Bilan hebdo : -2%

Bilan hebdo : -2%
bourse

Boursier.com, publié le vendredi 11 décembre 2020 à 17h45

Dans un marché redevenu nettement plus calme après l'envolée de 20% enregistrée au mois de novembre, le CAC40 a reperdu une centaine de points cette semaine à 5.510 pts (-2%)... L'euphorie du mois dernier avait été entretenue par les espoirs de vaccins contre le coronavirus après les bonnes nouvelles en provenance des laboratoires Pfizer, Moderna ou encore AstraZeneca.
Sur la semaine écoulée, les prises de profits l'emportent désormais, alors que les marchés se montrent plus prudents, craignant pour la vigueur de l'économie mondiale malgré les nouveaux soutiens monétaires affichés par la Fed et la BCE.
De plus, la situation sur le Brexit tourne à l'impasse, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a évoqué jeudi soir la "forte possibilité" d'une rupture sans accord avec l'Union Européenne. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a aussi estimé que le 'no-deal' était désormais plus probable. Les négociations continuent toutefois jusqu'à dimanche...

ECO ET DEVISES

Concernant le tant attendu plan de relance de l'activité aux États-Unis, les choses n'évoluent pas plus... Les législateurs américains demeurent partagés sur la question, les pierres d'achoppement portant notamment sur les protections des responsabilités, ainsi que les aides aux Etats et gouvernements locaux. Par ailleurs, les tensions sino-américaines restent élevées, la FCC américaine ayant demandé aux groupes US de retirer les équipements conçus par les Chinois Huawei et ZTE. Pour l'heure, le fameux accord commercial de 'phase 1' arraché par Donald Trump avec Pékin reste intact, la Chine procédant à des représailles limitées...

Côté vaccins, après le Royaume-Uni, les États-Unis s'apprêtent comme prévu à valider le candidat vaccin de l'Américain Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech contre le Covid-19. Le comité d'experts indépendants auprès de la Food & Drug Administration (FDA) s'est ainsi exprimé hier majoritairement en faveur d'une autorisation du vaccin, ce qui devrait amener la FDA à approuver l'utilisation de ce dernier. Les experts indépendants ont jugé par 17 voix contre 4 que les avantages du vaccin étaient supérieurs aux risques chez les personnes de 16 ans ou plus. Ainsi, la FDA devrait s'appuyer sur cet avis consultatif pour autoriser le vaccin et son utilisation en urgence dans les jours prochains, probablement demain en vue d'un déploiement immédiat.
En début de semaine, le Royaume-Uni était devenu le premier pays occidental à entamer une campagne de vaccination en déployant ce même vaccin de Pfizer / BioNTech. Le Canada a approuvé avant-hier l'utilisation du vaccin.

En revanche, le Français Sanofi et son partenaire GSK ont annoncé que la conduite de leur programme de vaccin adjuvanté à protéine recombinante contre le Covid-19 était retardée afin d'améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées. Chez des adultes âgés de 18 à 49 ans, les résultats intermédiaires de l'étude de phase I/II ont montré une réponse immunitaire comparable à celle des patients qui se sont rétablis d'une infection Covid-19, mais une faible réponse immunitaire chez les adultes plus âgés, potentiellement attribuable à une concentration insuffisante d'antigènes.

Star de la semaine à Wall Street, Airbnb a plus que doublé de valeur dès son arrivée sur le marché jeudi. Le titre de la plateforme de location touristique entre particuliers s'est envolé de 113% pour son premier jour de cotation hier, terminant à 144,71$ sur le Nasdaq. Pourtant, l'IPO avait été finalement pricée déjà au-dessus du haut de la fourchette indicative. La capitalisation boursière d'Airbnb dépasse donc déjà les 100 milliards de dollars...
DoorDash a aussi flambé de 85% mercredi pour son introduction à Wall Street. Le dossier capitalise 66 milliards de dollars sur la cote américaine.
L'euro reste ferme sur les 1,21/$, tandis que le baril de Brent culmine au-dessus des 50$.

LES VALEURS

SES Imagotag monte de 16% après de nouveaux contrats, suivi de Crit (+12%) et de Nanobiotix. Cola grimpe de 10% avec EOS, Hexaom et Linedata.

Derichebourg grimpe de 8% avec AST Groupe et Valneva, Technicolor et Tessi.

Wavestone : +7% avec Remy Cointreau, Nexans, Worldline, et M6.

Vivendi : +4% avec Bolloré, Eurofins

A la baisse, Solutions30 chute de 23%. Toujours dans la tourmente suite aux accusations dont le groupe fait l'objet qualifiées par la direction "de nouvelles tentatives de déstabilisation de l'entreprise et de ses actions".
Un rapport anonyme accuse la société d'avoir des liens avec la mafia italienne, d'être liée à des personnes à la réputation sulfureuse, ou encore de manquer de clarté dans la composition de son périmètre.

Innate redescend de 22% avec STM (-14%) sur des prévisions de moyen terme revues en baisse et Figeac (-11%)

Balyo : -10% avec AKKA, SMCP, Gensight

Société Générale : -9% suivi de Genfit et Elis

Crédit Agricole : -7% avec EDF, BNP Paribas (-6%) et Getlink

Orange : -6% avec Lagardère, Bouygues, Icade, Sodexo, Sanofi, Air France KLM

Thales : -5% avec Accor, Natixis et LafargeHolcim

ZOOM DE LA SEMAINE

Innate Pharma chute donc de 22%, après avoir annoncé qu'elle retournera les droits commerciaux de Lumoxiti (moxetumomab pasudotox-tdfk) aux Etats-Unis et en Europe à AstraZeneca. Innate avait pris en licence les droits commerciaux de Lumoxiti aux Etats-Unis et en Europe auprès d'AstraZeneca en octobre 2018. Lumoxiti est un médicament approuvé par la FDA2 aux Etats-Unis pour le traitement de certains patients atteints de leucémie à tricholeucocytes en rechute ou réfractaire.
Les sociétés vont développer un plan de transition, incluant un accord sur les coûts et les délais du transfert des droits de commercialisation et de la distribution de Lumoxiti aux Etats-Unis à AstraZeneca en 2021. AstraZeneca restera titulaire de la demande d'autorisation de mise sur le marché en Europe.
"Depuis l'acquisition de Lumoxiti auprès d'AstraZeneca, nous nous sommes engagés à procurer ce traitement aux patients et aux professionnels de santé aux Etats-Unis, et à avancer vers le stade de commercialisation en Europe. Cependant, nous avons déterminé que garder Lumoxiti dans notre portefeuille avait une faible valeur stratégique pour nous en raison de ventes plus faibles qu'anticipées, aggravées par la pandémie de COVID-19. Ceci nous a amené à prendre la décion de re-prioritiser nos investissements vers notre portefeuille de R&D, " commente Mondher Mahjoubi, Président du Directoire d'Innate Pharma. " Nous continuerons de nourrir nos programmes de R&D d'une démarche commerciale, qui sera déterminante pour le développement et la future commercialisation des actifs de notre portefeuille."
Dans le cadre de cette décision, Innate réduira dès à présent ses opérations commerciales aux Etats-Unis ; cependant, elle maintiendra le service support approprié aux patients et aux clients, ainsi que l'approvisionnement du produit, durant toute la période de transition.
En Europe, Innate ne poursuivra pas les activités réglementaires et commerciales pour Lumoxiti...
Les impacts comptables seront présentés dans les résultats financiers au 31 décembre 2020. Pour rappel, la valeur nette comptable des immobilisations incorporelles pour Lumoxiti s'élevait à 45,2 millions d'euros au 30 juin 2020.
Les autres accords avec AstraZeneca demeurent inchangés, précise le groupe...
Portzamparc parle d'une nouvelle "très surprenante et décevante" qui montre qu'Innate n'est pas encore prête à assumer des responsabilités commerciales... Rappelons que l'objectif principal de l'acquisition de Lumoxiti était de "s'exercer" à déployer une force commerciale afin, à terme, de créer des synergies pour la commercialisation future de ses propres produits. "Malheureusement le crash test a été plus rude que prévu et la société se voit contrainte de reculer pour mieux sauter" souligne l'analyste qui abaisse du coup son TP de 9,3 à 7,3 euros.

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