Asie : rechute dans le sillage de Wall Street

Asie : rechute dans le sillage de Wall Street©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 04 septembre 2020 à 07h37

La correction de Wall Street hier soir, emportée par de fortes prises de bénéfices sur les valeurs technologiques, se traduit ce vendredi matin par des dégagements appuyés sur les places financières de la zone Asie-Pacifique... La bourse de Sydney recule de 3%, suivie de Hong Kong en repli de 1,6% avec Shanghai (-1,5%) et Seoul (-1,3%). Bombay cède 1,2% et Taiwan 1%. Hier soir, parmi les plus fortes corrections du jour à Wall Street figuraient notamment les deux "stars de l'été", à savoir Apple (-8%) et Tesla (-9%).
Parmi les autres dossiers qui ont corrigé, Microsoft (-6,2%), Amazon (-4,6%) ou encore Facebook (-3,7%) et Salesforce (-4,2%) ont subi des dégagements appuyés... Les cours du pétrole ont aussi reculé sensiblement, sur fond de doutes sur le rythme de la reprise économique... Le nombre de demandeurs d'emplois a en effet progressé moins que prévu aux Etats-Unis la semaine dernière, mais les marchés attendent surtout désormais les données mensuelles d'août, ce vendredi après-midi, pour mieux analyser l'évolution du marché de l'emploi US...

A la clôture, les indices boursiers américains ont affiché leurs plus fortes baisses quotidiennes depuis le mois de juin, voire mars pour le Nasdaq qui enchaînait les records dernièrement... L'indice Dow Jones a perdu 2,78% à 28.292 points, tandis que l'indice large S&P 500 a plongé de 3,51% à 3.455 pts après son record de la veille, et que le Nasdaq Composite a abandonné 4,96% à 11.458 pts, après avoir enchaîné 4 séances de records qui l'ont porté mercredi au-dessus du seuil des 12.000 pts.

Des valorisations difficiles à justifier

Ces indices, qui ont regagné environ 60% par rapport à leurs plus bas de mars, en pleine crise du coronavirus, ont été propulsés ces dernières semaines vers des sommets par les valeurs technologiques et internet, qui ont été moins pénalisées (voire favorisées pour certaines) par la crise sanitaire, que d'autres secteurs sinistrés (transports, tourisme...) Cependant, les niveaux de valorisations actuels sont désormais jugés difficilement soutenables, au moment où le rythme de la reprise économique donne des signes d'essoufflement, et que le coronavirus continue de faire des victimes et de perturber le fonctionnement de l'économie américaine et mondiale.

Les marchés ont aussi été soutenus par l'espoir de la mise au point d'un vaccin anti-Covid-19 avant la fin de l'année, même si le timing évoqué par Trump hier, avec une sortie juste avant l'élection américaine du début novembre, a laissé sceptique les intervenants... Reste la quasi-certitude de nouvelles mesures de soutien à venir de la part de la Réserve fédérale dans les prochains mois à laquelle les opérateurs se raccrochent une nouvelle fois qui tablent par ailleurs sur l'adoption d'un nouveau plan d'aide budgétaire, malgré les tiraillements entre Républicains et Démocrates qui ont mené les discussions dans l'impasse ces dernières semaines au Congrès américain.
Les tensions politiques à l'approche de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre constituent un facteur d'incertitude que les marchés ont en revanche pour l'instant ignoré.

Mercredi, la Réserve fédérale s'est inquiétée, dans son dernier Livre Beige sur la conjoncture, d'un essoufflement de la reprise économique en août. La Fed a notamment relevé que le marché de l'emploi a ralenti, alors que des postes en chômage partiel depuis le printemps ont été définitivement supprimés en août en raison de la faiblesse de la demande. Parmi les secteurs ayant licencié en août figurent des compagnies aériennes, des hôtels, mais aussi des écoles.

Les chiffres de l'emploi US en août très attendus vendredi

Sur le front économique aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage ont ainsi atteint 881.000 pour la semaine close au 29 août, en repli de 130.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 1,011 million. Elles ressortent plus faibles qu'attendu, puisque le consensus était positionné à 950.000. Par ailleurs, l'étude Challenger a fait état d'une baisse des destructions d'emplois en août avec 115.762 licenciements, contre 262.649 en juillet.

Le rapport complet sur l'emploi en août est donc attendu ce vendredi à 14h30 heure française, les économistes tablant en moyenne sur 1,4 million de créations de postes non-agricoles et sur un taux de chômage en légère baisse à 9,8% contre 10,2% en juillet. Mercredi, le rapport d'ADP sur l'emploi dans le seul secteur privé a déçu avec "seulement" 428.000 créations de postes contre 900.000 de consensus.

La reprise économique marque le pas dans la zone euro

A l'étranger, les indicateurs PMI des services sont ressortis assez solides en Chine (54 après 54,1 en juillet) et au Royaume-Uni (58,8), mais ont marqué le pas en Europe. L'indice PMI composite de la zone euro, qui rassemble les services et l'industrie manufacturière, considéré comme un bon baromètre de l'évolution de l'activité globale, est retombé à 51,9 en août après 54,9 en juillet. Le PMI des services de la zone euro a reculé à 50,5 après 54,7 en juillet.
Les ventes au détail dans la zone euro ont aussi marqué le pas en juillet, avec un recul de 1,3% après un bond de 5,3% en juin, et alors que le consensus était positionné à +1%.

Ces statistiques ont maintenu la pression sur l'euro, qui avait brièvement franchi mardi le seuil de 1,20$, au plus haut depuis deux ans, avant d'entamer une correction... L'euro pointe à 1,1845$ ce vendredi matin.
Mercredi, la banque centrale européenne avait signalé aux marchés son inquiétude face à la récente appréciation de l'euro (+10% en 5 mois), qui pénalise la compétitivité des entreprises de la zone euro. L'économiste en chef de la BCE, Philip Lane, a ainsi affirmé que "le taux de change euro-dollar compte" aux yeux de la BCE. Cette petite phrase a suffi à relancer les spéculations de nouvelles mesures d'assouplissement de la BCE, qui tiendra jeudi prochain sa réunion monétaire de rentrée...

Les cours du pétrole ont aussi chuté dans la crainte d'un ralentissement de la reprise économique mondiale dans un contexte sanitaire qui reste préoccupant. Le contrat à terme d'octobre sur le baril de brut léger américain (WTI) a perdu 0,9% à 41$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance novembre a reculé de 1% à 43,75$ le baril. Mercredi, les deux variétés de pétrole avaient déjà perdu plus de 2,5%...

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