Asie : le rouge l'emporte

Asie : le rouge l'emporte
Après une période d'hésitation, les bourses asiatiques repartent à la hausse, à l'exception de l'indice Nikkei.

Boursier.com, publié le jeudi 07 mai 2020 à 07h23

Les marchés de la zone Asie/Pacifique reculent ce jeudi matin, dans le sillage de la Bourse de New York qui a clôturé hier soir dans le rouge sur le Dow Jones et le S&P500. Entre les espoirs de sortie de la crise sanitaire et des statistiques toujours plus inquiétantes, notamment sur le front de l'emploi aux Etats-Unis, les secteurs les plus vulnérables comme le transport, le tourisme, l'aéronautique ou encore la banque ont reculé... En revanche, les valeurs de technologie qui profitent de l'explosion des échanges à distance ont continué de soutenir le Nasdaq, à l'image d'Amazon, d'Apple ou encore de Facebook.
Ce matin le repli est modéré à Tokyo (-0,05%), un peu plus prononcé à Shanghai (-0,3%), Sydney (-0,5%), Hong Kong (-0,6%) ou Bombay (-0,9%). Singapour est fermé, Seoul est stable et Taiwan remonte malgré tout de 0,8%.

A la clôture hier soir, l'indice Dow Jones a cédé 0,91% à 23.664 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,70% à 2.848 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a donc en revanche progressé de 0,51% à 8.854 pts. Les indices S&P 500 sectoriels des technologiques (+0,7%) et des biens de consommation discrétionnaires (+0,3%) ont progressé, mais ils ont nettement réduit leurs gains en clôture, tandis que les financières (-2,3%), l'énergie (-2,6%) et les "utilities" (-3,5%) ont accentué leur recul en fin de séance...

A Wall Street, les investisseurs ont accusé le coup à l'annonce des chiffres catastrophiques de l'emploi dans le secteur privé aux Etats-Unis en avril, publiés par le cabinet ADP. Ces données (auxquels les marchés s'étaient en grande partie préparés) montrent que 20,236 millions d'emplois privés ont été détruits le mois dernier aux Etats-Unis, en raison du coup d'arrêt à l'économie provoqué par les mesures de lutte contre le coronavirus. Le consensus, qui avait anticipé assez correctement, s'attendait à 20 millions d'emplois perdus. Le rapport complet sur l'emploi en avril sera publié vendredi par le gouvernement. Il devrait se traduire, selon le consensus, par 21 millions de destructions de postes et une remontée du taux de chômage américain de 4,4% à... plus de 16% !

L'Europe s'enfonce dans la récession

En Europe, la Commission européenne a mis à jour mercredi ses prévisions économiques à l'aune de la crise du coronavirus. Elle s'attend à un plongeon du PIB de la zone euro de 7,7% cette année, et de 7,4% dans l'ensemble de l'Union eruopéenne. Les pays du Sud de l'Europe souffriront davantage que ceux du Nord. La croissance devrait toutefois repartir fortement à la hausse en 2021, avec un rebond de 6,1% dans l'Union européenne, mais la Commission prévoit qu'il faudra au moins deux ans pour que le PIB de l'UE retrouve son niveau antérieur à la crise du coronavirus.

En attendant, dans la zone euro, les ventes de détail ont plongé de 11,2% en mars par rapport à février, en réaction aux mesures de confinement. Et l'indice d'activité globale PMI composite s'est effondré à 13,6 en avril, un nouveau plus bas historique.

De nouvelles mesures de soutien nécessaires ?

La Fed a indiqué que la banque centrale américaine serait sans doute amenée à prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre la récession liée au coronavirus, jugeant aussi probable la nécessité pour le gouvernement d'adopter de nouvelles mesures budgétaires de soutien à l'économie.
Face à cette débandade économique, Donald Trump n'a de cesse d'appeler à une réouverture rapide des entreprises et de l'activité en général dans le pays, alors même que l'épidémie continue de progresser à un rythme rapide, faisant plus de 2.300 morts sur les dernières 24 heures, ce qui porte le bilan du Covid-19 à plus de 71.000 décès.

Le président américain a créé une nouvelle polémique en affirmant qu'il comptait réduire le rôle du groupe de travail ("task force") dédié au Covid-19 afin de réorienter les efforts de son administration sur la réouverture de l'économie américaine. Lors d'une visite dans une fabrique de masques médicaux dans l'Arizona, Donald Trump a affirmé : "nous ne pouvons pas garder notre pays confiné durant les 5 prochaines années (...) Est-ce que certaines personnes vont être touchées? Oui. Est-ce que certaines personnes le seront gravement? Oui. Mais nous devons ouvrir" l'économie, a-t-il martelé.

Plus de 30 Etats américains sont sur le point de lever tout ou partie de leurs mesures de restriction liées au coronavirus, mais la situation sanitaire reste préoccupante dans le pays. Si les nouveaux cas continuent de se réduire dans les Etats les plus touchés comme New York, ils sont à l'inverse en nette hausse dans des Etats et des villes jusqu'ici moins affectés.

Le pétrole consolide sous les 30$ le Brent

Sur les marchés pétroliers, le rebond de plus de 50% observé depuis une semaine a pris fin, sur fond de nouvelle hausse des stocks de pétrole aux Etats-Unis. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a reperdu 2% à 24$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet est repassé sous les 30%, à 29,95$.
Les stocks de brut pour la semaine close au 1er mai ont augmenté de 4,6 millions de barils à 532,2 mb, contre un consensus de +7,6 mb. Les investisseurs sont partagés entre les espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale, et la crainte que les excédents d'offre seront là pour durer, malgré les baisses de production annoncées par l'Opep+ ainsi que de nombreux groupes pétroliers américains (Chevron, ConoCoPhillips...), canadiens et européens (dont Total et les producteurs norvégiens).
Les cours du brut sont désormais revenus au plus haut depuis la mi-avril, mais ils perdent encore 50% à 60% depuis le début de l'année, où ils dépassaient les 60$.

De son côté, l'or continue de consolider, sous la barre des 1.700$ l'once, à 1.690$ ce jeudi matin.
Sur le marché des changes, l'euro campe sous les 1,08/$, à 1,0795$, toujours plombé par la décision de la cour constitutionnelle allemande qui a remis en cause mardi le programme de rachat d'actifs de la BCE.
Le rendement du bon du Trésor (T-Bond) à 10 ans a grimpé de 4 points de base à 0,70%. En Europe, le rendement du Bund allemand de même échéance a bondi de 7 pdb à -0,51% et le rendement de l'emprunt italien à 10 ans a bondi de 11 pdb à 1,97%, après les tensions concernant le programme de "QE"' de la BCE. Il est important de rappeler l'indépendance de la Banque centrale européenne qui est la seule à même de juger ce qui est nécessaire en termes de conduite de la politique monétaire dans la zone euro, a rappelé le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire...

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