Banques : petit vent de panique

Banques : petit vent de panique©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 29 mai 2018 à 11h11

Un petit vent de panique souffle sur les valeurs bancaires ce matin dans le sillage des établissements financiers italiens et espagnols qui chutent à Milan et Madrid. BNP Paribas abandonne actuellement 3,8% à 57,7 euros, la Société Générale cède 2,8% à 39,3 euros et le Crédit Agricole redonne 3,5% à 12 euros. Les trois banques françaises alignent ainsi une sixième séance consécutive de repli alors que les crises politiques en Italie et en Espagne inquiètent de plus en plus les opérateurs.

Fortes tensions sur les marchés obligataires

Ces craintes se reflètent également sur le marché obligataire où le rendement des obligations d'Etat italiennes à 10 ans prend 20 points de base à 3,23% après avoir déjà bondi la veille de 23 pb. Sur la maturité deux ans, les variations sont encore plus impressionnantes puisque le taux s'envole de 150 pb à 2,22%, au plus haut depuis 2013! Le rendement du dix ans espagnol se tend également de près de 10 pb à 1,6%.

"Les marchés sont en mode vendre d'abord et poser des questions plus tard", explique à Bloomberg, Richard Kelly, directeur de la stratégie mondiale au sein de la Banque Toronto-Dominion.

L'Italie inquiète...

La crise politique italienne s'est aggravée au cours du week-end après que le président de la République, Sergio Mattarella, eut mis son veto à la nomination de l'économiste eurosceptique Paolo Savona à la tête du ministère de l'Economie. Le marché qui s'inquiétait déjà des coûts du programme annoncé par la coalition Mouvement 5 Etoiles et la formation d'extrême droite la Ligue redoute désormais que le pays devienne "la nouvelle Grèce". Avec des conséquences qui seraient tout autre puisque l'Italie est la 3ème économie de la zone euro... Les agences de notation prennent également la situation très au sérieux. Moody's a placé vendredi la note souveraine du pays sous surveillance avec implication négative.

Sergio Mattarella a nommé lundi l'économiste Carlo Cottarelli, un ancien du Fonds monétaire international, à la tête d'un gouvernement de transition chargé de préparer le budget 2019 et d'organiser des élections législatives anticipées... "Pas d'élection avant septembre ou octobre au plus tôt...il y a donc désormais un grand vide pour toute résolution", ajoute Richard Kelly.

L'Espagne ne rassure pas

L'Espagne, où le parlement se prononcera vendredi sur une motion de défiance déposée contre le président du gouvernement Mariano Rajoy, continue également d'inquiéter les marchés.

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