BCE : fin des mesures d'urgence anti-Covid en mars 2022 ?

BCE : fin des mesures d'urgence anti-Covid en mars 2022 ?©Boursier.com
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Boursier.com, publié le lundi 28 juin 2021 à 21h25

Les mesures d'urgence prises par la BCE en 2020 pour lutter contre la crise du coronavirus pourraient prendre fin en mars 2022, a estimé lundi Robert Holzmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et directeur de la banque centrale autrichienne.

Les mesures d'urgence prises par la BCE en 2020 pour lutter contre la crise du coronavirus pourraient prendre fin en mars 2022, a estimé lundi Robert Holzmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et directeur de la banque centrale autrichienne.

Ce calendrier correspond aux attentes actuelles des analystes, notamment ceux interrogés pour un enquête réalisée par la BCE. Le Programme d'urgence face à la pandémie (PEPP), doté de 1.850 milliards d'euros devrait ainsi prendre fin en mars 2022. Les analystes ne prévoient pas non plus d'augmentation du programme traditionnel d'achats d'actifs (APP) pour compenser les mesures de relance perdues.

"C'est ainsi que le marché voit les choses et je pense qu'il donne la bonne évaluation", a ainsi déclaré lundi M. Holzmann lors d'une table ronde organisée par la banque UBS. "Nous ne savons pas encore, mais pour l'instant, il semble que la fin soit en mars", a-t-il poursuivi.

L'aide exceptionnelle doit prendre fin une fois passée la pandémie de COVID-19 mais le soutien de la BCE se poursuivra par d'autres dispositifs."Nous avons encore d'autres programmes, comme l'APP, qui peuvent se poursuivre, être modifiés ou laissés inchangés", a déclaré Robert Holzmann, l'un des responsables politiques les plus conservateurs de l'institution.

Le retrait du soutien de la BCE devrait être graduel

Il a également averti que la pandémie étant loin d'être terminée, ce calendrier pourrait encore évoluer et la BCE procédera à une évaluation plus approfondie en septembre, lorsque les nouvelles prévisions de la BCE seront faites.

De son côté, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank allemande, s'est prononcé pour une diminution graduelle des achats réalisés dans le cadre du PEPP, estimant que ce programme devra être arrêté quand "toutes les mesures significatives pour contenir la pandémie" auront pris fin et que la reprise économique sera "solide".

"En raison de l'incertitude toujours présente, nous ne pouvons pas déterminer très en avance la sortie du mode de crise de la politique monétaire", a-t-il ajouté. "Afin de ne pas arrêter soudainement le PEPP, toutefois, les achats nets pourraient être réduits en avance, pas à pas."

La BCE achète actuellement pour 80 MdsE de titres par mois dans le cadre du PEPP, ainsi que 20 MdsE par mois dans le cadre des programmes réguliers d'achat d'actifs.

La Fed prépare elle aussi les marchés au "tapering"

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale prépare elle aussi les marchés financiers financiers à la réduction de son programme d'achat d'actifs mis en place en mars 2020 pour combattre les effets de la crise du Covid. Ce programme consiste à acheter pour 120 milliards de dollars d'actifs par mois, dont 80 Mds$ d'obligations d'Etat et 40 Mds$ d'actifs adossés des prêts hypothécaires (MBS).

Lors de leur dernière réunion des 15 et 16 juin derniers, les membres du conseil de politique monétaire de la Fed ont évoqué la question pour la première fois, sans pour autant fixer de calendrier. Le président de la Fed, Jerome Powell a indiqué lors de sa conférence de presse, que "si vous voulez, vous pouvez dire que c'était la réunion où l'on a 'parlé-de-parler-de' " réduire les achats d'obligations.

Eviter le "taper tantrum" de 2013

Dans son communiqué, la Fed s'est contentée de répéter qu'elle voulait voir "de nouveaux progrès substantiels" en matière d'emploi et d'inflation avant de ralentir le rythme de ses achats d'actifs. L'institution tente de procéder de manière très progressive afin d'éviter des turbulences de marché comme celles qui s'étaient produites en 2013.

La Fed avait alors pris de court les marchés en annonçant son intention de mettre fin à son programme de "QE", provoquant une brutale hausse des taux, un épisode baptisé "taper tantrum" par les financiers. Cette fois, les membres de la Fed sont conscient des dangers, ce qui ne les empêche pas d'être divisés, certains se montrant plus pressés que d'autres pour retirer le soutien massif de la banque centrale, compte-tenu d'une reprise et d'une inflation plus vigoureuses que prévu.

Au moins deux membres de la Fed, Robert Kaplan (Fed de Dallas) et James Bullard (Fed de Saint Louis) se sont déclarés récemment en faveur d'une réduction accélérée des achats d'obligations de la Fed, qui accroîtrait selon eux sa marge de manoeuvre en matière de choix du moment où elle relèvera ses taux d'intérêt directeurs. Le relèvement des taux (actuellement proches de à zéro) est attendu en 2023 par une majorité de membres de la Fed, voire fin 2022 pour certains.

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