Baisse des taux de la Fed : pas si vite... Jerome Powell résiste à Trump

Baisse des taux de la Fed : pas si vite... Jerome Powell résiste à Trump
Donald Trump et le président de la Fed Jerome Powell à Washington.

Boursier.com, publié le mardi 25 juin 2019 à 20h58

Alors que les marchés financiers anticipent une baisse d'un quart à un demi-point du taux des "fed funds" le 31 juillet prochain, les dirigeants de la Fed ne semblent pas si pressés d'agir... Même si la banque centrale a américaine a signalé la semaine dernière qu'elle se tenait prête à baisser ses taux si la conjoncture se dégradait, elle ne semble pas décidée à aller aussi loin que les marchés financiers l'espèrent, ni à céder aux pressions politiques de Donald Trump.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a ainsi réaffirmé fermement mardi l'indépendance de la banque centrale américaine, systématiquement mise à mal par Donald Trump, qui réclame des baisses de taux directeurs et accuse la Fed de freiner l'économie américaine. Le président américain a encore taclé lundi la Fed, en estimant qu'elle ne "sait pas ce qu'elle fait" et se comporte comme un "enfant borné".

S'exprimant à New York à l'invitation du Conseil des affaires étrangères, un "think tank" non partisan, Jerome Powell a répondu mardi que dans la loi américaine, "la Fed est à l'abri des pressions politiques de court terme, ce que nous appelons couramment notre 'indépendance'".

Ne pas "réagir de façon excessive" à des facteurs de court terme

"Le Congrès a garanti cette protection à la Fed, car il a vu quels dégâts peuvent souvent survenir lorsque la politique monétaire se plie à des intérêts politiques de court terme", a déclaré le patron de la Fed, ajoutant que "les banques centrales des grandes démocratie du monde bénéficient d'une indépendance similaire". Mercredi dernier, le patron de la Fed s'était déjà dit déterminé à terminer son mandat de 4 ans, malgré les attaques de Trump.

Au sujet des taux directeurs, le patron de la Fed a estimé que si les arguments en faveur d'une politique un peu plus accommodante "se sont renforcés", la politique monétaire de la Fed "ne doit pas réagir de façon excessive à une statistique particulière ou à une variation à court terme du sentiment. Agir ainsi risquerait d'ajouter encore plus d'incertitude aux perspectives", a-t-il ajouté, donnant ainsi le sentiment que la Fed ne se presserait pas de baisser ses taux.

De son côté, le président de la Fed de St-Louis, James Bullard, a estimé mardi qu'une baisse d'un demi-point lui semblait "excessive" à ce stade. M. Bullard est pourtant le seul membre de la Fed qui avait voté la semaine dernière en faveur d'une baisse d'un quart de point des taux directeurs à l'issue de la réunion des 18 et 19 juin. Mais selon lui, la situation actuelle n'exige pas un assouplissement d'une ampleur d'un demi-point.

Les marchés boudent, espérant toujours un geste le 31 juillet

Le marché boursier américain, déjà en baisse avant ces propos de banquiers centraux, ont creusé leurs pertes après leurs discours. A une heure de la clôture de Wall Street, le Dow Jones cédait 0,67%, le S&P 500 perdait 0,88% et le Nasdaq composite reculait de 1,6%.

De son côté, l'outil FedWatch du CME Group, qui se base sur les contrats à terme sur les "fed funds", montrait toujours mardi soir une probabilité de 100% pour une baisse des taux dès le 31 juillet. Les chances d'un recul d'un quart de point à 2-2,25% sont de 63,6% et celle d'un recul d'un demi-point à 1,75-2% est de 36,4%.

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