Asie : Les marchés hésitent à suivre l'enthousiasme de Wall Street

Asie : Les marchés hésitent à suivre l'enthousiasme de Wall Street©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 09 juin 2020 à 07h31

La tendance est partagée dans la zone Asie-Pacifique ce mardi matin, malgré les nouveaux sommets atteints par la Bourse de New York sur le Nasdaq hier soir qui a rattrapé en un temps record la totalité de son retard accumulé pendant la crise sanitaire. La Bourse de Tokyo recule de 0,5%, Seoul perd 0,4%, Taiwan est stable. Shanghai monte de 0,6%, Bombay prend 0,8% et Hong Kong progresse de 1,2%. L'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a annoncé ce mardi qu'elle interrompait ses lignes directes avec la Corée du Sud, premier pas vers la cessation de tous contacts avec Séoul... Cela fait plusieurs jours que la Corée du Nord s'en prend à la Corée du Sud, menaçant de mettre fin au bureau de liaison inter-Corée et à d'autres projets "si le Sud n'arrête pas de laisser les transfuges envoyer des prospectus et d'autres documents au nord"... De hauts responsables nord-coréen, dont la soeur du leader Kim Jong-un, Kim Yo-jong, et Kim Yong-chol, vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée, ont expliqué "que le travail en direction du Sud doit se transformer complètement en travail contre un ennemi", a ajouté KCNA. Selon le rapport, la Corée du Nord cessera ses communications militaires et diplomatiques avec la Corée du Sud. De quoi jeter un froid sur les places de la région...

Hier soir, Wall Street a donc de nouveau progressé, toujours soutenue par les anticipations d'une reprise économique rapide face au coronavirus, et en attendant les annonces de la Fed, prévues mercredi. Le Nasdaq a terminé sur un nouveau sommet historique, et le S&P 500 a désormais effacé ses pertes depuis le début 2020. Les marchés se projettent dans une reprise économique en "V", même si la Banque mondiale a annoncé s'attendre à une récession mondiale de 5,2% en 2020, avant une reprise "partielle" en 2021... A la clôture, le Dow Jones a gagné 1,70% à 27.572 points, tandis que l'indice large S&P 500 a grimpé de 1,20% à 3.232 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 1,13% à 9.924 pts, un nouveau record après celui inscrit le 19 février dernier (9.817 pts), avant la crise du Covid-19. La semaine dernière, les trois indices avaient bondi respectivement de 6,8%, 4,9% et 3,4%.
Depuis le début de l'année, le Dow Jones ne perd plus que 3,4%, tandis que le S&P 500 est revenu au même niveau et que le Nasdaq gagne plus de 10%.

Les nouvelles prévisions économiques de la Fed attendues de pied ferme

Les marchés ont été galvanisés ces derniers jours par la réouverture de l'économie américaine et européenne face à une épidémie de Covid-19 qui semble désormais sous contrôle, tandis que la Banque centrale européenne a renforcé son soutien aux marchés, et que l'économie américaine a contre toute attente créé 2,5 millions d'emplois en mai, alors que les marchés s'attendaient à la perte de près de 8 millions de postes...
Malgré la persistance de facteurs de risque, notamment sur le plan sanitaire, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à tabler sur un rebond en "V" de l'économie mondiale. La Réserve fédérale, qui a mis en place de nombreux programmes de soutien depuis le mois de mars, ne devrait pas accroître ces mesures mercredi, mais les investisseurs seront attentifs à ses nouvelles prévisions économiques, les premières depuis la réunion de décembre... Par ailleurs, les marchés s'attendent à ce que la banque centrale américaine confirme son intention de maintenir ses taux directeurs proches de zéro pour une période prolongée, afin d'accompagner la reprise économique.

Les injections massives de liquidités ont fait gonfler le bilan de la Fed à 7.210 milliards de dollars contre 4.000 Mds$ en mars avant les mesures prises pour contrer la crise du Covid-19.

Bonne surprise sur l'emploi aux Etats-Unis

Vendredi, les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en mai ont donc créé un électrochoc sur les marchés boursiers. Ainsi, alors que le consensus tablait sur la destruction de 7,7 millions d'emplois, l'économie américaine a au contraire créé 2,51 millions d'emplois non agricoles le mois dernier. Le taux de chômage a baissé à 13,3% contre 14,7% en avril, alors que le consensus s'attendait à un taux proche de 20%, à 19,8% !
Le secteur privé a créé 3,09 millions de postes en mai selon le rapport du Département au Travail, alors que les économistes craignaient les destructions de 6,5 millions de postes supplémentaires. L'emploi manufacturier a augmenté de 225.000, contre -530.000 de consensus. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 60,8%, contre 60% de consensus.

Alors que les marchés se projettent vers la reprise, le National Bureau of Economic Research a officiellement annoncé lundi que les Etats-Unis sont entrés en récession en février, mettant fin au plus long cycle de croissance économique de l'histoire du pays, qui aura commencé en juin 2009 (après la crise des crédit "subprime") et aura duré 128 mois, soit 10 ans et demi.

De son côté, la Banque Mondiale a publié lundi ses dernières prévisions économiques. Elle s'attend à un plongeon de 5,2% du PIB mondial en 2020, suivi d'un rebond partiel de 4,2% en 2021. Ce sont les économies avancées qui souffriront le plus, avec une chute du PIB de 7% en moyenne, contre -2,5% pour les pays émergents. La zone euro sera de loin la région du monde la plus touchée, avec une récession attendue à -9,1%, contre "seulement" -6,1% en Etats-Unis, et une très légère progression (+1%) prévue en Chine.

Le pétrole consolide, le brent pointe à 40$

Les cours du pétrole ont fait l'objet de prises de bénéfices, après la décision de l'Opep+, largement attendue, de prolonger d'un mois, jusqu'à la fin juillet, son accord de réduction drastique de la production... Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a cédé 3% à 38,35$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance août pointe à 40,80$ ce matin.

Ce week-end, les membres du cartel Opep et leurs partenaires, dont la Russie ont donc annoncé la prolongation pour un mois, jusqu'à la fin juillet, de leur accord conclu le 12 avril en vue de soutenir les cours de l'or noir. Toutefois, l'Arabie saoudite, qui avait donné l'exemple en effectuant des coupes volontaires supplémentaires, allant au-delà de l'accord Opep+, a indiqué lundi qu'elle allait dès la fin juin relever sa production pour revenir à un respect strict de l'accord. Dans le sillage de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït ont eux aussi décidé d'arrêter en juillet les coupes volontaires supplémentaires qu'ils s'étaient imposées en plus des coupes décidées au sein de l'accord Opep+...

De son côté, l'or est reparti à la hausse, à 1.695$ l'once. Le métal jaune progresse plus de 11% depuis le début de l'année, faisant office de valeur-refuge face à la multiplication des risques. Les encours des ETF adossés à l'or ont atteint un record en mai, selon le dernier rapport mensuel du conseil mondial de l'or (WGC). Sur les devises, l'euro reste ferme autour des 1,13/$ entre banques.

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