Bilan hebdo : le CAC40 limite la casse

Bilan hebdo : le CAC40 limite la casse
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Boursier.com, publié le vendredi 17 avril 2020 à 17h45

La perspective d'une récession mondiale historique, des indicateurs de conjoncture catastrophiques aux Etats-Unis, 22 millions de postes détruits en un mois sur le marché de l'emploi américain, un baril de pétrole qui se négocie au plus bas depuis 2002 (pour le WTI), une contraction de l'activité chinoise plus observée depuis des dizaines d'années, des coupes de dividendes massives de part et d'autre de l'Atlantique, des déficits publics appelés à exploser, des résultats trimestriels attendus en forte baisse aux premier et deuxième trimestre, et un bilan sanitaire dû à la pandémie de Covid-19 qui ne cesse de gonfler. Voici une liste, loin d'être exhaustive, des nombreux nuages présents au-dessus de la tête des investisseurs.

Et pourtant, l'heure est à l'éclaircie dans les salles de marché... Le CAC40 reprend 3,4% ce vendredi même s'il affiche un repli de 0,55% sur quatre séances, à 4.499 points ce vendredi soir. A Wall Street, le Nasdaq affiche à l'heure actuelle un rebond hebdomadaire de près de 5% et perd désormais moins de 5% depuis le début de l'année... Autant dire que pour les stars de la tech américaine, la crise n'est quasiment plus qu'un mauvais souvenir. Le DJ et le S&P500 ont eux repris plus de 25% depuis leur plus bas du mois de mars.

Les opérateurs semblent en fait miser sur le plan présenté, jeudi soir, par Donald Trump, pour un redémarrage en 3 étapes de la vie économique aux Etats-Unis. Les gouverneurs des Etats seront chargés du calendrier de sortie de crise. Le président a indiqué que les Etats qui remplissaient les conditions pouvaient engager dès ce vendredi la première phase du processus. Il a estimé que 29 Etats devraient être en mesure de rouvrir leur économie sous peu. Les marchés ont également été encouragés en fin de semaine par les premiers résultats prometteurs d'un essai clinique sur un traitement potentiel du coronavirus de Gilead Sciences, le remdesivir.

Les investisseurs peuvent également continuer à compter sur le soutien des gouvernements et des Banques centrales pour relancer la machine. Christine Lagarde a par exemple répété que la Banque Centrale européenne était prête à utiliser tous ses outils à disposition pour soutenir l'économie du Vieux continent face à la crise provoquée par la pandémie de Covid-19.

Du côté des valeurs, les publications des poids lourds L'Oréal et LVMH ont tendance à rassurer avec une activité qui a mieux résisté que prévu au premier trimestre, alors qu'aux Etats-Unis, les résultats des grands établissements de Wall Street portent clairement la trace de la crise avec des milliards de dollars de provisions pour créances douteuses inscrits dans leurs comptes.

LES VALEURS

* Lagardère flambe de près de 20%. Le management est en plein conflit avec Amber Capital. Depuis longtemps très critique envers la gouvernance de l'entreprise, le fonds souhaite désormais un renouvellement total du conseil de surveillance lors de la prochaine assemblée générale du groupe prévue le 5 mai prochain. Mais selon des indiscrétions obtenues par 'Les Echos', "Marc Ladreit de Lacharrière et sans doute Vincent Bolloré, sont en train de voler au secours d'Arnaud Lagardère". Si aucun des deux hommes d'affaires français n'a franchi le seuil des 5% du capital, niveau qui oblige les acquéreurs à révéler leurs positions auprès de l'AMF, "Marc Ladreit de Lacharrière a pris une participation dans Lagardère, de même que, probablement, Vincent Bolloré". Le quotidien économique précise que "l'idée de ces grands noms du capitalisme français, autrefois proches du père d'Arnaud, Jean-Luc Lagardère, serait d'aider un dossier de place à se régler amicalement".

* SES grimpe de 12%, bien aidé par une note d'Oddo BHF. Le broker est en effet passé à l''achat' sur la valeur.

* L'Oréal progresse de 2,2% après avoir publié un chiffre d'affaires de 7,22 milliards d'euros au premier trimestre, en repli de 4,3% en données publiées et en baisse de 4,8% à périmètre et taux de change constants. Le 30 mars dernier, le géant des cosmétiques avait indiqué s'attendre à une baisse de ses ventes d'environ 5% au premier trimestre par rapport à la même période de 2019. L'Oréal avait alors suspendu ses perspectives pour 2020 en raison du manque de visibilité causé par la crise du coronavirus. Le management s'attend "à une reprise rapide des ventes de cosmétiques une fois que les mesures de confinement décidées par les gouvernements pour combattre la pandémie de coronavirus seront levées. Ainsi, la Chine - région qui représente sa plus importante source de revenus - "montre d'ores et déjà une reprise encourageante de la consommation de produits de beauté", maintenant que les mesures de confinement sont en grande partie levées.

* LVMH s'adjuge 1,7%. Les investisseurs ont apprécié la publication trimestrielle du numéro un mondial du luxe, dont l'activité a plutôt mieux résisté que prévu en début d'année. Le groupe, qui avait indiqué fin mars s'attendre à une contraction comprise entre 10 et 20% au cours de trois premiers mois de 2020, a réalisé au premier trimestre un chiffre d'affaires de 10,6 milliards d'euros, en baisse de 15% en données publiées et de 17% en organique.

* Safran avance de 1%. Durement secoué, comme l'ensemble de l'industrie aéronautique, par la crise du Covid-19, le titre du groupe de défense et de haute technologie bénéficie enfin d'une bonne nouvelle sectorielle puisque Boeing a annoncé jeudi soir qu'il allait reprendre la semaine prochaine la production de ses appareils commerciaux dans l'Etat de Washington. Quelque 27.000 salariés vont ainsi recommencer à fabriquer des 747, 767, 777 et 787.

A l'inverse, * Publicis chute de 11,7%. Le numéro trois mondial de la publicité a annoncé le lancement d'un plan d'économies de 500 millions d'euros "pleinement effectif en 2020" et proposé de réduire son dividende de moitié pour s'adapter à la dégradation du marché publicitaire liée à la pandémie de coronavirus. Il a par ailleurs dévoilé un chiffre d'affaire trimestriel de 2,48 milliards d'euros, en repli de 2,9% en données organiques (hors effets de change et changements de périmètre). Le groupe a confirmé qu'il ne pouvait donner aucune indication sur ses perspectives "compte tenu de l'ampleur, de la complexité et de la durée probable de la crise".

* Europcar Mobility Group plonge de 11,3%. Mis à mal par la chute de l'activité touristique liée à la pandémie de Covid-19, le loueur de voitures a indiqué que dans le cadre du plan de réduction de ses coûts et de préservation de ses liquidités annoncé le 23 mars dernier, il a finalisé le 13 avril ses premières lignes de financements garanties à 70% par l'Etat Espagnol pour un montant de 36 ME. Ces lignes de financements, d'une maturité de 3 ans pour ses deux filiales opérationnelles en Espagne - aux enseignes Europcar et Goldcar - visent à consolider la liquidité du Groupe. La firme continue ses démarches, dans le cadre des processus supervisés par le Ministère de l'Economie et des Finances, auprès de certaines de ses banques prêteuses en vue de l'obtention d'un financement additionnel garanti par l'Etat Français via la BPI.

* Maisons du Monde recule de 9,6%. Les ventes du groupe, globalement stables jusqu'au 15 mars, date à laquelle les fermetures de magasins européens se sont accélérées, ont diminué de 13% au premier trimestre (à taux de change courant) pour s'établir à 244 millions d'euros. Dans un contexte de préservation de la trésorerie, le Conseil d'administration a décidé de ne plus proposer de versement de dividende lors de l'assemblée générale des actionnaires qui se tiendra le 12 juin.

* EDF décroche de 8,8%, sanctionné après avoir revu en forte baisse sa prévision de production d'électricité nucléaire. Le groupe énergétique estime désormais que sa production nucléaire annuelle sera de l'ordre de 300 TWh en 2020 et comprise entre 330 et 360 chaque année en 2021 et en 2022. EDF avait produit 379,5 térawattheures d'électricité nucléaire en 2019.

* Groupe PSA enregistre l'une des plus mauvaises performances de la semaine sur le SBF120 avec une baisse d'environ 7,4%. Une baisse qui porte le repli du titre depuis le début de l'année à plus de 45%. A l'image de la situation en France, les ventes de véhicules neufs se sont effondrées de 55,1% en mars dans l'Union européenne. Selon les données de l'Association des constructeurs européens d'automobile dévoilées vendredi, les immatriculations de voitures de tourisme se sont élevées à 567.308 le mois dernier. Les mesures de confinement sur la plupart des marchés à partir du milieu du mois ont contraint la grande majorité des concessionnaires à fermer leurs portes durant la seconde quinzaine de mars, souligne l'ACEA. Le groupe au lion a vu ses immatriculations fondre de 68,1% sur la période !

* Air France KLM recule de 5,5%. Le temps tourne pour le transporteur qui continue de négocier avec l'Etat un plan de soutien afin de faire face à la crise sanitaire internationale qui cloue les avions au sol... Le gouvernement pourrait appeler les banques à contribuer à renflouer les caisses de la compagnie s'il venait à engager un plan de soutien, a déclaré jeudi soir le ministre de l'Economie et des Finances, sur BFM TV. "On peut très bien imaginer que l'effort soit partagé entre l'Etat et les banques", a-t-il dit, ajoutant qu'"on n'est pas obligé de considérer que c'est l'Etat tout seul qui doit apporter du capital à Air France". Plusieurs sources évoquent des montants compris dans une fourchette allant de 6 milliards d'euros à 10 milliards d'euros.

* Orange (-1%) semble traverser la crise sereinement et a confirmé ses objectifs, ne décelant aucune "déviation significative" par rapport à sa feuille de route financière établie pour 2020. En revanche, les actionnaires du groupe ne couperont pas à la diminution de son dividende. Le Conseil d'administration propose de le réduire de 0,70 euro à 0,50 euro par action, ce qui se traduirait par un solde de dividende à verser de 0,20 euro au lieu de 0,40 euro, sa date de paiement restant inchangée au 4 juin 2020.

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