Banques : le secteur prolonge son rebond

Banques : le secteur prolonge son rebond
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Boursier.com, publié le jeudi 26 mars 2020 à 14h12

Les banques surperforment encore nettement le CAC40 ce mercredi à Paris à l'image de BNP Paribas en hausse de 1,5% de retour sur les 30 euros. Les autorités européennes envisageraient en effet d'accorder encore plus de souplesse aux établissements financiers pour faire face à la crise sanitaire internationale. Selon un document que s'est procuré 'Bloomberg' hier, une des options à l'étude consisterait à suspendre temporairement une partie des règles comptables connues sous le nom d'IFRS 9, qui ont été introduites en 2018 et ont obligé les banques à comptabiliser des pertes sur les prêts douteux à un stade plus précoce qu'auparavant...

La semaine dernière, la Banque centrale européenne avait assuré aux banques qu'elle ferait preuve de souplesse dans l'application des réglementations existantes...
Les autorités ont déjà permis aux prêteurs d'utiliser une partie de leurs "coussins financiers" pour assurer leur activité.

Une autre possibilité envisagée serait la prolongation d'une période de transition qui a été convenue avant l'entrée en vigueur de la norme IFRS 9 en 2018. Cela permettrait de limiter la volatilité au niveau du capital des banques et de leur laisser plus de marge de manoeuvre avant que des restrictions automatiques sur les paiements aux actionnaires ne soient déclenchées...
Parmi les derniers avis de brokers, Berenberg vise désormais un cours de 23 euros sur BNP Paribas, 5,7 euros sur la SG et 12 euro sur le Crédit Agricole.

Largesses monétaires

A noter que la BCE n'appliquera pas les limites qu'elle s'est elle-même imposées dans le cadre de son nouveau programme d'achat d'obligations de 750 milliards d'euros. Alors que la Banque centrale avait signalé dans sa décision d'urgence du 18 mars qu'elle "envisagerait" de réviser ces limites, le texte juridique que s'est procuré l'agence Reuters montre que ces dernières ont déjà été supprimées. Les achats d'obligations étaient auparavant plafonnés à 33% de la dette de chaque pays...

La BCE précise toutefois que ses achats seront toujours guidés par la participation de chaque pays au capital la BCE, la "clé de répartition du capital", mais que les achats seront effectués d'une manière "flexible" permettant des déviations. Une telle décision pourrait néanmoins valoir à la BCE de nouvelles actions en justice de la part des partisans d'une stricte orthodoxie monétaire qui accusent l'institut d'outrepasser ses pouvoirs en finançant directement les Etats.

Le programme d'achat d'urgence contre la pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme ou PEPP) de 750 MdsE doit permettre à la BCE de "s'assurer que tous les secteurs de l'économie pourront bénéficier de conditions de financements favorables, qui leur permettront d'absorber le choc" créé par l'épidémie.

L'Institution explique par ailleurs qu'elle publiera certaines données sur les achats sur une base hebdomadaire et mensuelle, mais le texte juridique ne prévoit aucun engagement à publier des chiffres détaillés, ventilés par pays ou par instruments de dette...

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