Asie : le vert l'emporte !

Asie : le vert l'emporte !©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 08 octobre 2020 à 07h44

La tendance est ferme en Asie ce jeudi matin, dans le sillage de la Bourse de New York qui a rebondi hier soir, au lendemain d'une séance difficile, marquée par l'annonce par Donald Trump du gel des négociations avec le Congrès sur un nouveau plan de soutien à l'économie américaine... Depuis le début de la semaine, Wall Street est soumis à une forte volatilité, au gré de l'état de santé du président Trump et des péripéties politiques entourant l'adoption de ce plan de relance qui pourrait finalement se transformer en "plan ciblé". Donald Trump a ainsi rassuré les marchés en affirmant son soutien, non pas à un plan global d'au moins 2.200 milliards de dollars, mais à des aides ciblées, notamment pour les PME et les compagnies aériennes, ainsi qu'à de nouveaux chèques d'aide directe aux Américains... Ce matin, le rebond se monte à 0,9% à Tokyo, 1% à Taiwan, 1,2% à Bombay, tandis que Seoul remonte de 0,5%. La bourse de Shanghai reste fermée.

A la clôture hier soir, l'indice Dow Jones a regagné 1,91% à 28.303 points (après -1,34% mardi et +1,68% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a repris 1,74% à 3.419 pts (-1,40% mardi et +1,8% lundi) et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rebondi de 1,88% à 11.364 pts (après -1,57% mardi et +2,3% lundi).
Les marchés ont aussi été soutenus par la publication du compte-rendu ("Minutes") de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed, qui a montré que la banque centrale américaine maintiendra une politique monétaire très accommodante à long terme, même si ses membres sont divisés sur la durée prévisible du maintien des taux directeurs proches de 0...

Donald Trump tente d'imposer un plan "ciblé"

Mardi, le président américain avait jeté un gros froid en bourse en annonçant que la question d'un plan de relance était reportée après les élections : "J'ai demandé à mes représentants de cesser de négocier jusqu'à après l'élection, et dès que j'aurai gagné, je ferai passer un vaste plan de soutien qui sera centré sur les Américains qui travaillent dur et les petites entreprises", s'était exclamé Donald Trump, en critiquant le projet défendu par les Démocrates et portant sur plus de 2.200 Mds$.
Mais, dans une nouvelle série de tweets frénétiques, Trump a cependant fait marche arrière, et a appelé le Congrès à adopter cette fois le plan proposé par la Maison Blanche, d'un montant de 1.200 Mds$. Ce plan comprend notamment une aide ciblée de 25 Mds$ pour le secteur aérien, et de 135 Mds$ pour les petites entreprises (prise en charge du chômage technique), ainsi qu'une nouvelle série de chèques à tous les Américains d'un montant pouvant atteindre 1.200$ par personne répondant ainsi à Joe Biden qui accusait Trump de "laisser tomber les Américains" (...) "Je suis prêt à signer de suite ! Entendez-vous Nancy ?", a-t-il lancé à l'attention de Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants. Une façon pour le président républicain de mettre les élus Démocrates au pied du mur, ces derniers ayant jusqu'ici refusé ce plan de la Maison Blanche, jugé trop partiel...

Les marchés continuent de tabler sur un soutien budgétaire

Mme Pelosi a tenu mercredi de nouvelles discussion avec le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, et s'est montrée favorable au plan de soutien de 25 Mds$ aux compagnies aériennes, dont l'activité est particulièrement sinistrée par la crise sanitaire. Les autres sujets sont restés en suspens, Mme Pelosi estimant devant la presse que "tout ce que veut Donald Trump, c'est son nom sur les chèques d'aide que recevront les Américains".
Interrogé sur le gel des négociations annoncé mardi soir par Donald Trump, le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows, a estimé sur 'Fox News' qu'il n'y avait "pas de soutien au Sénat" (dominé par les Républicains) pour un plan global tel que présenté par les Démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants.

Alors que l'épidémie de coronavirus se poursuit et même s'accélère de nouveau comme à New York où plusieurs quartiers ont été reconfinés, les marchés et le président de la Fed, Jerome Powell, craignent plus que jamais un essoufflement de la reprise en l'absence de nouveau soutien budgétaire. Les opérateurs s'attendent toutefois à que ce nouveau plan de relance finisse par être voté, tôt ou tard...

Forte volatilité sur le pétrole, l'or corrige

Mardi, Jerome Powell avait déjà appelé le Congrès à agir, estimant qu'il serait moins risqué d'en faire trop que trop peu pour faire face à la crise du coronavirus. Le patron de la Fed a averti que la reprise économique observée depuis mai était loin d'être achevée, et que la tendance pourrait s'inverser si l'économie manquait de soutien budgétaire.

Le pétrole consolide ses positions après son rebond et la publication d'une hausse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le contrat de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a cédé 1,8% à 40$ sur le Nymex, alors que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre a reperdu 1,6% à 42$. Les deux variétés de pétrole avaient rebondi lundi et mardi de près de 8%, soutenus par l'arrivée de l'ouragan Delta (de Force 4) dans le Golfe du Mexique, par une grève sur des gisements pétroliers norvégiens et par l'espoir de nouvelles mesures de soutien à l'économie américaine.

Mercredi, le Département à l'Energie a fait savoir que les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close le 2 octobre ont augmenté de 0,5 million de barils à 492,9 mb, contre un consensus de -1,2 million de barils. Il s'agit de la première hausse de ces stocks en 5 semaines.
L'or revient à 1.885$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune gagne encore plus de 20% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques et de la crise sanitaire.
Sur le marché des changes, l'euro a repris un peu de hauteur à 1,1775$.

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