BCE : les pressions sous-jacentes sur les prix restent modérées

BCE : les pressions sous-jacentes sur les prix restent modérées©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 11 mars 2021 à 14h45

Christine Lagarde revient depuis quelques minutes sur les dernières annonces de la Banque centrale européenne. La principale étant l'accélération, au cours du second trimestre, des achats de titres sur les marchés afin de freiner la remontée des coûts de financement dans la zone euro. Les taux obligataires se sont d'ailleurs nettement détendus à la suite du communiqué de la BCE publié à 13H45.

Christine Lagarde revient depuis quelques minutes sur les dernières annonces de la Banque centrale européenne. La principale étant l'accélération, au cours du second trimestre, des achats de titres sur les marchés afin de freiner la remontée des coûts de financement dans la zone euro. Les taux obligataires se sont d'ailleurs nettement détendus à la suite du communiqué de la BCE publié à 13H45.

La dirigeante commence par indiquer que si la situation économique globale devrait s'améliorer cette année, l'incertitude reste grande en raison des restrictions liées à la pandémie et de la lenteur des campagnes de vaccination. Concernant l'inflation, elle indique que des facteurs transitoires ainsi que les prix de l'énergie l'ont poussée à la hausse ces derniers mois, mais que les pressions sous-jacentes sur les prix restent modérées. Par conséquent, la projection de la BCE pour l'inflation à moyen terme est "globalement inchangée" par rapport à décembre.

Concernant la hausse importante et persistante des taux obligataires, Christine Lagarde avertit qu'elle pourrait entraîner un resserrement prématuré des conditions financières, ce qui nuirait à la reprise. C'est dans ce contexte que le Conseil des gouverneurs a décidé d'accélérer le rythme de ses achats de titres dans le cadre du PEPP.

L'économie de l'activité de la zone euro devrait s'être contractée de 6,6% l'an passé, le niveau de l'activité économique pour le quatrième trimestre 2020 devant être inférieur de 4,9% à son niveau pré-pandémique à la fin de 2019. Les dernières données économiques, les enquêtes et les indicateurs à haute fréquence pointent vers une faiblesse continue de l'activité au premier trimestre et une nouvelle baisse du PIB sur la période, en raison de la persistance de la pandémie et des mesures d'endiguement associées.

L'évolution économique reste inégale selon les pays et les secteurs, le secteur des services étant plus durement touché par les restrictions en matière d'interaction sociale et de mobilité que le secteur industriel, qui se redresse plus rapidement. Bien que les mesures de politique budgétaire soutiennent les ménages et les entreprises, les consommateurs restent prudents compte tenu de la pandémie et de son impact sur l'emploi et les revenus. En outre, la faiblesse des bilans des entreprises et l'incertitude élevée quant aux perspectives économiques continuent de peser sur les investissements des entreprises.

Christine Lagarde profite de cette conférence pour dévoiler les nouvelles prévisions de croissance pour la zone euro : 4% en 2021, 4,1% en 2022, et 2,1% en 2023, soit peu ou prou les mêmes estimations qu'au mois de décembre. Si les risques sont devenus plus équilibrés, ils restent toutefois baissiers à court terme, précise la patronne de la BCE.

Du côté des prix à la consommation, le taux d'inflation annuel de la zone euro a fortement augmenté pour atteindre 0,9% en janvier et février 2021, contre -0,3% en décembre. La hausse de l'inflation globale reflète un certain nombre de facteurs idiosyncratiques, tels que la fin de la réduction temporaire du taux de TVA en Allemagne, les périodes de soldes retardées dans certains pays et l'impact des changements plus forts que d'habitude dans les pondérations de l'IPCH pour 2021, ainsi qu'une hausse des prix de l'énergie. Sur la base des prix actuels des contrats à terme sur le pétrole, l'inflation globale devrait augmenter au cours des prochains mois, mais une certaine volatilité est attendue tout au long de l'année, reflétant la dynamique changeante des facteurs qui poussent actuellement l'inflation à la hausse

Les pressions sous-jacentes sur les prix devraient augmenter quelque peu cette année en raison des contraintes actuelles sur l'offre et de la reprise de la demande intérieure, bien que les pressions devraient rester globalement modérées, reflétant également les faibles pressions sur les salaires et l'appréciation passée de l'euro. Une fois l'impact de la pandémie estompé, la résorption des fortes marges de manoeuvre, soutenue par des politiques budgétaires et monétaires accommodantes, contribuera à une augmentation progressive de l'inflation à moyen terme. Les mesures des anticipations d'inflation à long terme basées sur les enquêtes et les indicateurs de marché restent à des niveaux faibles, bien que les indicateurs de marché aient continué à augmenter progressivement.

Cette évaluation est largement reflétée dans le scénario de base des projections macroéconomiques des services de la BCE, qui prévoit une inflation annuelle de 1,5% en 2021 (vs 1% précédemment), de 1,2% en 2022 (vs 1,1%) et de 1,4% en 2023 (vs 1,4%).

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