Bilan hebdo : le CAC40 grimpe encore de près de 2%

Bilan hebdo : le CAC40 grimpe encore de près de 2%
bourse
A lire aussi

Boursier.com, publié le vendredi 27 novembre 2020 à 17h45

Avec un nouveau gain hebdomadaire de 1,8%, de retour sur les 5.600 pts (5.598 pts en clôture), le CAC40 a poursuivi sa remontée fantastique de 1.100 pts en l'espace de trois semaines ! L'euphorie a été entretenue par les espoirs de vaccins contre le coronavirus après les bonnes nouvelles en provenance des laboratoires Pfizer, Moderna ou encore AstraZeneca... Si des inconnues persistent, la perspective de pouvoir commencer à vacciner les populations fin 2020 ou début 2021 constitue une avancée majeure vers un retour à la normale de l'activité économique dans le monde, alors que la pandémie continue à sévir en particulier des deux côtés de l'Atlantique.
Les valeurs qui avaient le plus souffert des mesures de restriction sanitaires et du confinement ont continué de remonter la pente, à commencer par les dossiers industriels.

ECO ET DEVISES

Le baril de brut est aussi remonté sur les 48$ le brent, alors que les opérateurs attendent fébrilement la prochaine décision de l'Opep+ sur ses quotas de production. L'indice dollar perd 0,2% face à un panier de devises de référence. L'euro grimpe ainsi à 1,1960/$ entre banques.
L'optimisme persiste concernant les potentiels vaccins contre le coronavirus, malgré quelques doutes sur les résultats d'AstraZeneca du fait du manque de détails concernant le protocole le plus réussi de son étude, consécutif en fait à une erreur de dosage. Londres a demandé ce vendredi à l'Agence britannique de réglementation des médicaments et produits de santé (MHRA) d'évaluer le vaccin contre le Covid-19 développé par l'université d'Oxford et le laboratoire britannique AstraZeneca en vue de sa commercialisation. Le groupe pharmaceutique estime que 4 millions de doses pourraient être disponibles en Grande-Bretagne d'ici la fin du mois prochain, et le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, prévoit que le vaccin soit disponible avant Noël. Il s'agit donc désormais pour l'organisme de réglementation d'évaluer le vaccin d'AstraZeneca et de déterminer s'il correspond aux normes de sécurité. La MHRA évalue déjà le vaccin à mesure que les données de sécurité et efficacité sont publiées.
En outre, le fabricant du vaccin russe Spoutnik V contre Covid-19 a proposé hier à AstraZeneca de le combiner avec sa propre version pour en augmenter l'efficacité. Les autorités russes estiment que Spoutnik V est efficace à 92%.

LES VALEURS

Vallourec grimpe encore de 46% dans le secteur pétrolier, suivi d'autres "cycliques" comme Plastic Omnium (+23%) qui se renforce dans l'hydrogène, Burelle (+26%), Plastivaloire (+22%), CGG (+21%), Figeac (+16%) et Eramet (+15%). Renault grimpe aussi de 11% avec Valeo (+9%), Nexans et EDF (+8%).

Du côté des plus petits dossiers Navya reprend 43% suivi de Gensight (+41%), Abionyx (+37%) et Nanobiotix (+28%).

Air France KLM reprend encore 29% Balyo (+26%) et Quadient dans un marché spéculatif.

A la baisse, Genomic redonne 11%, suivi de JC Decaux (-7%) et de ADP (-4%) avec Ipsen et Atari. Les écarts sont ensuite plus medestes avec Bolloré, Icade, Eurofins (-3%) et Interparfums (-2%). Parmi les petites capitalisations, SQLI reperd 2%.

ZOOM DE LA SEMAINE

EDF a repris 8%, au plus haut depuis le début du mois de mars. La valeur a été dopée par la spéculation entourant son projet de réorganisation... Selon 'Les Echos' qui citent plusieurs sources, "les planètes commencent à s'aligner" entre la Commission européenne et les pouvoirs publics français pour refondre la réglementation de l'électricité nucléaire et l'organisation de son champion EDF". Une information qui va dans le sens des dernières déclarations de Barbara Pompili. Il y a deux semaines, la ministre de l'Écologie a en effet déclaré, lors d'une audition au Sénat, que les discussions entre Paris et Bruxelles sur une nouvelle réglementation du nucléaire en France sont en voie d'achèvement.
L'Etat, qui détient 84% d'EDF, cherche à obtenir l'approbation des autorités européennes pour réformer l'industrie du nucléaire et donner davantage de moyens à l'électricien national. La réglementation actuelle permet à des concurrents comme Total et Engie d'acheter plus d'un quart de la production nucléaire française d'EDF à 42 euros le mégawattheure. Un montant jugé insuffisant par EDF pour financer la maintenance des réacteurs et investir dans de nouveaux. Selon le quotidien, "EDF devrait pouvoir bénéficier dans les années à venir de la garantie d'un prix fixe versé pour la vente de l'ensemble des mégawattheures produits par ses centrales". Si aucun accord n'a encore été trouvé, "le nouveau prix devrait se situer entre 45 et 50 euros".
Quant à la réorganisation stricto-sensu, deux projets seraient encore sur la table. "Le premier, favorisé par EDF, consisterait à filialiser ses activités commerciales et hydrauliques, en dessous d'une tête de groupe qui porterait les activités nucléaires, 'EDF Bleu'". Le second, imaginé sur le modèle de la SNCF, "se traduirait par la séparation du groupe en trois piliers, sous un holding de tête : un EDF Bleu regroupant le nucléaire et RTE, les barrages dans un EDF Azur et un EDF Vert regroupant les énergies renouvelables, Enedis et les activités commerciales de vente d'électricité".
Cette réorganisation continue à être contestée par une partie des salariés de l'électricien national. Hier, un mouvement de grève a entrainé une baisse marquée de la production d'électricité d'origine nucléaire en France, selon les données compilées par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE. Selon EDF, la part des salariés grévistes a atteint 31,7%.
Jefferies ('achat') affirme que dans le scénario d'une restructuration d'EDF combiné à un prix réglementé du nucléaire dans la fourchette évoquée par la presse, le titre pourrait bondir de 20 à 40%. Selon JPMorgan ('surpondérer'), l'évolution vers un prix fixe pour la vente de l'électricité nucléaire est "clairement positive", offrant plus de visibilité et de stabilité sur les bénéfices et un potentiel de valorisation plus élevé pour le titre. Enfin, AlphaValue estime que cet accord permettrait surtout à EDF d'être "soulagé de l'épine dans le pied qu'est le nucléaire" puisque cette unité serait nationalisée. Le projet est un "véritable catalyseur positif" pour EDF et devrait se concrétiser au cours du premier semestre 2021.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.