Asie : pas de vague pour commencer la semaine

Asie : pas de vague pour commencer la semaine©Boursier.com
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Boursier.com, publié le lundi 27 juillet 2020 à 07h37

Malgré la pression venue des Etats-Unis et des marchés européens, les places financières de la zone Asie Pacifique débutent la semaine calmement, en repli de 0,1% à Shanghai, de 0,3% à Hong Kong, de 0,3% aussi à Tokyo, alors que Sydney remonte de 0,2% avec Seoul (+0,7%) et Taiwan (+2,4%). Pas de casse donc, malgré la petite forme de la cote américaine qui est restée sous pression vendredi soir. Le S&P500 a perdu 0,62% à 3.216 pts, alors que le Nasdaq Composite a abandonné à 0,94% à 10.363 pts. Le DJIA a reculé de 0,68% à 26.470 pts. C'est surtout le groupe Intel qui a déprimé la tendance en chutant de plus de 16% au lendemain de ses annonces de retard de développement de son processeur de nouvelle génération...
Les marchés ont par ailleurs continué de surveiller les tensions croissantes entre les Etats-Unis et la Chine. Le ministère chinois aux Affaires étrangères a demandé aux USA de fermer leur consulat à Chengdu, dans le centre du pays, après que Washington a exigé de la Chine la fermeture de son consulat à Houston... Les tensions qui portaient déjà sur le commerce, l'épidémie du nouveau coronavirus, ou encore le contrôle accru de Pékin sur Hong Kong prennent une tournure inquiétante depuis plusieurs jours sur fond de campagne présidentielle américaine qui semble mal partie pour Donald Trump à 100 jours du scrutin.

Tensions diplomatiques persistantes

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a affirmé que les Etats-Unis et leurs alliés devaient faire preuve de "moyens plus créatifs et affirmés" pour contraindre le Parti communiste chinois à changer sa manière de faire. Il s'agirait selon lui de "la mission de notre temps". Depuis la librairie Nixon à Yorba Linda en Californie, Pompeo a donc taclé la Chine avec vigueur. "Le président Nixon a dit une fois qu'il craignait d'avoir créé un Frankenstein en ouvrant les portes du monde au PCC, et nous y sommes", a même insisté Pompeo qui a réitéré les accusations sur les pratiques commerciales de Pékin, ses violations des droits de l'homme et ses efforts pour "infiltrer" et espionner l'Amérique.
Pompeo s'est aussi ému du fait que l'armée chinoise soit devenue "plus forte et plus menaçante". "Nous devons inciter la Chine à évoluer (...) par des moyens plus créatifs et affirmés, parce que les agissements de Pékin menacent notre peuple et notre prospérité", a lancé Pompeo. "Si le monde libre ne change pas, la Chine communiste nous changera", s'est alarmé le secrétaire d'Etat...

Dans un tel contexte, les résultats - satisfaisants dans l'ensemble - des entreprises cotées sont relégués au second plan... D'un point de vue macro-économique, l'indice flash PMI composite américain du mois de juillet 2020 est ressorti à 50, contre un consensus de place de 50,3 et un niveau de 46,8 en juin 2020. Une lecture de 50 signale une stabilité de l'activité. L'indicateur manufacturier préliminaire du mois de juillet s'est élevé à 51,3, contre 51,4 de consensus et 49,6 pour le mois antérieur. L'indice des services est ressorti à 49,6, contre un consensus de 50,4 et un niveau de 46,7 en juin.
Les ventes de logements neufs pour le mois de juin 2020 aux États-Unis se sont établies au nombre de 776.000, contre un consensus de place de 700.000 environ et un niveau révisé en légère hausse à 682.000 pour le mois antérieur, selon le rapport gouvernemental du jour.

Situation sanitaire toujours dégradée

D'un point de vue sanitaire, le président américain Donald Trump, initialement opposé au port du masque, demande désormais ouvertement aux Américains de se protéger... Le locataire de la Maison blanche ne tiendra d'ailleurs pas de grand rassemblement en août en Floride pour marquer son investiture en tant que candidat républicain. Trump a donc annulé la convention du Parti républicain à cause du coronavirus, alors que la Floride connaît une flambée des cas. "Le timing n'est pas bon", a tranché le dirigeant. Initialement programmé à Charlotte en Caroline du Nord, l'événement avait été déplacé à Jacksonville en Floride.
Trump a en outre déclaré durant un point presse que les Etats les plus touchés pourraient devoir reporter la réouverture des écoles, ce qui signale là encore un changement de position du leader américain. Trump a tout de même estimé que la plupart des établissements devraient rouvrir à l'automne.

Couac technologique

Le "couac" de la fin de semaine dernière est donc surtout venu d'Intel qui a décroché de plus de 16% à Wall Street vendredi. Le groupe californien a annoncé que le développement de son processeur de nouvelle génération de 7 nanomètres avait pris 6 mois de retard... Ces délais plombent donc la valeur en bourse, alors que dans le même temps, Intel fait état pour le deuxième trimestre clos en juin de revenus totalisant 19,73 milliards de dollars et d'un bénéfice par action ajusté de 1,23$. En comparaison, le consensus était de 18,55 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour 1,11$ de bpa. Bob Swan, CEO du groupe, évoque même un excellent trimestre, "bien au-dessus de nos attentes avec la forte demande continue de performances informatiques pour prendre en charge les services fournis dans le cloud, un environnement de travail et d'apprentissage à domicile et la création de réseaux 5G".
Le report de 6 mois annoncé hier déçoit cependant, d'autant plus que le groupe de Santa Clara avait déjà eu des difficultés à développer sa puce de 10 nanomètres. Il fait en revanche le bonheur d'AMD (Advanced Micro Devices) ou de Taiwan Semiconductor Manufacturing Co., dont les deux titres grimpent ce jour sur la cote américaine de plus de 10%.
Intel prévoit des ventes de 18,2 milliards de dollars pour le troisième trimestre fiscal et un bénéfice par action ajusté de 1,1$, alors que les analystes tablaient sur 17,9 milliards de recettes et 1,14$ de bpa ajusté. Le groupe a pour finir ajusté sa guidance annuelle de revenus à 75 milliards de dollars, contre 73,9 milliards de dollars de consensus.

Autre mauvaise nouvelle dans le secteur du divertissement cette fois, Walt Disney (-0,4%) a annoncé le report de la sortie du long-métrage Mulan à une date indéterminée. Face à la crise du coronavirus, et dans un contexte où l'épidémie ne faiblit pas en Amérique, le groupe a donc une nouvelle fois repoussé la sortie de Mulan, prévue initialement en mars aux Etats-Unis puis reportée à plusieurs reprises avec la fermeture des cinémas. Le film était attendu fin août en salles aux USA. Dans le même esprit, Disney joue la prudence et précise que les nouvelles moutures d'Avatar et de Star Wars sortiront avec un an de retard, en décembre 2022 puis décembre 2023, du fait par ailleurs de l'impact de la pandémie sur les tournages. Warner avait pour sa part annoncé précédemment un report du nouveau film de Christopher Nolan, Tenet, qui était programmé durant l'été...

Sur le marché du pétrole, le baril de brent reste ferme et stable sur les 43$. L'once d'or culmine à plus de 1.900$, à 1.905$. Côté devises, l'euro rejoint les 1,17/$ entre banques...

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