Bilan hebdo : le CAC40 corrige de 12% !

Bilan hebdo : le CAC40 corrige de 12% !
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Boursier.com, publié le vendredi 28 février 2020 à 17h45

L'épidémie de coronavirus qui a rapidement gagné l'Europe cette semaine et s'est étendue un peu partout dans le monde a eu raison de la résistance des marchés financiers, à l'image du CAC40 en chute de 12% sur la semaine à 5.310 pts.
La propagation du Covid-19 hors de Chine a entraîné une multitude d'annulations de manifestations, la dernière en date étant le salon de l'automobile de Genève. Les analystes redoutent un impact économique désormais bien supérieur à celui envisagé initialement. Les "warnings" se sont d'ailleurs multipliés à l'initiative de groupes comme Danone, SMCP et bien évidemment du côté des transports avec Air France KLM...

La cote américaine s'est enfoncée elle aussi avec plusieurs séance historiques de repli dépassant les 4% en moyenne. Sur les devises, l'euro est remonté sur les 1,10/$ sur l'anticipation d'une baisse prochaine des taux de la Fed qui pourrait intervenir plus tôt que prévu pour tenter d'éteindre l'incendie. Le pétrole s'est lui un peu plus enfoncé pour retrouver le seuil des 50$ le baril de brent. L'or retombe aussi à 1.588$ l'once ce soir.

Les principaux indices boursiers américains affichent déjà leur pire performance hebdomadaire depuis la crise financière de 2008-2009 consécutive à l'effondrement de la banque d'affaires Lehman Brothers. En 6 jours seulement, le S&P, indice large américain, a décroché de plus de 10% ! Cette sanction brutale s'est produite alors que les marchés américains caracolaient sur leurs plus hauts niveaux historiques. En l'espace de 6 jours de bourse, les marchés actions mondiaux ont ainsi perdu environ 6.000 milliards de dollars de valeur, dont environ 4.000 milliards de dollars uniquement à Wall Street...

Dans le même temps, la probabilité d'un assouplissement monétaire de la Fed ne cesse donc de croître à mesure que la correction boursière se confirme. Le taux des fonds fédéraux est actuellement logé entre 1,50 et 1,75%, et pourrait baisser d'un quart ou d'un demi-point à 1,25-1,50% ou 1-1,25% le 18 mars prochain selon l'outil FedWatch du CME Group, qui évalue à 52,8% la probabilité d'un assouplissement d'un quart de point et 47,2% la 'proba' d'une baisse d'un demi-point.

De toute évidence, et comme l'a reconnu encore ce vendredi la Bundesbank, le virus aura des conséquences économiques "significatives". Jens Weidmann, dirigeant de la banque centrale allemande, a ainsi prévenu que l'économie allemande allait probablement progresser plus lentement que prévu cette année du fait du coronavirus. Weidmann juge néanmoins qu'il n'y a pas dans l'immédiat besoin d'une réaction de la BCE...

VALEURS EN HAUSSE

Solocal : +5% après avoir affiché un résultat net bénéficiaire en 2019. Le groupe a confirmé l'arrêt de son activité Imprimés fin 2020 pour se concentrer dans le digital qui a enregistré une croissance de 7,4% au dernier trimestre 2019. Solocal va généraliser cette année à tous ses clients un modèle par abonnement et espère stabiliser son parc de clients. Le "nouveau Solocal" se veut ainsi 100% digital, en croissance, avec une marge d'EBITDA supérieure à 30% et une importante génération de cash flow d'exploitation. Pour 2020, Solocal confirme le retour à la croissance du chiffre d'affaires Digital au second semestre 2020 ainsi que l'accélération de la croissance de l'EBITDA Digital. Solocal vise cette année des flux de trésorerie d'exploitation d'au moins 90 millions d'euros.
Du côté des éléments moins positifs, l'endettement financier a augmenté de près de 100 ME l'an dernier pour s'établir à 422 ME au 31 décembre 2019. Cette hausse est à mettre en perspective des décaissements non récurrents de 140 ME par Solocal en 2019, provenant de la mise en place du plan de transformation et notamment du plan de sauvegarde l'emploi. L'effectif du groupe au 31 décembre 2019 est descendu à 3.159 personnes dont 49% de commerciaux.

Seb : stable, alors que le groupe a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de 7.354 ME, en progression de 8%, incluant une croissance organique de 5,8%, un effet devises de +1% (71 ME) et un effet périmètre de +1,2% (75 ME), lié à la consolidation de Wilbur Curtis sur 11 mois et de Krampouz sur 3 mois. Cette dynamique provient de ventes Grand Public en croissance ferme, de 5,2% à tcpc, nourrie par toutes les zones géographiques et toutes les lignes de produits, d'une Activité Professionnelle qui a poursuivi son développement rapide, à +12,1% à tcpc, malgré une base 2018 exigeante.
Le Groupe a réalisé en 2019 un Résultat Opérationnel d'Activité (ROPA) de 740 ME. En 5 ans, le groupe a ainsi doublé son ROPA publié. En croissance de 6,5% par rapport au ROPA 2018, il intègre un effet devises légèrement négatif (-5 ME, contre -45 ME en 2018) ainsi que des effets périmètre (+9 ME, pour Wilbur Curtis et Krampouz) et méthode (IFRS 16, pour +9 ME).
Reflétant notamment un niveau plus élevé de charges non récurrentes, le Résultat net part du Groupe s'élève à 380 ME, contre 419 ME en 2018. Il s'entend après charge d'impôt de 131 ME, représentant un taux d'impôt effectif pour l'exercice 2019 de 23,5%, et après intérêts des minoritaires de 49 ME (43 ME en 2018), dont l'accroissement reflète les performances de Supor en Chine.
Le Conseil d'Administration, dans sa séance du 25 février 2020, a proposé de distribuer, au titre de l'exercice 2019, un dividende de 2,26 euros par action, en croissance de 5,6%. Celle-ci reflète à la fois les bonnes performances de 2019, notamment en matière de rentabilité opérationnelle, ainsi que la confiance du Conseil dans la poursuite du développement du Groupe, malgré l'absence de visibilité liée à Covid19... Pour les actionnaires détenteurs d'actions inscrites au nominatif depuis plus de 2 ans, le dividende sera majoré d'une prime de fidélité de 10%, portant le dividende à 2,49 euros par action (détentions inférieures à 0,5% du capital). La date de détachement du coupon de l'action est fixée au 22 mai et celle du paiement du dividende au 26 mai 2020.
Le Groupe SEB dispose de 42 sites industriels dans le monde, dont 7 en Chine qui produisent à la fois pour le marché domestique chinois et pour le reste du Groupe qui précise : "Pour ce qui est de l'activité industrielle en Chine, 6 usines sur 7 ont repris leur activité entre le 17 février et le 24 février, selon les sites, avec une montée en puissance progressive en fonction de la disponibilité de nos employés. Nous estimons à ce stade un retour à pleine capacité de production à fin mars.
Concernant notre septième usine à Wuhan, les autorités chinoises n'envisagent pas la levée de la quarantaine avant mi-mars. Dans ces circonstances, Supor transfère les productions les plus urgentes de Wuhan vers d'autres sites ou vers des sous-traitants. Par ailleurs, la quasi-totalité des sous-traitants ont relancé leurs productions avec une accélération progressive. Nos stocks sont à ce jour suffisants pour faire face aux besoins. En ce qui concerne l'activité commerciale, la Chine reste le pays le plus touché. La perte de chiffre d'affaires pour le 1er trimestre est actuellement estimée autour de 250 ME (comprenant l'impact très pénalisant de Covid-19 et l'effet de l'historique élevé du Chinese New Year de début 2019)" précise le groupe.
Portzamparc parle d'une nouvelle année de qualité pour SEB, qui affiche toujours une croissance organique de plus de 5% et une bonne maîtrise de ses coûts d'accompagnements. Le groupe sera donc toutefois sévèrement impacté par le COVID-19... "Nous anticipons à présent un CA 2020 Chine en retrait de -8,2% freinant ainsi nettement la croissance organique groupe à +2,2%. Nous révisons notre objectif de 161 à 142 euros et conservons notre opinion 'Renforcer' malgré la perte de visibilité" conclut l'analyste.

VALEURS EN BAISSE

Air France KLM dégringole de 25% dans le secteur aérien qui ne cesse de revoir en baisse ses prévisions de vols. ADP suit, en repli de 20%. Airbus recule de 18%.

Compagnie des Alpes : -22% souffre avec les autres valeurs "tourisme" comme Pierre et Vacances ou Accor (-16%)

Vallourec : -20% avec CGG (-18%) dans le sillage de l'effondrement du baril sur les 50$

SMCP : -20% après son gros warning dans le secteur du luxe.

Crédit Agricole : chute de 19% avec BNP Paribas et SG. Coface recule de 17% avec Amundi et Natixis (-15%) et

Renault : -17% avec Bolloré, Publicis, Virbac et STM (-15%)

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