Asie : Shanghai et Hong Kong reculent, Donald Trump sanctionne...

Asie : Shanghai et Hong Kong reculent, Donald Trump sanctionne...
Hong Kong

Boursier.com, publié le mercredi 15 juillet 2020 à 07h28

Les places de la zone Asie-Pacifique repartent de l'avant ce mercredi, alors que Wall Street a finalement terminé en hausse mardi après son "coup de mou" du tout début de semaine dans un marché toujours aussi volatil... Ce matin, la Bourse de Shanghai ne suit cependant pas le mouvement avec Hong Kong, en recul de 0,9% et 0,7%, après les annonces de Donald Trump qui refait monter la pression entre la Chine et les Etats-Unis. La Bourse de Tokyo reprend en revanche 1,6% avec Bombay, Seoul progresse de 0,8% et Taiwan s'adjuge 0,2%.
Le président américain a ordonné cette nuit la fin du traitement préférentiel de Hong Kong afin de sanctionner la Chine pour ce qu'il a décrit comme des actes d'"oppression" contre l'ancienne colonie britannique, provoquant la colère de Pékin qui a prévenu qu'il prendrait des mesures de représailles... Citant la nouvelle loi de sécurité nationale imposée par la Chine à Hong Kong le mois dernier, Donald Trump a signé un décret présidentiel destiné à mettre fin au traitement économique spécial qui a contribué à faire de la ville l'un des principaux pôles financiers mondiaux.

"Pas de privilèges spéciaux, pas de traitement économique spécial et pas d'exportation de technologies sensibles", a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse depuis les jardins de la Maison blanche. Donald Trump a aussi approuvé un texte voté au Congrès pour sanctionner les banques traitant avec des responsables chinois impliqués dans la mise en oeuvre de la nouvelle loi sécuritaire à Hong Kong. "Je signe aujourd'hui une loi et un décret présidentiel pour tenir la Chine pour responsable de ses mesures agressives contre le peuple de Hong Kong", a-t-il déclaré. "Hong Kong va désormais être traitée de la même manière que la Chine".
Le décret présidentiel prévoit notamment la révocation des exemptions de licence pour les exportations vers Hong Kong et la fin du traitement spécial pour les détenteurs d'un passeport hongkongais.
A Pékin, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que la Chine prendrait des mesures de rétorsion contre des entités et individus américains en réponse à la loi américaine prévoyant des sanctions contre les banques qui traitent avec des responsables chinois impliqués dans la mise en oeuvre de la loi sécuritaire à Hong Kong. "Les affaires de Hong Kong sont purement des affaires internes de la Chine et aucun pays étranger n'a le droit d'interférer", souligne le ministère chinois des Affaires étrangères.

La Chine "entièrement responsable" de l'épidémie

"Ne vous méprenez pas. Nous tenons la Chine entièrement responsable d'avoir dissimulé le virus et l'avoir propagé à travers le monde. Ils auraient pu le stopper... Cela aurait été très facile à faire à la source, lorsque cela s'est produit", a dit Trump. Interrogé sur l'éventualité d'une discussion avec son homologue chinois Xi Jinping, le président américain a répondu : "Je n'ai pas prévu de lui parler"!
Donald Trump a expliqué haut et fort ne pas être intéressé par des discussions avec la Chine sur la "phase 2" de l'accord commercial entre les deux pays : "Je n'ai pas envie de parler à la Chine d'un autre accord", a-t-il dit en référence à l'accord de "phase un" signé en janvier dernier... "L'encre n'était pas même pas sèche, et ils nous ont frappés avec l'épidémie, a insisté Trump.

L'espoir d'un vaccin entretient l'optimisme des investisseurs

Hier soir à Wall Street, les premiers comptes semestriels des entreprises US n'ont pas apporté de grandes surprises entre les bons résultats de JP Morgan et les déceptions (prévisibles) de Wells Fargo et Delta Air Lines. Le S&P500 a progressé finalement de 1,34% à 3.198 pts, alors que le Dow Jones s'est avancé de 2,13% à 26.643 pts. Le Nasdaq a repris 0,94% à 10.488 pts. Alors que la Californie a ordonné la fermeture des bars et imposé aux restaurants et musées d'arrêter toute activité en intérieur, le bilan de la pandémie de Covid-19 continue de s'aggraver aux Etats-Unis, mais les marchés passent toujours outre en espérant un traitement ou un vaccin... Ainsi, la biotech US Moderna a annoncé hier soir qu'elle entrerait le 27 juillet dans la phase finale de ses essais cliniques pour un éventuel vaccin contre le Covid-19, afin de tester l'efficacité de ce dernier dans des conditions "réelles". La phase 3 de l'essai, qui sera lancée à la fin du mois, fera appel à 30.000 personnes aux Etats-Unis : la moitié d'entre elles recevront une dose de 100 microgrammes, les autres un placebo. Les chercheurs suivront ensuite les patients pendant deux ans pour déterminer si elles sont protégées contre une infection par le SARS-CoV-2. Même si des symptômes sont constatés, le vaccin peut être considéré comme un succès s'il empêche les cas graves de Covid-19. L'étude devrait durer jusqu'au 27 octobre 2022, mais des résultats préliminaires devraient être communiqués bien avant cette date.
Moderna avait rendu publics les "résultats intérimaires" de sa Phase 1 au mois de mai, selon lesquels le vaccin avait provoqué une réponse immunitaire chez 8 patients. Ces résultats avaient été qualifiés d'"encourageants"...

La Fed s'inquiète...

En attendant, l'économie américaine pourrait connaître une reprise plus lente que prévu en raison d'une résurgence de l'épidémie de coronavirus aux Etats-Unis qui pourrait aggraver la situation économique, ont pourtant averti mardi des responsables de la Réserve fédérale ce mardi. "La pandémie reste le principal moteur de l'évolution de l'économie... Un épais brouillard d'incertitude nous entoure encore, et les risques de baisse prédominent", a déclaré Lael Brainard, l'un des gouverneurs de la Fed, dans un discours prononcé lors d'un événement organisé par la National Association for Business Economics. Elle a appelé la Fed à fournir un soutien monétaire durable par le biais d'un pilotage des anticipations et d'achats massifs d'actifs et a indiqué qu'un soutien budgétaire supplémentaire serait "vital" pour la vigueur de la reprise.

De son côté, le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, a averti que le chômage aux États-Unis pourrait augmenter à nouveau alors que les entreprises s'adaptent à une période de récession probablement plus longue que prévu... "Un ensemble d'entreprises, grandes et petites, se rendent compte que ce n'est pas un problème de deux mois et remanient leurs activités", ce qui pourrait mettre en péril le rebond constaté ces deux derniers mois sur le front de l'emploi, a-t-il dit dans une allocution diffusée sur le web au Charlotte Rotary Club.

Une stratégie de santé plus "granulaire", incluant "l'utilisation omniprésente de masques", est nécessaire pour éviter une éventuelle dépression économique, a déclaré pour sa part le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard. Selon son hypothèse de base, l'économie américaine devrait continuer de croître au cours du second semestre de l'année. Mais "le risque de baisse est néanmoins important, et une meilleure exécution d'une politique granulaire, basée sur le risque, sera essentielle pour maintenir l'économie hors de la dépression", a-t-il expliqué...
Enfin, du côté des matières premières, le baril de pétrole remonte à 40,50$ le WTI, alors que le brent s'inscrit à 43$.
L'euro pointe fermement à 1,14/$ entre banques ce matin...

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