Asie : retour de la prudence

Asie : retour de la prudence©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 20 mai 2020 à 07h28

A l'image de la séance contrastée à Wall Street hier soir, la tendance est plus incertaine dans la zone Asie/Pacifique ce matin. La Bourse de Tokyo remonte malgré tout de près de 1%, Bombay prend 0,7%, Sydney s'adjuge 0,4% avec Seoul, Taiwan progresse de 0,2%. Hong Kong et Singapour sont stables, tandis que Shanghai redonne 0,4%... La Bourse américaine a reculé hier soir en clôture, avec le retour des doutes sur le rythme de la reprise face à la crise sanitaire. La forte hausse de lundi, dans l'espoir de la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus, a été suivie de commentaires plus prudents mardi sur ce candidat-vaccin du laboratoire Moderna. Le pétrole a redonné un peude terrain, tandis que Donald Trump a repris ses critiques frontales contre la Chine et l'Organisation mondiale de la santé... A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 1,59% à 24.206 points (après un bond de 3,85% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 1,05% à 2.922 pts (+3,15% lundi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 0,54% à 9.185 pts (après +2,44% lundi).

Du côté des valeurs, Moderna a donc corrigé de plus de 10%, après un bond de +20% lundi. Selon le site spécialisé dans la santé, 'STAT', les résultats encourageants du candidat-vaccin contre le Covid-19 doivent être pris avec beaucoup de précaution et il est encore trop tôt pour crier victoire, en attendant les phases 2 et 3 de l'essai clinique...

La Fed prête à utiliser tous ses outils contre la crise

Les investisseurs ont suivi la dernière intervention du président de la Fed Jerome Powell, qui a été auditionné par la Commission bancaire du Sénat, en même temps que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. Jerome Powell a confirmé des propos déjà tenus ces derniers jours, à savoir que la banque centrale américaine anticipait un début de reprise économique progressive à partir du 2e semestre 2020.
La crise actuelle, même si elle fera s'envoler le chômage et sera la "pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale", devrait être moins grave que la Grande Dépression des années 1930, selon le patron de la Fed. Il a répété que l'institution est prête à utiliser tout l'éventail de ses outils pour soutenir l'économie. La Fed maintiendra ses taux proches de zéro tant que l'économie n'aura pas retrouvé la santé, a assuré Powell, qui n'a pas évoqué la possibilité de taux négatifs. Il a clairement repoussé cette idée à plusieurs reprises, malgré les pressions de Donald Trump...

De son côté, le président américain a fait savoir mardi soir qu'il allait rencontrer les responsables républicains du Sénat dans la soirée au sujet d'un possible nouveau plan de soutien à l'économie. Cette rencontre n'était pas prévue à l'agenda du président américain... Elle intervient alors que la chambre des représentants dominée par les démocrates a approuvé le 15 mai un nouveau plan d'aide de 3.000 milliards de dollars, que le Sénat (à majorité républicaine) ne souhaite pas adopter. La Maison Blanche souhaite de son côté attendre de mesurer les effets des mesures budgétaires déjà prises, qui frôlent déjà les 3.000 Mds$.

Donald Trump menace l'OMS et la Chine

Les marchés ont aussi interprété avec nervosité l'évolution des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, qui se sont concentrées en ce début de semaine sur les questions sanitaires et en particulier le rôle et le financement de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les deux puissances se sont affrontées verbalement à l'occasion de l'Assemblée générale de l'OMS.
Donald Trump, qui soupçonne Pékin d'avoir menti sur les origines du coronavirus, a accusé l'OMS d'être une "marionnette de la Chine" et a menacé de geler indéfiniment le financement américain de l'Organisation si elle ne s'engageait pas à des "améliorations notables" dans un délai de 30 jours.

Le pétrole en ordre dispersé, l'or reste recherché

Les marchés pétroliers redonnent du terrain ce mercredi matin. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain WTI pour livraison juin est revenu à 32,50$ après avoir atteint sommet depuis plus de 6 semaines. Le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet est repassé juste sous les 35$.
L'or est reparti en hausse, le contrat à terme de juin coté sur le Comex regagnant 1% à 1.752$ l'once. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse d'environ 15% depuis le début de l'année.

Sur les devises, L'euro remonte à 1,0945$, après une hausse déjà proche de 1% lundi, suite à l'annonce d'un projet de plan de soutien solidaire européen de 500 milliards d'euros par Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.