Asie : léger mieux après la chute d'hier...

Asie : léger mieux après la chute d'hier...©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 05 mai 2020 à 07h26

Après un début de semaine dans le rouge vif hier, les places financières de la zone Asie/Pacifique tentent de se reprendre ce mardi, alors que plusieurs marchés restent fermés dans la région pour cause de jours fériés, à l'image de la Bourse de Tokyo, de Shanghai ou de Seoul... Bombay remonte de 1%, Hong Kong reprend 0,8%, tout comme Singapour, tandis que Taiwan regagne 0,6%. A l'issue d'une séance incertaine hier soir, la Bourse de New York a terminé en hausse, soutenue par les valeurs pétrolières et les technologiques...

Les investisseurs restent partagés entre l'espoir d'un redémarrage de l'économie à la faveur du déconfinement, et les craintes que le récent regain de tension entre Washington et Pékin ne freine la reprise...
La crise sanitaire demeure omniprésente dans les esprits, et se lit dans les résultats trimestriels des entreprises. A la clôture, l'indice Dow Jones a regagné 0,11% à 23.749 points, tandis que l'indice large S&P 500 s'est avancé de 0,42% à 2.842 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 1,23% à 8.710 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient reculé respectivement de 0,2%, 0,2% et 0,34%, après avoir plongé de plus de 2,5% vendredi dans la crainte de représailles commerciales américaines contre la Chine...

Nouveau bras de fer

Pendant le week-end, le ton était monté d'un cran entre Pékin et Washington, qui accuse Pékin d'avoir caché la gravité de l'épidémie de Covid-19, qui a débuté dans la ville chinoise de Wuhan. Donald Trump a même indiqué qu'il étudiait d'éventuelles représailles commerciales contre la Chine, estimant que le nouveau coronavirus pourrait émaner du laboratoire de virologie chinois de Wuhan. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a précisé sur la chaîne 'ABC' disposer "d'une grande quantité de preuves" et de "preuves immenses" que le virus proviendrait bien de ce laboratoire.
Les autorités chinoises réfutent en bloc ces accusations. Un journal proche du Parti communiste chinois (PCC), cité par 'Reuters', a qualifié lundi de "bluff" les déclarations du secrétaire d'Etat américain, appelant Washington à fournir des preuves...

L'urgence du déconfinement

Cette polémique inquiète les marchés, d'autant que les statistiques économiques montrent que l'impact du coronavirus sur les économies occidentales a été très lourd... L'économie s'est ainsi contractée plus que prévu au premier trimestre 2020 aux Etats-Unis (-4,8% pour le PIB en rythme annuel), comme dans la zone euro (-3,8% par rapport au 4e trimestre, et -14,4% sur un an). Et le 2e trimestre s'annonce encore plus calamiteux, d'où l'urgence de réussir les déconfinements en cours dans plusieurs pays, et de faire redémarrer les économies le plus vite possible, tout en évitant une recrudescence du virus.
Lundi, la publication des commandes industrielles aux Etats-Unis a souligné l'ampleur de la tâche : les commandes ont ainsi plongé de 10,3% en mars par rapport à février alors que le consensus était de -9,5% sur la période. En février, ces mêmes commandes s'étaient déjà tassées de 0,1%.

Le pétrole poursuit son rebond

Le marché pétrolier reste nerveux mais remonte encore sur fond d'annonces de baisses de production, de la part notamment de Chevron, ConocoPhillips, des producteurs norvégiens, canadiens, ainsi que de nombreux producteurs indépendants américains... Ces "coupes volontaires", cumulées avec les engagements de l'Opep+ de réduire sa production de 9,7 millions de barils par jour, laisse espérer que les excédents pourront être épongés sur les prochains mois.
Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pointe à 21,75$. Le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet remonte à 28,25$.
La semaine dernière, les cours du brut avaient déjà vivement rebondi de plus de 50% après leur plongeon du 20 avril en terrain négatif pour le WTI, qui recule tout de même encore de 65% depuis le début de l'année !...

De son côté, l'or se stabilise sur les 1.700$ l'once. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse d'environ 13% depuis le début de l'année, faisant office de valeur refuge.
Sur le marché des changes, l'euro campe au-dessus des 1,09$. Les marchés obligataires américains ont reculé légèrement, faisant remonter les taux. Le rendement du T-Bond à 10 ans a repris lundi 2 points de base à 0,63%. En Europe, le rendement du Bund allemand de même échéance pointe en hausse de 2 pdb à -0,57%...

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