BCE : 'tapering' en question

BCE : 'tapering' en question©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 07 juin 2021 à 11h53

Comme à l'accoutumée, la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne sera surveillée de près jeudi même si aucune grande annonce n'est attendue. Il semble en effet prématuré de voir la BCE réduire son soutien aux marchés alors que l'incertitude liée à la pandémie reste assez élevée. Konstantin VEIT, gérant chez PIMCO, ne prévoit ainsi pas de changements significatifs de la politique monétaire. Il note que les risques entourant les perspectives de croissance à court terme étant actuellement jugés toujours à la baisse, il y a une chance que la BCE affine ses estimations vers une position plus équilibrée, en accord avec l'évaluation des risques à moyen terme.

Comme à l'accoutumée, la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne sera surveillée de près jeudi même si aucune grande annonce n'est attendue. Il semble en effet prématuré de voir la BCE réduire son soutien aux marchés alors que l'incertitude liée à la pandémie reste assez élevée. Konstantin VEIT, gérant chez PIMCO, ne prévoit ainsi pas de changements significatifs de la politique monétaire. Il note que les risques entourant les perspectives de croissance à court terme étant actuellement jugés toujours à la baisse, il y a une chance que la BCE affine ses estimations vers une position plus équilibrée, en accord avec l'évaluation des risques à moyen terme.

Plus important encore, en ce qui concerne l'inflation, alors qu'il pourrait y avoir une légère augmentation de la prévision pour 2021, les attentes pour la suite de l'horizon de prévision ne devraient pas être modifiées, la projection la plus pertinente de l'inflation IPCH pour 2023 restant probablement inchangée à 1,4%. À l'heure actuelle, l'inflation dans la zone euro est presque entièrement déterminée par les effets de base des prix de l'énergie et il n'y a eu aucun signe d'une reprise durable des pressions sous-jacentes sur les prix. Même en cas de révision mineure à la hausse, la BCE continuerait de prévoir une sous-estimation substantielle de l'objectif de stabilité des prix à l'horizon pertinent pour la politique monétaire.

Du côté des achats d'actifs, le spécialiste ne prévoit pas de changement même si la BCE pourrait décider de signaler une légère baisse du rythme d'achats réalisés dans le cadre du PEPP pour des raisons de saisonnalité, mais il ne pense pas que le message sera celui d'une réduction.

La BCE achète actuellement pour 80 milliards d'euros de titres par mois dans le cadre de son programme d'achats d'urgence face à la pandémie ainsi que 20 MdsE par mois dans le cadre des programmes réguliers d'achat d'actifs.

L'équipe de recherche de Barclays anticipe également un statu quo de la BCE. Elle affirme que le rythme des achats d'actifs menés dans le cadre du PEPP pour le troisième trimestre se maintiendra au même niveau qu'au trimestre précédent alors que l'Institut d'émission s'efforce de maintenir des conditions de financement aussi favorables que possible. Les communications récentes de Christine Lagarde et de certains de ses collègues du Conseil des gouverneurs vont en effet dans ce sens compte tenu de perspectives économiques encore très incertaines et de l'absence de changement significatif dans les perspectives d'inflation à moyen terme.

Selon les spécialistes de la banque britannique, même une légère réduction du rythme des achats de titres pourrait être interprétée par le marché comme un 'tapering' et compromettre le résultat de la récente communication plus dovish sur l'assouplissement des conditions de financement. Pour cette raison, les experts de Barclays ne tablent pas sur une décélération des achats de titres dans le cadre du PEPP, mais pensent que la BCE se distanciera de plus en plus de la Fed et des autres banques centrales. Du côté des risques, Barclays estime que la BCE évaluera les risques liés aux prévisions de croissance et d'inflation comme étant largement équilibrés. Tout en se montrant optimiste quant aux perspectives macroéconomiques, le Conseil devrait continuer à souligner l'incertitude plus élevée que d'habitude qui entoure ses prévisions.

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