Asie : les indices boursiers s'inscrivent en nette progression

Asie : les indices boursiers s'inscrivent en nette progression©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 02 juillet 2020 à 07h40

Les places de la zone Asie-Pacifique grimpent de concert ce jeudi, emmenées par Hong Kong qui s'adjuge 2%, suivi de Shanghai en hausse de 1,6% avec Sydney (+1,6%), Seoul (+1%), Bombay (+0,8%) et Taiwan (+0,75%). La Bourse de Tokyo progresse plus modestement de 0,10%... La bourse de Hong Kong a profité de la nouvelle loi sur la sécurité publique votée par Pékin, alors que les investisseurs voient ici la promesse d'un resserrement des liens financiers entre le territoire et la Chine continentale : L'augmentation du nombre d'entreprises chinoises cotées et l'afflux de capitaux venus du continent constituent des attentes fortes qui soutiennent la tendance.
Les entreprises chinoises représentent déjà l'équivalent de 73% de la capitalisation globale de la Bourse de Hong Kong et les introductions en Bourse de société ayant des liens avec la Chine ont pesé pas moins de 82% des fonds levés sur le marché de Hong Kong en 2019. Quant à la décision des Etats-Unis de révoquer le régime spécifique accordé à Hong Kong, elle devrait avoir un impact limité, jugent la plupart des analystes... Les restrictions américaines vont même inciter désormais des entreprises chinoises à se faire coter à Hong Kong ! Seul bémol, l'attitude des investisseurs pourrait évoluer si les interrogations sur l'évolution du système judiciaire et politique poussait les expatriés et les entreprises à quitter le territoire massivement...

En attendant, hier soir, la Bourse de New York a commencé le second semestre sur une note plutôt ferme, surtout du côté des valeurs de technologie, le Nasdaq ayant franchi un nouveau record historique après des informations encourageantes sur un essai de vaccin anti-Covid-19 testé par le laboratoire Pfizer (+3,2%). Les marchés ont aussi salué l'annonce d'un vif redressement de l'activité manufacturière en juin aux Etats-Unis. A la clôture, le Dow Jones a reculé de 0,30% à 25.734 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,50% à 3.115 pts et que le Nasdaq Composite, a grimpé de 0,95% à 10.154 pts, effaçant son précédent record du 23 juin dernier à 10.131 pts.
Sur le deuxième trimestre 2020, achevé mardi, le Dow Jones a rebondi de 17,7%, le S&P 500 a repris 20% et le Nasdaq a flambé de 30,5%. L'indice riche en valeurs technologiques et biotechnologiques progresse désormais de 13% depuis le début de l'année, creusant son écart avec les deux autres indices (-9,8% pour le DJIA et -3,5% pour le S&P 500).
En mars, les indices américains s'étaient effondrés de l'ordre de 35% sous l'effet de la crise du coronavirus, avant de rebondir vivement au 2e trimestre après l'annonce de plans de soutien massifs de la Réserve fédérale et de l'Etat américain.

Donald Trump favorable au versement d'une nouvelle aide directe aux Américains

Mercredi, dans un entretien avec 'Fox Business Network', le président américain Donald Trump s'est prononcé pour un nouveau versement de chèques en faveur des Américains pour les aider à faire face à la crise du Covid-19.

Trump a expliqué : "je soutiens un tel projet, du moment que c'est organisé correctement...". "Je soutiens même des montants supérieurs à ceux proposés par les démocrates, mais je veux que ce soit fait correctement. La dernière fois (dans le cadre du plan de 2.200 Mds$ adopté fin mars : ndlr) la procédure décourageait les gens de travailler", a-t-il estimé, suggérant que les prochains versements seraient effectués de façon plus sélective que les premiers, qui avaient été envoyés à tous les Américains gagnant moins de 99.000$ brut par an.

L'économie US a poursuivi son rebond en juin, malgré la pandémie

Sur le front macro-économique, les indicateurs du jour sont allés dans le sens de la reprise, même si le marché de l'emploi s'est montré un peu moins dynamique que prévu en juin dans le secteur privé selon l'étude ADP publiée ce mercredi. Le rapport a ainsi fait état de 2,37 millions de créations d'emplois en juin dans le secteur privé, moins que les 3 millions attendus par le consensus. Mais la véritable surprise est venue des chiffres du mois de mai, qui ont été révisés de façon spectaculaire à la hausse. Ainsi, ce ne sont pas 2,76 millions d'emplois perdus le mois dernier, mais bien 3,065 millions de postes qui ont été créés !
Ce jeudi, les marchés vont prendre connaissance du rapport mensuel complet et officiel sur l'emploi en juin, qui sera exceptionnellement publié avec 24h d'avance, vendredi étant férié en raison du week-end de la Fête de l"indépendance...

En même temps que l'emploi, l'activité manufacturière a continué de se redresser rapidement en juin outre-Atlantique, et revient désormais proche de l'expansion : l'indice PMI d'activité manufacturière a ainsi bondi de 10 points en juin, à 49,8, tout près du seuil des 50 qui sépare la contraction de l'expansion. Il est ressorti au-dessus de son estimation flash (49,6) et signale une nette amélioration dans l'industrie manufacturière, bien que toujours en légère contraction. L'autre indicateur manufacturier, l'indice ISM, est de son côté ressorti à 52,6 en juin, en hausse de 9,5 points par rapport à mai (43,1), et au plus haut depuis avril 2019. Le consensus tablait sur un niveau de 49,8.

Cette amélioration de la conjoncture fait relativiser la dégradation de la situation sanitaire aux yeux des investisseurs. Le nombre de nouveaux cas augmente dans plus de 30 sur 50 Etats américains depuis deux semaines, notamment en Californie, au Texas et en Arizona.
Le professeur Anthony Fauci a dit s'attendre à ce que le nombre de nouveaux cas flambe à 100.000 par jour (contre environ 40.000 actuellement) si les mesures de distanciation sociales ne sont pas scrupuleusement respectées par la population.
Au moins 16 des 50 Etats américains ont été amenés depuis la fin de la semaine dernière à ralentir, voire à interrompre le processus de réouverture de leurs économies, en raison d'une flambée de nouveaux cas de Covid-19, sur fond de polémique croissante sur le non-respect des mesures de distanciation sociale, notamment le port du masque dans les lieux publics.Le coronavirus a désormais fait plus de 127.600 décès aux Etats-Unis pour plus de 2,65 millions de cas.

Donald Trump favorable au port du masque... sans obligation

Mercredi, dans son entretien avec 'Fox Business Network', Donald Trump a assuré qu'il était favorable au port du masque, mais il a répété qu'il ne pensait pas qu'il fallait le rendre obligatoire. "Je ne sais pas si je suis pour l'obligation. Mais je suis tout à fait pour les masques, je pense que les masques sont bons" pour empêcher la transmission du virus, a-t-il déclaré.
Aux Etats-Unis, le port du masque, qui n'a pas été recommandé jusqu'ici par l'administration Trump, est devenu un sujet plus politique que sanitaire. Les partisans du président américain refusent ainsi souvent de porter un masque par principe, au nom de la liberté individuelle, malgré les injonctions des professionnels de santé.

Face à la flambée de la pandémie, de nombreuses personnalités et élus républicains se sont pourtant publiquement prononcés en faveur du port du masque ces derniers jours, et mardi, la banque d'affaires Goldman Sachs s'est lancée dans le débat, en publiant un rapport intitulé "Masques et PIB". Les stratégistes de GS estiment que le port obligatoire du masque pourrait sauver la reprise américaine en cours, en empêchant le recours à de nouvelles mesure de confinement. "Notre analyse suggère que l'économie pourrait profiter grandement d'une telle décision surtout quand on la compare à l'alternative: un retour à un confinement de grande ampleur", estiment ainsi les auteurs du rapport.

Donald Trump" de plus en plus en colère" contre la Chine

Pour l'instant, l'administration Trump reste discrète sur ce sujet qui divise le pays, préférant mettre l'accent sur le rebond de la croissance observé depuis le déconfinement en mai. En outre, Donald Trump a une nouvelle fois blâmé la Chine, se disant mardi soir "de plus en plus en colère" contre Pékin en voyant le lourd bilan de la pandémie de COVID-19 dans le monde et aux Etats-Unis en particulier.
"Quand je regarde la pandémie répandre son horrible visage à travers le monde, y compris les dégâts qui ont été faits aux États-Unis, je deviens de plus en plus en colère contre la Chine", a-t-il ainsi tweeté.

A l'approche de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, les relations sino-américaines restent tendues, faisant craindre une nouvelle guerre commerciale. Les tensions sont remontées mardi au sujet de la situation de Hong Kong, où la Chine a imposé sa loi de sécurité nationale qui restreint les libertés d'expression dans l'ancienne colonie britannique. Pour protester contre la reprise en main du territoire par Pékin, Washington a annoncé lundi mettre fin à ses exportations de matériel de défense sensible vers Hong Kong. Ce à quoi Pékin a répliqué mardi qu'il y aurait "des représailles" à cette décision...

A noter sur le pétrole la fermeté des cours du brut à 42$ le brent et 39,80$ le WTI. Sur les devises, l'euro remonte à 1,1265/$, tandis que l'or pointe en baisse à 1.770$ l'once.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.