Asie : rechute générale

Asie : rechute générale©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 24 septembre 2020 à 07h38

Les places de la zone Asie-Pacifique retombent ce jeudi matin, dans le sillage de la rechute de Wall Street hier soir. Les replis sont de 2,5% à Seoul et Taiwan, tandis que Hong Kong cède 2%, Bombay recule de 1,7% et Shanghai de 1,6%. Sydney perd 0,8%. Hier soir, Wall Street est donc reparti en nette baisse en clôture, dans la crainte que les vives tensions politiques aux Etats-Unis ne freinent l'adoption d'un nouveau plan de relance très attendu par une économie fragilisée par la crise du coronavirus qui s'éternise... Le président de la Fed, Jerome Powell, a une nouvelle fois souligné que le chemin serait long avant une reprise durable.
A la clôture, l'indice Dow Jones a chuté de 1,92% à 26.763 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 2,37% à 3.236 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", a rechuté de 3,02% à 10.632 pts, retombant en zone de correction (-12% sur son record du 2 septembre à 12.056 pts).
La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le rouge, à commencer par l'énergie (-4,5%), les technologiques (-3,2%), l'immobilier (-2,9%) et les matériaux de base (-2,9%).

Alors que la pandémie de coronavirus a désormais fait plus de 200.000 morts aux Etats-Unis et plus de 973.000 dans le monde, les investisseurs commencent à douter de la poursuite du rebond de l'économie observé depuis l'été... Face à la résurgence de cas de coronavirus, de nombreux pays européens, dont le Royaume-Uni et la France, ont annoncé récemment de nouvelles mesures de restrictions vigoureuses dans leurs grandes villes, ce qui menace de freiner la reprise économique.

Le nouveau plan de relance américain se fait attendre

Depuis leur dernière réunion des 15 et 16 septembre, les responsables de la Réserve fédérale mettent en garde sur une reprise sans doute plus progressive qu'espérée. Le président de la Fed, Jerome Powell, qui est auditionné non moins de trois fois cette semaine au Congrès, a répété mercredi que le chemin serait long avant de retrouver un niveau de croissance précédant la crise, ce qui nécessitera de nouvelles mesures de soutien monétaire et budgétaire.
Plusieurs autres membres de la Fed, dont le vice-président de la Fed Richard Clarida, se sont exprimés mercredi et ont tous souligné l'importance de la politique budgétaire pour sortir de la crise actuelle. Le président de la Fed de Boston Eric Rosengren s'est montré particulièrement pessimiste sur la capacité de l'économie à rebondir rapidement si un nouveau "package" de mesures n'est pas adopté par le Congrès...

Depuis des semaines, la Maison Blanche et le Congrès ne parviennent pas s'accorder sur un nouveau plan de relance, sur fond de campagne électorale très dure entre Donald Trump et son adversaire démocrate Joe Biden. Le bras de fer entre démocrates et républicains s'est encore tendu le week-end dernier, à la suite du décès de la juge de la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg '("RBG")...
Or, le temps presse, le précédent plan budgétaire massif de 2.200 milliards de dollars, mis en place en mars, étant désormais arrivé à son terme, et de nombreuses mesures d'aide aux entreprises et aux salariés ont pris fin. Les aides financières accordées aux employés au chômage technique sont notamment en passe de s'achever...

Risque démocratique ?

A noter qu'hier soir, Donald Trump a refusé de s'engager à une passation pacifique du pouvoir s'il venait à s'incliner face à son rival démocrate Joe Biden lors de l'élection présidentielle du 3 novembre, et il a dit s'attendre à ce que la Cour suprême décide de l'issue du scrutin.
A la question de savoir s'il s'engageait à une passation pacifique du pouvoir en cas de défaite, le président américain a répondu aux journalistes : "Nous allons devoir voir ce qu'il va se passer". Donald Trump, devancé par Joe Biden dans les sondages, a régulièrement mis en doute la légitimité de l'élection du 3 novembre, affirmant sans preuve que le vote par voie postale allait donner lieu à une fraude et "truquer" l'issue du scrutin... Or, les démocrates ont encouragé les électeurs à voter par courrier pour des raisons de sécurité sanitaire du fait de l'épidémie de coronavirus.
S'exprimant devant les journalistes dans le Delaware, Joe Biden a qualifié d'"irrationnels" les commentaires de Donald Trump sur la passation de pouvoir. Mitt Romney, l'un des rares critiques de Donald Trump dans les rangs républicains au Sénat, a écrit sur Twitter : "La passation pacifique du pouvoir est fondamentale à la démocratie, sans cela, c'est la Biélorussie. Toute suggestion qu'un président pourrait ne pas respecter cette garantie constitutionnelle est à la fois impensable et inacceptable".

Donald Trump, qui cherche donc à pouvoir rapidement le siège laissé vacant à la Cour suprême par le décès de Ruth Bader Ginsburg vendredi, a déclaré dans la journée qu'il pensait que l'issue de l'élection se déciderait devant la plus haute juridiction du pays : "Je pense qu'il est très important d'avoir neuf juges", a commenté le président républicain qui a prévu d'annoncer samedi son choix pour le siège vacant...

Le dollar rebondit, l'or corrige

Dans un contexte d'aversion au risque, le dollar fait office de valeur refuge, et s'est nettement renforcé ces derniers jours après son repli observé pendant l'été. Mercredi soir, l'indice du dollar a encore pris 0,43% à 94,40 points mardi, ce qui porte son gain à plus de 1,5% en trois séances. L'euro a encore cédé 0,4% à 1,1655$.
Le pétrole hésite avec les inquiétudes sur la croissance mondiale. Le contrat à terme de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) pointe à 39,55$ sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en novembre revient à 41,50$.

L'or cote 1.850$ l'once, victime de dégagements d'investisseurs en mal de cash pour couvrir des positions sur d'autres marchés (appels de marge), ce qui porte sa correction à plus de 5% depuis le début de la semaine et renvoie le métal jaune au plus bas depuis deux mois.

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