

L'économie de zone euro pourrait en revanche s'enfoncer dans la récession cette année et rebondir moins fortement que prévu en 2021, selon les prévisions de la Commission européenne. Cette dernière a prévenu que la France, l'Italie et l'Espagne seraient les pays les plus en difficulté... L'exécutif européen s'attend cette année à une contraction record de 8,7% du produit intérieur brut des 19 pays partageant l'euro, avant un rebond de 6,1% en 2021. En mai, ses prévisions étaient respectivement situées à -7,7% et +6,3%...
La Commission dit avoir corrigé ses perspectives de croissance en raison d'une levée moins rapide que prévu des mesures de confinement mises en place pour enrayer l'épidémie due au nouveau coronavirus. "L'impact économique du confinement est plus fort que ce que nous avions initialement prévu... Nous sommes loin d'être tirés d'affaire et devons faire face à nombreux risques, y compris une nouvelle vague majeure d'infections", a souligné Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission.

L'institution européenne a revu en nette baisse ses prévisions pour la France, l'Italie et l'Espagne, les trois pays de la zone euro les plus durement touchés par la pandémie, où la contraction du PIB devrait dépasser 10% cette année.
En Allemagne, pays relativement épargnée par la pandémie, la baisse attendue cette année est passée de -6,5% à -6,3%. La reprise attendue en 2021 dans la première économie d'Europe sera en revanche moins vigoureuse que dans l'estimation précédente. Les nouvelles prévisions de la Commission ont été établies dans l'hypothèse d'une absence de résurgence de l'épidémie...
"Au niveau mondial, le taux toujours croissant de contaminations, en particulier aux Etats-Unis et dans les pays émergents, a détérioré les perspectives de croissance mondiale et devrait avoir un impact sur l'économie européenne", poursuit la Commission dans son rapport. Elle estime par ailleurs qu'une absence d'accord dans les négociations post-Brexit entre la Grande-Bretagne et l'UE constitue toujours l'un des principaux risques pour l'économie européenne.
Sur les devises, l'euro revient sous les 1,13 à 1,1285/$ entre banques ce matin. Le pétrole campe sur les 40$ le WTI et les 43$ le brent. L'or se négocie toujours au-dessus des 1.800$ à 1.801$ l'once.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.