Bilan hebdo : fin de série pour le CAC 40

Bilan hebdo : fin de série pour le CAC 40©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 18 juin 2021 à 17h45

La belle série s'arrête là ! Le retournement de tendance observé ce vendredi après-midi aura empêché le CAC40 de réaliser une semaine toute verte et, par la même occasion, d'aligner une cinquième semaine consécutive de progression. Sur cinq séances, l'indice vedette parisien abandonne 0,5% à 6.569 points. Il reste toutefois sur ses plus hauts de 20 ans...

La belle série s'arrête là ! Le retournement de tendance observé ce vendredi après-midi aura empêché le CAC40 de réaliser une semaine toute verte et, par la même occasion, d'aligner une cinquième semaine consécutive de progression. Sur cinq séances, l'indice vedette parisien abandonne 0,5% à 6.569 points. Il reste toutefois sur ses plus hauts de 20 ans...

L'évènement des derniers jours était bien entendu la décision de politique monétaire de la Fed. Sans surprise, la Réserve fédérale a opté pour le statu quo tout en adoptant un ton plus ferme concernant l'avenir à la lumière de la reprise économique plus forte que prévu aux Etats-Unis grâce à la campagne de vaccination de masse contre le Covid-19. Les nouvelles projections (les fameux 'dot plots') montrent que la Banque centrale devrait commencer à relever ses taux directeurs courant 2023, alors que dans ses précédentes projections de mars, elle ne voyait pas de resserrement monétaire avant 2024.

L'incertitude sur le calendrier du tapering (ndlr : réduction du montant des rachats d'actifs) reste par ailleurs forte après ce rendez-vous-même si Jerome Powel a affirmé qu'il "sera approprié d'envisager un projet de tapering lors de prochaines réunions si les progrès se poursuivent". Selon le patron de la Fed, les conditions d'un tapering pourraient être atteintes "plus rapidement que prévu".

La principale inquiétude pour les marchés reste l'évolution de l'inflation et le fait de savoir si cette dernière sera transitoire ou pas. L'évolution de la politique monétaire en dépend. Les débats à ce sujet restent nombreux, tant dans les salles de marché, qu'au sein des Banques centrales. Pour James Bullard, patron de la Réserve fédérale de Saint-Louis, à l'origine du décrochage des indices ce jour, la Fed devra remonter ses taux dès l'an prochain alors que l'inflation devrait rester plus élevée qu'attendu et ce pendant plus longtemps.

Si l'actualité entreprises est plus limitée en cette fin juin, la frénésie des introductions en bourse ne se dément pas, y compris à Paris. Ces derniers jours, Aramis, Omer-Decugis & Cie, TheraVet, namR, Affluent Medical ont ainsi fait leurs premiers pas. Des débuts compliqués pour Affluent, TheraVet, timides pour Aramis et Omer-Decugis, et très bons pour namR.

LES VALEURS

* LVMH (+2%) et Google Cloud ont noué un partenariat stratégique visant à accélérer l'innovation et développer de nouvelles solutions d'intelligence artificielle (IA) basées sur le cloud. Les deux entreprises uniront leurs forces pour permettre aux Maisons de LVMH - les différentes marques de luxe de l'entreprise - de créer de nouvelles expériences client personnalisées qui favorisent la croissance à long terme. Ce partenariat associe la créativité, les atouts, les capacités technologiques, la soif d'innovation et les positions reconnues des deux entreprises sur leurs marchés respectifs.

* Hermès (+1,2%) aligne les records en bourse, à plus de 1.200 euros. Preuve de l'optimisme qui entoure Hermès, le titre a fini dans le vert 18 fois au cours des 22 dernières séances ! Plombés l'an passé par la crise sanitaire, les grands noms de l'industrie ont déjà effacé ce passage à vide grâce à l'envolée des ventes en Chine, le plus grand marché des produits de luxe, et à un rebond plus fort que prévu aux États-Unis. Dernier exemple en date, Chanel, qui n'est pas coté en bourse, a indiqué mercredi anticiper une croissance à deux chiffres de ses ventes cette année. "Au moment où nous parlons, nous affichons depuis le début de l'année une croissance des ventes à deux chiffres par rapport à 2019 et nous ne voyons aucune raison pour que cette tendance change", a précisé Philippe Blondiaux à 'Reuters'. Le directeur financier de la marque fondée par Coco Chanel ajoutant : "nous avons dépassé ce que certains ont appelé l'achat de revanche, nous pensons que c'est un élan profond et durable, qui n'est peut-être pas vrai pour tous les acteurs de l'industrie du luxe mais qui l'est pour les grandes marques qui ont continué à investir comme nous l'avons fait".

* Eurofins s'adjuge 6,8%, au plus haut historique à plus de 90 euros. Le groupe de laboratoires d'analyses a notamment bénéficié d'un coup de pouce de Goldman Sachs qui a revalorisé le dossier de 100 à 105 euros tout en restant à l''achat'.

* GTT (+3%), après avoir reçu une commande de la part de son partenaire, le chantier naval coréen Hyundai Heavy Industries (HHI), pour la conception des cuves de quatre nouveaux méthaniers pour le compte d'un armateur européen. GTT réalisera le design des cuves des méthaniers qui offriront chacune une capacité de 200.000 mètres cubes et intégreront le système de confinement cryogénique à membranes Mark III Flex+ de GTT. La livraison des navires s'échelonnera entre le troisième trimestre 2023 et le premier trimestre 2024... "Une belle commande de plus de 35 ME selon nous, qui confirme la bonne dynamique commerciale", a commenté Portzamparc, qui reste à l''achat' sur le dossier en visant 87,30 euros.

A l'inverse, * McPhy plonge de 25%. Le spécialiste de l'hydrogène a averti que sa croissance annuelle pourrait s'avérer limitée en dépit d'un marché qui reste très porteur. Le groupe constate en effet des retards dans l'exécution de ses projets, ainsi que dans les prises de commandes fermes, ces dernières tardant à se matérialiser compte-tenu notamment du contexte sanitaire mondial, des restrictions y afférentes, et de l'attentisme de certains acteurs économiques dépendant de mécanismes de financement publics.

* Solutions 30 chute encore de 10%. Dans un entretien accordé à boursier.com, Gianbeppi Fortis, PDG de la société appelle les "actionnaires à voter l'approbation des comptes 2020. Il en va de leur intérêt car cela doit permettre au groupe de préserver sa valeur et sa capacité à rebondir". Et le dirigeant d'ajouter : "la priorité consiste à sortir de la situation de crise actuelle. Nous sommes au combat. De nouveaux managers sont arrivés, d'autres arrivent et nous apportent leurs compétences opérationnelles. Par la suite, si la bourse ne veut pas reconnaître nos atouts, toutes les options sont à l'étude dont une éventuelle sortie de la cote".

* Eramet abandonne 10% aussi, victime de la consolidation des matières premières après plusieurs semaines d'euphorie. La Chine a intensifié sa campagne de contrôle des prix des matières premières et de réduction de la spéculation dans le but d'atténuer la menace que fait peser la flambée des coûts des matières de base sur l'inflation et la reprise économique.

* Valeo cède 8% avec Faurecia (-7%). Le marché automobile européen a poursuivi son rebond en mai mais il reste toutefois encore bien en-deçà de son niveau pré-crise. Les immatriculations de voitures particulières neuves dans l'Union européenne ont en effet augmenté de 53,4% le mois passé, à 891.665 unités. 1,2 millions de voitures s'étaient vendues en mai 2019. L'Espagne a enregistré la progression la plus impressionnante le mois dernier (+177,8%), devant la France (+46,4%), l'Italie (+43%) et l'Allemagne (+37,2%). Au niveau des constructeurs, Stellantis devance nettement Renault en mai avec des immatriculations en hausse de 49,1% (+49,6% pour Peugeot) contre +22,5% pour le groupe au losange. Les immatriculations de Volkswagen ont bondi de 71,8% et celles de Toyota de 73%.

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