BCE : statu quo attendu pour la première de Christine Lagarde

BCE : statu quo attendu pour la première de Christine Lagarde©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 11 décembre 2019 à 14h48

Christine Lagarde sera très attendue jeudi pour sa première à la tête de la BCE. Une première qui ne devrait accoucher que d'une petite souris si l'on se fie aux commentaires de la plupart des observateurs. Emmanuel Auboyneau, Gérant Associé chez Amplegest, explique ainsi que Christine Lagarde va probablement rester dans le sillage de son prédécesseur (ndlr : Mario Draghi). Si le spécialiste n'attend pas de grandes annonces lors de cette réunion, il affirme qu'il sera intéressant d'écouter Christine Lagarde, ses réflexions, ses éléments de langage, pour comprendre ce que pourrait être la teneur de son mandat. Il est probable qu'elle va vouloir affirmer ce principe de "changement dans la continuité".
"A surveiller également dans son discours, toute information relative à la probable future mission de la BCE qui, au-delà de l'objectif initial à savoir la stabilité des prix, pourrait introduire des objectifs de développement durable dans sa stratégie, avec pourquoi pas des lancements de programmes d'assouplissement quantitatif "vert", dans le sillage de la politique économique désirée par l'Union Européenne, à savoir garantir un environnement de qualité", souligne Emmanuel Auboyneau.

Eric Bourguignon, Membre du Directoire de Swiss Life Asset Managers, pense également que la BCE ne devrait pas apporter de modifications à sa politique monétaire, 3 mois après avoir ramené son taux de dépôt à -0,50% et relancé son programme d'achat de titres. La situation économique en zone euro milite d'ailleurs pour un tel statu quo, selon le spécialiste. "Après donc avoir entériné sans surprise la politique ultra-accommodante de son prédécesseur, Christine Lagarde devrait revenir sur les objectifs de la revue stratégique qu'elle s'est publiquement engagée à mener, sujet sur lequel elle est très attendue. Confirmera-t-elle ainsi l'objectif d'inflation de 2% désespérément poursuivi par Mario Draghi, où l'abaissera-t-elle aux alentours de 1% comme d'aucun lui conseille ? Assumera-t-elle la politique mortifère de taux négatifs mise en place en 2014, où cherchera-t-elle à s'en extraire ? Jusqu'où ira-t-elle dans sa volonté affichée de 'verdir' la politique monétaire en zone euro ? Mais surtout, comment ramènera-t-elle la sérénité et l'unité passablement écornées au sein du Conseil des gouverneurs dont les divisions sont récemment apparues au grand jour?", s'interroge Eric Bourguignon.

Dans le même sens, Berenberg affirme que Christine Lagarde optera pour le statu quo pour sa première, contrairement à Mario Draghi, qui avait réduit les taux lors de sa première à la tête de la BCE en novembre 2011. L'analyste s'attend d'ailleurs à ce que l'Institution laisse sa position inchangée en 2020 pendant qu'elle revoit sa stratégie. Selon lui, il est même probable que la BCE maintienne son taux de dépôt de -0,5%, son taux de refinancement de 0% et ses achats mensuels d'actifs nets de 20 milliards d'euros jusqu'à la fin de l'année 2021.

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