Asie : Tokyo monte, Shanghai stagne, Hong Kong recule

Asie : Tokyo monte, Shanghai stagne, Hong Kong recule©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 02 juin 2020 à 07h34

Après un début de semaine très solide en Asie hier, la tendance reste globalement ferme ce mardi matin, mais un peu plus prudente à l'écoute de l'évolution de la situation aux Etats-Unis et des indicateurs de redémarrage économique... La bourse de Shanghai est stable, Hong Kong recule de 0,4%, mais Taiwan prend 0,4% avec Sydney, Bombay gagne 0,7%, Seoul monte de 0,9% et la Bourse de Tokyo grimpe encore de 1,5%.
On a appris hier que l'activité du secteur manufacturier chinois avait progressé en mai pour un troisième mois consécutif, alors que les entreprises ont repris leur activité après la fin des mesures de confinement généralisé pour lutter contre le coronavirus. L'indice PMI manufacturier officiel est ressorti à 50,6 en mai, contre 50,8 le mois précédent, au-dessus du seuil fatidique de 50 qui sépare contraction et expansion de l'activité.
L'économie chinoise s'était contractée à 6,8% au premier trimestre pour la première fois depuis l'introduction des statistiques officielles sur la croissance, alors que la propagation du coronavirus et les mesures de confinement strictes paralysaient l'activité. Bien que l'activité économique ait repris, plusieurs fabricants restent en difficulté en raison de la chute de la demande extérieure. La demande intérieure reste elle aussi assez faible dans un contexte où les inquiétudes quant à la progression du chômage et la crainte d'une deuxième vague de contamination se font toujours sentir.

Emeutes aux Etats-Unis

Malgré un climat social tendu à l'extrême aux Etats-Unis, les investisseurs veulent aussi se focaliser sur les signes de reprise de l'économie américaine qui pointent à mesure que l'épidémie de Covid-19 perd du terrain... Les facteurs de risque s'accumulent cependant, à commencer par la montée des tensions commerciales et géopolitiques avec la Chine, et les troubles sociaux aux Etats-Unis, qui pourraient compromettre la reprise économique s'ils prenaient de l'ampleur...

A la clôture, l'indice Dow Jones a progressé de 0,36% à 25.475 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,38% à 3.055 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, avance de 0,66% à 9.552 pts. La semaine dernière, les trois indices américains avaient progressé respectivement de 3,7% pour le DJIA, 3% pour le S&P 500 et de 1,7% pour le Nasdaq.
Lundi, la publication d'une série d'indicateurs d'activité économique aux Etats-Unis, en Europe et en Chine sont allés dans le sens d'une amélioration de la situation en mai alors que les mesures de déconfinement se multiplient dans le monde.
Côté brokers, Goldman Sachs a amélioré son "scénario du pire" pour le S&P 500 : Les analystes de la banque d'affaires américaine envisagent désormais un plus bas de 2.750 points à horizon de trois mois (-10% par rapport à ce lundi soir), alors qu'il visaient encore un point bas de 2.400 pts en mai (-21%). A moyen terme, GS reste cependant prudent et envisage un niveau de 3.000 pts pour la fin de l'année (-2%), compte-tenu des nombreux risques qui pèsent sur la reprise économique...

La Chine réplique aux mesures de rétorsion de Washinton

Les tensions sino-américaines restent en revanche élevées après que Donald Trump a annoncé vendredi entamer la procédure pour retirer à Hong Kong son statut économique spécial, ainsi que la suspension de visas pour certains ressortissants chinois et l'ouverture d'une enquête sur les sociétés chinoises cotées à Wall Street. Le président américain n'a toutefois pas dénoncé l'accord commercial conclu en janvier avec la Chine.
Cette approche graduée de Washington n'a pas empêché le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, de promettre une "ferme contre-attaque". Il a exhorté lundi les Etats-Unis à "immédiatement remédier à ces erreurs et à abandonner leur mentalité de guerre froide".

Selon des sources citées par l'agence 'Bloomberg', Pékin a demandé aux entreprises chinoises de suspendre leurs achats de certains produits agricoles américains, notamment de soja, ce qui menace de remettre en cause l'accord de Phase 1. Cet accord prévoit en effet que Pékin achète pour 200 milliards de dollars supplémentaires de produits américains, dont des produits agricoles, dans les deux prochaines années.

La crise du coronavirus a rallumé les tensions commerciales et géopolitiques entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, Donald Trump accusant Pékin d'avoir mal géré la crise sanitaire et d'avoir ainsi laissé la pandémie se répandre dans le monde. La semaine dernière, la Chine a en outre provoqué la colère de Washington en reprenant en main le territoire autonome de Hong Kong, en y imposant la loi de sécurité nationale qui réduit les libertés politiques... Le mesures de rétorsion américaines sont cependant restées prudentes pour le moment, Washington se gardant de remettre en cause les accords commerciaux signés en janvier dernier avec Pékin...

Pékin tacle Donald Trump sur les émeutes aux Etats-Unis

La Chine, qui accuse régulièrement Washington d'ingérence dans ses affaires intérieures, notamment sur les dossiers de Hong Kong ou des Ouïghours, a lancé lundi une attaque ciblée contre la gestion par Washington de la crise sociale provoquée par la mort de George Floyd, un afro-Américain tué il y a une semaine par un policier à Minneapolis. Zhao Lijian a ainsi estimé que les troubles dans plusieurs villes américaines sont le signe de "la gravité du problème du racisme et de la violence policière aux Etats-Unis".
"Pourquoi les Etats-Unis traitent-ils en héros les partisans de la violence et de la soi-disant indépendance de Hong Kong, tout en qualifiant ceux qui dénoncent le racisme d'émeutiers ?", s'est en outre interrogé le responsable chinois.
Les manifestations d'indignation après le décès de George Floyd se sont étendues depuis 6 jours à de nombreuses villes américaines. Dimanche, Donald Trump a même été contraint de trouver un abri dans le bunker de la Maison Blanche face à la colère des manifestants à Washington.

Vers une prolongation des accords Opep+ ?

Les cours du pétrole ont poursuivi leur remontée avec un baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet à 35,75$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord grimpe à 38,75$. En mai, le cours du brut léger américain d'échéance août a flambé de 88%, après son plongeon d'avril lié à la crise du coronavirus, qui a paralysé l'économie mondiale.
Lundi, des sources citées par 'Reuters' ont affirmé que la Russie et l'Opep étaient proches d'un accord pour prolonger leurs réductions de production de pétrole pendant un ou deux mois supplémentaires afin de soutenir les cours. L'Opep et ses alliés pourraient tenir leur prochaine réunion le 4 juin et non les 9 et 10 juin comme initialement prévu...

De son côté, l'or pointe à 1.735$ l'once. Le métal jaune a progressé d'environ 12% depuis le début de l'année. Sur les devises, l'euro reste ferme sur les 1,1135/$ entre banques.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.