Beau rebond hebdomadaire pour le CAC40

Beau rebond hebdomadaire pour le CAC40©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 16 février 2018 à 17h45

Très belle semaine de rebond pour les places boursières occidentales. A Paris, le CAC40 remonte de 3,98%, à 5.282 points ce vendredi soir. L'indice parisien avait perdu plus de 8% au cours des deux semaines précédentes. Les derniers chiffres américains de l'inflation, très attendus par les opérateurs, sont ressortis supérieurs aux attentes mais leur hausse, finalement assez limitée face aux craintes récentes, n'a pas provoqué de dégâts. D'autant que dans le même temps, les ventes au détail ont baissé de manière inattendue. De quoi calmer les inquiétudes de surchauffe de la première économie mondiale et atténuer les tensions sur le marché obligataire américain. Ces statistiques, conjuguées au plan d'investissements massif dans les infrastructures dévoilé par Donald Trump, ont également pesé sur le dollar ces derniers jours. L'euro a d'ailleurs renoué avec la barre des 1,25$.

L'actualité micro a pour sa part été marquée par une avalanche de publications d'entreprises. En France, les derniers comptes d'Airbus, Rexel, Renault ou encore EDF ont été vivement salués. A l'inverse, Vivendi, Tarkett et Air France KLM ont été sanctionnés.

ECO ET DEVISES

Les chiffres de l'inflation américaine n'avaient sans doute jamais été aussi attendus mercredi. D'après le rapport gouvernemental, l'indice des prix à la consommation pour le mois de janvier est ressorti en progression de 0,5% en comparaison du mois antérieur et de 2,1% en glissement annuel. Le consensus était de +0,3% en comparaison du mois de décembre et de +1,9% en glissement annuel. Hors alimentaire et énergie, le 'CPI' a augmenté de 0,3% par rapport au mois précédent, ce qui traduit également une inflation supérieure aux attentes (le consensus était de +0,2%). En glissement annuel, le CPI ajusté, hors éléments volatils, a grimpé de 1,8% (+1,7% de consensus).

D'après le Département américain au commerce, les ventes de détail pour le mois de janvier sont ressorties en déclin de 0,3% par rapport au mois antérieur, contre +0,2% de consensus de place. Pire encore, les ventes de détail du mois de décembre, initialement évaluées à +0,4%, ont été révisées en forte baisse.

Les chiffres américains du logement pour le mois de janvier 2018 ont positivement surpris. Ainsi, les mises en chantier de logements du mois de janvier se sont établies sur un rythme de 1,326 million d'unités, contre 1,232 million de consensus de place et 1,209 million pour la lecture révisée (en hausse) du mois de décembre 2017. Les permis de construire sont également supérieurs aux attentes de marché, ressortant sur un rythme de 1,396 millions d'unités, contre 1,3 million de consensus et 1,3 million également un mois auparavant.

L'indice des prix à la production aux États-Unis pour le mois de janvier est ressorti comme prévu en croissance de 0,4% en comparaison du mois antérieur, après une quasi-stabilité un mois auparavant. Hors alimentaire et énergie, toutefois, le 'PPI' grimpe de 0,4%, alors qu'il était attendu en hausse de 0,2% en comparaison du mois de décembre. Ainsi, l'indice 'core', ajusté des éléments volatils, traduit une progression des prix supérieure aux attentes.

L'indice d'activité manufacturière de la Fed de New York pour ce même mois de février (dit 'Empire State') est ressorti par contre inférieur aux attentes, à 13,1, contre 17,5 de consensus et 17,7 un mois avant.

La croissance dans la zone euro a atteint 0,6% au quatrième trimestre 2017, soit légèrement moins que celle de 0,7% enregistrée au trimestre précédent. En glissement annuel, le PIB, corrigé des variations saisonnières, enregistre une hausse de 2,7%, selon les données préliminaires d'Eurostat. Une évolution en ligne avec les attentes du marché.

Sur le marché des changes, l'euro vaut désormais 1,2450$, en hausse d'environ 1,6% sur la semaine. Du côté du pétrole, le baril WTI s'affiche à environ 61,95 et le Brent ressort à 64,9$. L'once d'or s'échange autour des 1.352 dollars (+3%).

LES VALEURS

* Atari flambe de 40%. Le titre a doublé depuis le début de l'année, dopé notamment par les plans du groupe dans le domaine des blockchains et crypto-monnaies.

* DBV Technologies bondit de 20,6%. Le laboratoire va pouvoir déposer une demande de mise sur le marché américain de son traitement de l'allergie à l'arachide des enfants de 4 à 11 ans, Viaskin Peanut. L'agence américaine du médicament a confirmé que les données d'efficacité et d'innocuité disponibles suffisent au dépôt du dossier. Le dossier sera déposé dans le courant du second semestre 2018.

* Airbus s'adjuge 14,4%. L'Ebit et le bénéfice net 2017 dépassent les attentes sur une base ajustée. Une nouvelle charge de 1,3 MdE sur l'A400M vient assombrir le tableau, même si elle avait été largement anticipée, tandis que l'objectif de livrer 800 avions commerciaux cette année reste dépendant du respect par les motoristes de leurs engagements, ce qui ne semble pas évident au regard des nouveaux problèmes identifiés sur le PW1100G des A320neo. Le dividende va être porté de 1,35 à 1,50 euro.

* Coface (+13,8%). Le groupe a multiplié par deux son résultat net en 2017, à 83,2 millions d'euros, et a annoncé le lancement d'un programme de rachat d'actions de 30 millions d'euros. La firme prévoit également de verser à ses actionnaires un dividende 0,34 euro par action pour l'exercice 2017 contre 0,13 euro pour 2016.

* Ipsen (+12,6%) a dépassé ses objectifs 2017. Le laboratoire espère poursuivre une forte dynamique de ses ventes cette année, qui devrait permettre aux marges de continuer à croître. Les bons chiffres confortent le bureau d'études Jefferies dans sa recommandation à l'achat et son objectif de cours de 135 euros. Même réaction chez Bryan Garnier, acheteur avec un objectif de cours de 136 euros.

* Eutelsat (+11,7%) a subi une baisse de -19% de son bénéfice 2017 à 156,5 ME. Eutelsat confirme l'ensemble des objectifs financiers pour cet exercice et les exercices suivants.

* Ubisoft avance de 8,5%. Les revenus du 3ème trimestre fiscal (qui couvre la période de Noël) ont atteint 725 ME, au-delà du haut de la fourchette communiquée (700 ME). Les objectifs sont confirmés, comme ceux de l'exercice suivant.

* Rexel gagne 7,5%, porté par une belle publication annuelle. Le groupe a renoué avec une croissance organique de 3,5% en 2017 après deux années de baisse consécutive. Son Ebita ajusté a progressé de 6,1%, dans le bas de sa fourchette objectif initiale de +5% à +10% à cause notamment des interrogations liées au Brexit.

* Kering prend 6,8% après des résultats impressionnants au terme de l'exercice 2017, phénoménaux même, pour reprendre l'expression de François-Henri Pinault. Les actionnaires bénéficieront d'un dividende de 6 euros en numéraire et de l'octroi d'actions Puma. En 2017, le groupe de la famille Pinault a dégagé un chiffre d'affaires de 15,48 MdsE, en progression de 25% en données publiées et de 27,2% à périmètre et taux de change comparables. Le résultat opérationnel courant bondit de 56,3% à 2,95 MdsE, ce qui porte la marge de 15,2 à 19%. Le bénéfice net part du groupe récurrent s'élève à 2 MdsE, en progression de 56,2%.

* Renault bondit 6,5% après avoir bouclé l'année 2017 sur un nouveau record de ventes, de chiffre d`affaires, de marge opérationnelle et de résultat net. Fort de ces résultats, le groupe va augmenter son dividende à 3,55 euros par action.

* Capgemini (+6,3%) a bouclé son exercice 2017 sur des chiffres proches des attentes. La SSII a prévu une accélération cette année, aussi bien sur la croissance organique que sur les marges. Les entrées de commandes ont accéléré au 4ème trimestre.

* TF1 progresse de 5,8%. Le groupe, en marge de ses résultats, a annoncé viser cette année une progression du taux de marge opérationnelle courante. Il vise une marge à deux chiffres en 2019.

* EDF prend 5,7%. L'énergéticien ne doit pas être fâché d'en finir avec un exercice 2017 truffé d'avertissements sur les résultats. Le groupe a annoncé des chiffres médiocres, sans surprise, plombés par les arrêts de centrales nucléaires. Il a en revanche réitéré ses prévisions 2018 et sert un coupon de 0,46 euro, qui offre un rendement proche de 4,6%.

* Air Liquide progresse de 4,2%. La société a publié des résultats légèrement supérieurs aux attentes en 2017. Le groupe se désendette plus vite que ce que prévoyait le marché, grâce à une génération élevée de liquidités. La croissance organique a légèrement accéléré en fin d'année.

* Schneider gagne 4%. Les résultats sont bien placés par rapport aux attentes. Le groupe a prévu d'accélérer cette année en profitant d'un contexte porteur. Les marges vont continuer à se redresser.

* Michelin avance de 3,4 %. Les résultats 2017 sont en ligne avec les attentes. Le dividende est accru à 3,55 euros. Le groupe vise cette année une croissance modérée de son marché, une amélioration de ses résultats et un cash-flow libre structurel supérieur à 1,1 MdE.

* Faurecia (+2,9%). La filiale de PSA a en effet publié des chiffres annuels en vive progression, confirmant une dynamique bien plus forte que celle d'un marché automobile mondial qui se porte déjà plutôt bien. Certains objectifs 2018 ont été relevés.

* L'Oréal prend 2,6%. Nestlé a pris la décision de ne pas renouveler le pacte d'actionnaires avec la famille Bettencourt à son arrivée à échéance le 21 mars prochain, "afin de maintenir toutes les options ouvertes dans l'intérêt des actionnaires Nestlé". Le groupe suisse ajoute qu'il n'a pas l'intention d'augmenter sa participation dans l'Oréal et qu'il s'engage à poursuivre sa "relation constructive avec la famille Bettencourt".

* Danone gagne 2,4% après avoir publié des résultats 2017 plutôt supérieurs aux attentes, mais les volumes restent déprimés, notamment dans les produits frais et d'origine végétale. Le groupe se concentre sur sa stratégie de faire progresser dans un premier temps ses résultats avant de pouvoir accélérer sur la croissance. Un coupon de 1,90 euro est proposé.

A l'inverse, *CGG abandonne 22,2%. Le 12 février, la société a annoncé la réussite de son augmentation de capital, une étape essentielle du plan de restructuration de sa dette, qui va aussi provoquer une dilution colossale des actionnaires existants.

* SES trébuche de 8,2%. L'annonce du départ du directeur général et du directeur financier a créé des remous sur un dossier qui était déjà attaqué depuis plusieurs mois.

* Tarkett perd 6,7% après une publication annuelle marquée par une solide croissance organique mais également par une baisse du résultat opérationnel, rogné par les effets de changes et le renchérissement de ses coûts de matières premières. Si le groupe a confirmé sa volonté d'atteindre ses objectifs 2020, l'atteinte des objectifs de profitabilité et de rendement (marge d'EBITDA ajusté > 12 % et ROIC > 9 %) s'avèrera plus difficile en 2018 compte tenu du contexte actuel d'inflation du prix des matières premières et des évolutions défavorables des taux de change.

* Air France KLM se replie de 5,2%. La nette amélioration des résultats 2017 n'a pas convaincu le marché à l'image de Liberum qui reste 'vendeur' du dossier avec un objectif de 10,5 euros. Le broker évoque des résultats globalement conformes au consensus, avec une déception marginale au niveau de l'exploitation mais un résultat net supérieur aux attentes, bien qu'avec des distorsions substantielles. Le groupe vise pour cette année une réduction des coûts unitaires de 1,0% à 1,5% hors impact des changes, du carburant et des charges de retraite.

* Cegedim décroche de 4,9%. Bpifrance a vendu 12% du capital par placement privé à 35 euros pièce. La banque publique conserve une participation de 3% du capital de Cegedim.

* Vivendi recule de 2% après la publication de ses résultats 2017. Globalement, le chiffre d'affaires est ressorti en ligne avec les attentes mais les résultats ont un peu déçu, en particulier à cause d'Havas, qui a signé une contre-performance. Mais la déception provient essentiellement de la division musique, qui affiche certes toujours de très belles dispositions, mais qui n'a pas autant brillé que prévu.

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