Asie : Tokyo et Shanghai résistent aux chocs

Asie : Tokyo et Shanghai résistent aux chocs©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 11 septembre 2020 à 07h28

Alors que le rebond a tourné court à Wall Street, la tendance est plutôt à la baisse en cette fin de semaine sur les places de la zone Asie-Pacifique, excepté à la Bourse de Tokyo qui progresse de 0,6% et à Shanghai qui monte de 0,2%. Ailleurs, Taiwan perd 0,4%, Seoul -0,5%, Sydney -0,7% et Hong Kong -1,2%. Hier soir, le DJIA a reperdu 1,45% à 27.535 pts et le S&P500 a reculé de 1,76% à 3.339 pts. Le Nasdaq a redonné quant à lui 1,99% à 10.919 pts. Le baril de brut WTI a reperdu aussi du terrain sur le Nymex à 37$, tandis que le brent se négocie de retour sous la barre des 40$... Le rebond de la veille a donc tourné court, en particulier sur les grandes valeurs technologiques US dans un marché fébrile qui s'inquiète du rythme de reprise de l'activité "post-covid". Hier, selon le Département américain au Travail, les inscriptions hebdomadaires au chômage aux USA pour la semaine close le 5 septembre sont ressorties au nombre de 884.000, contre un consensus de 828.000 et un niveau de 881.000 une semaine auparavant...
L'indice des prix à la production du mois d'août 2020 aux Etats-Unis, qui vient lui aussi d'être publié, est ressorti en augmentation de 0,3% par rapport à juillet, contre +0,2% de consensus de marché. Hors alimentation et énergie, il grimpe de 0,4% contre 0,2% de consensus.

Détente entre Pékin et New Delhi ?

Point positif ce matin sur le large front des tensions internationales, les ministres des affaires étrangères chinois et indien ont convenu que les troupes des deux pays devaient rapidement se désengager de leur frontière commune. Les ministres se sont rencontrés à Moscou hier jeudi, en marge d'une conférence, afin de tenter de mettre fin à la dispute des deux pays portant sur leur frontière commune. "Les deux ministres des affaires étrangères ont convenu que la situation actuelle à la frontière n'est pas dans l'intérêt de leurs pays. Ils se sont mis d'accord pour que les troupes des deux pays se désengagent de la frontière, maintiennent leurs distances et apaisent les tensions", ont-ils ajouté.

La BCE temporise

Au chapitre économique et monétaire cette fois, la Banque centrale européenne a décidé à l'issue de son conseil de jeudi que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,50%. Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas jusqu'à ce qu'il ait constaté que les perspectives d'inflation convergent durablement vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2% sur son horizon de projection, et que cette convergence se reflète de manière cohérente dans la dynamique d'inflation sous-jacente.

Les achats d'actifs réalisés dans le cadre du PEPP contribuent à assouplir l'orientation générale de la politique monétaire, ce qui permet de compenser la baisse de la trajectoire prévue de l'inflation liée à la pandémie. Les achats continueront à être effectués de manière flexible dans le temps, entre les catégories d'actifs et entre les juridictions. Cela permet au conseil des gouverneurs de parer efficacement aux risques qui pèsent sur la transmission harmonieuse de la politique monétaire.

Pas de stress sur l'euro

Christine Lagarde a souligné pour sa part que les données récentes suggéraient un fort rebond de l'économie, globalement conforme aux attentes précédentes, bien que le niveau d'activité reste bien inférieur à celui qui prévalait avant la pandémie de coronavirus...
Alors que l'activité dans le secteur manufacturier a continué à s'améliorer, la dynamique dans le secteur des services s'est quelque peu essoufflée récemment. La vigueur de la reprise reste entourée d'une grande incertitude, car elle continue à dépendre fortement de l'évolution future de la pandémie et du succès des politiques de confinement. La demande intérieure de la zone euro a enregistré une reprise significative à partir de faibles niveaux, bien que l'incertitude élevée concernant les perspectives économiques continue de peser sur les dépenses de consommation et les investissements des entreprises.
L'inflation globale est freinée par la faiblesse des prix de l'énergie et des pressions sur les prix dans un contexte de demande modérée et d'un marché de l'emploi peu tendu. Dans ce contexte, une relance monétaire importante reste nécessaire pour soutenir la reprise économique et pour préserver la stabilité des prix à moyen terme. C'est pourquoi le Conseil a décidé de reconfirmer l'orientation accommodante de sa politique monétaire.

Très attendue sur l'évolution de l'euro, la dirigeante a indiqué que le Conseil des gouverneurs avait discuté de la récente appréciation de la monnaie unique, mais l'opinion générale est qu'il n'y a pas de raison de réagir de manière excessive à cette récente hausse. La BCE évaluera néanmoins avec soin l'effet de l'euro sur l'inflation... L'euro remonte du même coup ce matin sur les 1,1835/$ entre banques.

Faux espoirs sur le front sanitaire ?

Sur le front sanitaire cette fois, le ralentissement des cas d'infections en Inde et au Brésil ces derniers jours ne semble finalement constituer qu'un faux espoir. Le nombre de cas de contaminations au nouveau coronavirus dans ces deux pays, les deuxième et troisième les plus frappés par la pandémie, est reparti ainsi en hausse selon les dernières données officielles. Ainsi, le Brésil a enregistré 35.816 nouveaux cas et 1.075 décès supplémentaires en 24 heures, selon le ministère local de la Santé, et affiche désormais 4,2 millions de cas depuis le début de l'épidémie pour 128.539 décès.
Pire encore, l'Inde a recensé 95.735 nouveaux cas confirmés au cours des 24 dernières heures, un record quotidien dans le pays depuis le début de l'épidémie. Le bilan dans le pays est porté à plus de 4,4 millions de cas et plus de 75.000 décès, dont 1.172 morts dans les dernières 24 heures.

Au niveau mondial, selon les dernières données de l'Université Johns Hopkins, 27,90 millions de cas ont été recensés depuis l'émergence du virus, dont 6,36 millions aux Etats-Unis, 4,47 millions en Inde et près de 4,2 millions au Brésil. La Russie affiche 1,04 million de cas confirmés depuis le début de l'épidémie, le Pérou 696.190 et la Colombie 686.851...
Le virus a fait officiellement 904.485 morts dans le monde depuis son apparition, dont 190.887 aux USA, 128.539 au Brésil et 75.062 en Inde. Le Mexique a recensé pour sa part 69.049 décès...

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