Bilan hebdo : le CAC40 consolide, la situation en Chine inquiète

Bilan hebdo : le CAC40 consolide, la situation en Chine inquiète
bourse

Boursier.com, publié le vendredi 24 janvier 2020 à 17h45

Le rebond de fin de semaine n'aura pas été suffisant. Le CAC40 cède 1,25% sur cinq séances, à 6.024 points ce vendredi soir. L'actualité a été très riche ces derniers jours avec bien sûr la propagation d'un coronavirus en Chine qui inquiète fortement les opérateurs. L'épidémie, qui a déjà fait plus de 25 morts, fait craindre un phénomène comparable à l'épisode de SRAS de 2003 alors que plusieurs centaines de millions de Chinois doivent voyager ce week-end à l'occasion du nouvel an lunaire. Pékin a d'ailleurs été contraint d'annuler les festivités prévues à cette occasion et les autorités locales continuent d'annoncer des mesures de restriction de la circulation pour tenter de limiter les risques d'extension de l'épidémie. La décision de l'Organisation mondiale de la santé de ne pas décréter de situation d'urgence internationale liée la propagation du coronavirus a néanmoins quelque peu rassuré les marchés ce vendredi.

Sur le front macroéconomique, la BCE n'a, comme attendu, pas touché à sa politique monétaire et a officiellement lancé l'examen en profondeur de sa stratégie qui pourrait aboutir à une redéfinition de l'objectif d'inflation et des moyens mis en oeuvre pour l'atteindre. Les indices flash IHS Markit de janvier ont pour leur part confirmé que la croissance du secteur privé est toujours au ralenti dans la zone euro, mais certains signes suggèrent que le pire pourrait être passé, notamment dans l'industrie.

Aux Etats-Unis, les opérateurs surveilleront la décision de la FED mercredi prochain. La Réserve fédérale continue à soutenir les marchés et la première réunion de l'année devrait déboucher sur un statu quo. Dans ce contexte, Wall Street a touché de nouveaux sommets cette semaine alors que la saison des trimestriels bat son plein. Tesla a également beaucoup fait parler en franchissant, pour la première fois, le cap des 100 milliards de capitalisation.

A Paris, les résultats de STMicroelectronics et Carrefour ont été salués. A l'inverse, Remy Cointreau et Soitec ont souffert alors qu'Ipsen s'est effondré après l'arrêt d'essais cliniques d'un traitement expérimental contre une maladie osseuse rare.

VALEURS EN HAUSSE

* STMicroelectronics bondit de 10,25%, les investisseurs ayant salué la solide publication du spécialiste des semi-conducteurs, avec un titre au plus haut depuis près de 18 ans ! Le groupe franco-italien a réalisé sur les trois mois clos fin décembre un chiffre d'affaires net de 2,75 milliards de dollars, une marge brute de 39,3%, une marge d'exploitation de 16,7% et un résultat net de 392 millions de dollars, soit 0,43 dollar par action après dilution. Des résultats supérieurs aux attentes du marché. STM a souligné que "la plupart des marchés ont montré des signes de stabilisation".

* bioMerieux remonte de 6,6%, bien aidé par une note d'analyste. Oddo BHF a en effet rehaussé de 'neutre' à 'acheter' sa recommandation sur la valeur tout en portant son objectif de 75 à 96 euros. Le groupe rhodanien dévoilera ses résultats annuels le 26 février prochain.

* Ubisoft avance de 5,9%. Oddo BHF a revalorisé le dossier de 65 à 78 euros tout en restant à l''achat'. Morgan Stanley et Jefferies avaient également maintenu leur avis positif sur la valeur vendredi dernier. Selon le consensus Bloomberg, 14 analystes sont à l''achat' sur l'éditeur de jeux-vidéo, 7 sont à conserver' et un seul à 'vendre'. L'objectif moyen à 12 mois est fixé à 69,85 euros. Le groupe dévoilera le chiffre d'affaires de son troisième trimestre financier le 6 février prochain. Ubisoft s'attend à réaliser un net bookings d'environ 1,45 MdE et un résultat opérationnel non-IFRS compris entre 20 et 50 ME sur l'exercice. Des objectifs revus à la baisse fin octobre 2019.

* Amundi grimpe de 5,3% après le rachat, pour 430 ME, de Sabadell Asset Management, un gestionnaire d'actifs leader en Espagne, avec 21,8 milliards d'euros d'actifs sous gestion. Le groupe français a également annoncé la signature d'un partenariat stratégique d'une durée de 10 ans portant sur la distribution des produits d'Amundi dans les réseaux de Banco Sabadell en Espagne.

* Carrefour s'adjuge 3,1%. Porté par une solide performance au Brésil et dans les magasins de proximité en France, le distributeur a vu sa croissance (à magasins comparables) accélérer au quatrième trimestre à 3,1%, après +2,3% au trimestre précédent. Une évolution qui porte le chiffre d'affaires à 21,743 milliards d'euros, un niveau globalement conforme aux attentes. La principale déception provient une nouvelle fois des hypermarchés pour lesquels l'activité a reculé de 3,4% en comparable, reflétant l'environnement de consommation dégradé en fin d'année et le poids des investissements en compétitivité. Le groupe a par ailleurs confirmé ses objectifs 2019, à savoir un bénéfice opérationnel d'environ 2,09 MdsE, soit une progression de 7,4% à changes et périmètre constants, et un résultat opérationnel courant en France en croissance à deux chiffres.

VALEURS EN BAISSE

* Ipsen s'effondre de plus de 22,8%. Le groupe pharmaceutique a annoncé la suspension de l'arrêt d'essais cliniques d'un traitement expérimental d'une maladie osseuse rare. Ipsen est actuellement en train d'estimer l'impact financier de ces récents développements, notamment sur ses perspectives financières 2022, et les mettra à jour dans le cadre de la publication de ses résultats annuels pour 2019 en février prochain.

* Remy Cointreau chute de 15,6%. Le groupe de spiritueux a déçu en dévoilant un recul bien plus marqué qu'attendu de ses ventes à périmètre constant au troisième trimestre. Sur la période, les revenus sont ressortis à 290,2 millions d'euros, en recul de 11,3%, là où le consensus ne tablait que sur un repli de 6%. Les ventes de cognac ont notamment reculé de 7,6%, quand les analystes misaient sur une baisse de 2,3%. Rémy Cointreau n'a pas été épargné par les troubles politiques qui secouent Hong Kong tandis que la propagation du coronavirus en Chine inquiète aussi alors que la firme réaliserait environ 20% de ses bénéfices dans le pays.

* Soitec plonge de 10,8%, sanctionné après le net ralentissement de sa croissance au troisième trimestre de son exercice 2019-2020. Le groupe isérois a dévoilé un chiffre d'affaires de 135 millions d'euros, en hausse de 15,9% et de 11,3% à périmètre et taux de change constants. Une progression nettement moins importante que les hausses de 46,4% et 30% observées au cours des deux premiers trimestres de l'exercice. Le spécialiste des matériaux semi-conducteurs innovants continue malgré tout d'anticiper pour l'ensemble de l'exercice 2019-2020 une croissance interne de son chiffre d'affaires autour de 30%, associée à une marge d'EBITDA de l'activité Électronique autour de 30% sur la base d'un taux de change euro / dollar de 1,13.

* Renault abandonne 7,5%, au plus bas depuis la fin 2012. Citigroup a dégradé le titre du constructeur automobile à 'vendre', tout en réduisant fortement son objectif de cours de 52 à 30 euros. Selon le broker, les attentes du consensus sur les volumes du marché sont trop élevées pour 2020. Concernant plus précisément Renault, Citi affirme que le marché n'a pas encore pris conscience de "l'énormité des défis" auxquels le groupe est confronté. La firme est plus vulnérable à la volatilité des volumes de voitures en raison de son modèle économique intégré verticalement. Fortement pressenti pour prendre la succession de Thierry Bolloré au poste de directeur général de Renault, Luca de Meo pourrait par ailleurs être officiellement nommé dans les prochains jours.

* Air France KLM cède 8,9%, fortement pénalisé par la propagation du coronavirus en Chine ! A la suite des informations parues dans la presse prêtant un intérêt de la compagnie franco-hollandaise pour 49% du capital de Malaysia Airlines, le transporteur national a par ailleurs indiqué être entré en contact avec les actionnaires de la compagnie malaisienne, "mais à ce stade, Air France n'est pas partie prenante au processus de vente de Malaysia Airlines". Le broker Davy a également dégradé le dossier à 'neutre' "sur la base de bénéfices limités du plan de restructuration à court terme. Globalement, Davy pense néanmoins que le secteur aérien européen est sur une trajectoire ascendante, d'un point de vue structurel mais également cyclique.

* LVMH (-5,2%) et Kering (-6,1%) n'ont pas été épargnés par la situation en Chine. Le pays est une zone stratégique pour l'industrie du luxe et la propagation du coronavirus laisse craindre un ralentissement des ventes dans la région.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.