BCE : l'OMT pas adapté à la situation actuelle selon Christine Lagarde

BCE : l'OMT pas adapté à la situation actuelle selon Christine Lagarde©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 30 avril 2020 à 15h15

Christine Lagarde s'exprime depuis quelques minutes à la suite de la dernière décision de politique monétaire de la BCE. Si l'Institution basée à Francfort a opté pour un statu quo sur ses taux et n'a pas annoncé de nouvelles mesures d'envergure, elle a quand même accru son soutien aux banques en lançant des "opérations de refinancement à long terme d'urgence pandémique" (PELTRO) et en diminuant à -1% le taux d'intérêt des opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO III).

Une contraction du PIB de 15% au deuxième trimestre ?

Le PIB de la région pourrait reculer entre 5 et 12% cette année, affirme la dirigeante, qui précise que la contraction pourrait atteindre 15% au deuxième trimestre. "La zone euro est confrontée à une contraction économique d'une ampleur et d'une rapidité sans précédent en temps de paix. Les mesures prises pour contenir la propagation du coronavirus ont largement interrompu l'activité économique dans tous les pays de la zone euro et dans le monde entier. Les indicateurs d'enquête sur le moral des consommateurs et des entreprises ont chuté, ce qui suggère une forte contraction de la croissance économique et une profonde détérioration des conditions du marché du travail. À mesure que les mesures de confinement seront levées, les scénarios prévoient une reprise de l'activité économique, bien que sa vitesse et son ampleur restent très incertaines. L'inflation a diminué en raison de la forte baisse des prix du pétrole et d'une inflation IPCH légèrement plus faible, hors énergie et alimentation".

"Les mesures politiques décisives et ciblées que nous avons prises depuis début mars ont apporté un soutien crucial à l'économie de la zone euro et en particulier aux secteurs les plus exposés à la crise. En particulier, nos mesures soutiennent les conditions de liquidité et contribuent à maintenir le flux de crédit aux ménages et aux entreprises, notamment aux petites et moyennes entreprises (PME), ainsi qu'à maintenir des conditions de financement favorables pour tous les secteurs et toutes les juridictions", souligne la patronne de la BCE.

Concernant les décisions du jour, Christine Lagarde affirme: "nos mesures politiques, en particulier les conditions plus favorables pour les opérations TLTRO III et les mesures d'assouplissement des garanties, devraient encourager les banques à accorder des prêts à toutes les entités du secteur privé. Avec les mesures de soutien au crédit adoptées par les gouvernements nationaux et les institutions européennes, elles favorisent un accès continu au financement, y compris pour les personnes les plus touchées par les ramifications de la pandémie de coronavirus".

"En ce qui concerne les politiques budgétaires, une position budgétaire ambitieuse et coordonnée est essentielle, compte tenu de la forte contraction de l'économie de la zone euro. Les mesures prises devraient autant que possible être ciblées et de nature temporaire en réponse à l'urgence pandémique. Nous nous félicitons de l'approbation par le Conseil européen de l'accord de l'Eurogroupe sur les trois filets de sécurité pour les travailleurs, les entreprises et les souverains, qui représente un ensemble de mesures d'une valeur de 540 milliards d'euros. Dans le même temps, le Conseil des gouverneurs demande instamment que de nouveaux efforts importants soient déployés en temps utile pour préparer et soutenir la reprise. À cet égard, nous nous félicitons de l'accord du Conseil européen d'oeuvrer à la création d'un fonds de relance consacré à la gestion de cette crise sans précédent", conclut Christine Lagarde.

L'OMT pas adapté à la situation actuelle

Interrogée par téléphone, crise oblige, la dirigeante explique que le Conseil est plus déterminé que jamais à soutenir le système financier et l'ensemble de la zone euro en utilisant tous ses outils à disposition. L'OMT (demandé du côté de l'Italie notamment) fait partie de ce panel à disposition mais il n'apparait clairement pas adapté à la situation présente. Pour Christine Lagarde, le PEPP est le meilleur outil actuel. Le Conseil n'a par ailleurs pas discuté du programme APP aujourd'hui. "Nous devons utiliser la pleine flexibilité de ce programme et nous sommes prêts à réajuster la taille, la durée et la composition du PEPP afin de s'assurer que notre politique monétaire se transmet correctement à l'économie".

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