Bercy nie négocier la vente de ses parts dans Renault à Nissan

Bercy nie négocier la vente de ses parts dans Renault à Nissan
Renault Captur teaser

Boursier.com, publié le jeudi 08 mars 2018 à 06h32

A l'approche du printemps, la spéculation sur l'avenir de certaines participations de l'Etat refleurit. Hier matin, les Aéroports de Paris tenaient la vedette en la matière. Mais en fin de séance, c'est Renault qui a eu les faveurs du marché, avec un titre qui s'est envolé de 11% en séance (il a clôturé à +5,6%) sur le retour du serpent de mer du dossier : une intégration plus poussée avec Nissan allant jusqu'à une fusion.

C'est l'agence Reuters qui a mis le feu aux poudres en indiquant dans l'après-midi que les deux constructeurs discutaient d'un rapprochement passant notamment par la cession des 15% détenus par l'Etat français au groupe japonais. Une nouvelle entité destinée à chapeauter l'ensemble pourrait voir le jour en prélude à une intégration plus poussée. Elle prendrait selon la rumeur la forme d'une fondation immatriculée à Amsterdam. Par la suite, le futur groupe serait basé aux Pays-Bas. Sans doute pas par passion pour la gastronomie locale. Des pourparlers auraient démarré entre les deux entreprises et les autorités françaises. En soirée, un porte-parole de l'Alliance Renault-Nissan a toutefois démenti toute discussion au sujet de transactions sur des titres impliquant Renault, Nissan ou l'Etat français, estimant que cela relève d'une pure spéculation et que l'alliance n'a pas pour projet de modifier le ratio d'actionnariats croisés qui lie ses différents acteurs. A Bercy, on dément totalement que l'Etat français soit prêt à revendre ses parts à Nissan.

Pas de fumée sans feu

En dépit de ces infirmations, plusieurs indices laissent penser qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Le fait par exemple que des banques conseil semblent avoir été désignées, en l'occurrence BNP Paribas et Nomura. Ou que cette histoire de fondation ait été éventée avec un certain nombre de détails. Ou que les rumeurs se multiplient sur des signaux envoyés par Bercy sur une possible évolution de sa position sur la détention des actions Renault. Le dossier reste très sensible politiquement. Pour contrer les ambitions de Nissan en 2015, le ministre français de l'économie de l'époque, un certain Emmanuel Macron, n'avait pas hésité à accroître la participation de l'Etat au capital de la marque au losange, pour peser plus lourd en assemblée générale. Une paix des braves avait par la suite été instituée, mais les informations qui ont circulé à l'époque laissaient penser que l'actuel président de la république n'aurait pas été contre une intégration plus poussée, sous réserve que l'Etat garde son mot à dire sur certaines opérations stratégiques.

Renault détient 43,4% de Nissan, qui possède 15% de Renault, mais sans droits de vote. C'est aussi le japonais qui porte le bloc de contrôle de 34% de Mitsubishi. Les deux membres d'origine de l'Alliance ont des opérations de plus en plus intégrées, notamment au niveau des achats, de l'ingénierie ou des plateformes de production. Mitsubishi va rejoindre progressivement ce programme. En cas de fusion, la relation capitalistique serait plus équilibrée mais je pense qu'une revalorisation de l'action Renault est davantage liée à la capacité de Nissan et Renault à réaliser des performances financières cohérentes avec les synergies revendiquées et par conséquent implicitement supérieures à celles de leurs concurrents, ce qui n'est pas le cas, explique Philippe Houchois, l'analyste spécialisé dans l'automobile de Jefferies, qui valorise Renault 86 euros par titre, sous les cours actuels. Il ne pense pas que l'Alliance soit sous-évaluée actuellement. Au final, le gagnant d'un grand meccano pourrait bien être l'Etat français, s'il négocie bien, selon le spécialiste. Sa part dans Renault est actuellement valorisée 4,2 milliards d'euros.

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1 commentaire - Bercy nie négocier la vente de ses parts dans Renault à Nissan
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    Tueur -

    Quel intérêt concret de garder Renault ? Les brevets peuvent être protégés sans participation financière de l’État .......
    Autant valoriser la participation vu qu'il faut nourrir 6 millions de glandeurs fonctionnaires .....