Bilan hebdo : le CAC40 perd 6% !

Bilan hebdo : le CAC40 perd 6% !
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Boursier.com, publié le vendredi 15 mai 2020 à 17h45

Malgré un très léger sursaut ce vendredi, le CAC40 a accusé le coup cette semaine avec un repli hebdomadaire de 5,98%, à 4.278 points ce vendredi soir. La publication d'une hausse de la production industrielle en Chine au mois d'avril a quelque peu rassuré alors que l'incertitude quant à la vigueur de la reprise économique à venir reste forte au moment où les principales économies de la planète sortent du confinement.

Le regain de tension entre les deux premières puissances mondiales est venu s'ajouter aux inquiétudes liées à la crise sanitaire et économique après que Donald Trump eut déclaré qu'il ne souhaitait plus parler à Xi Jinping pour le moment. Le Président américain a listé un nombre de mesures de rétorsions possibles, concernant la gestion de la crise sanitaire et en cas de non-respect de l'accord commercial de phase 1.

Mercredi, Jerome Powel, le patron de la Fed avait également douché les espoirs de certains opérateurs en affirmant que l'économie américaine pourrait connaître une "période prolongée" de croissance faible conjuguée à une stagnation des revenus... Par ailleurs, le dirigeant a indiqué que la Réserve Fédérale prendrait de nouvelles mesures de soutien si nécessaire tout en excluant le recours à des taux d'intérêt négatifs. Au grand dam de Donald Trump.

Sur le Vieux continent, et sans surprise, l'économie de la zone euro a subi sur les trois premiers mois de l'année sa contraction la plus brutale depuis la création de la monnaie unique... et la dégradation de l'activité s'annonce encore plus importante au deuxième trimestre.

LES VALEURS

* Virbac est le grand gagnant de la semaine sur le SBF120 avec un titre qui affiche un gain de près de 10%. Le groupe azuréen a été porté par l'annonce de la cession de deux produits vétérinaires à MSD Santé Animale, une division de l'Américain Merck & Co. Sentinel Flavors Tabs et Sentinel Spectrum, deux antiparasitaires pour chiens, ont généré un chiffre d'affaires d'environ 70 millions de dollars en 2019. Ils avaient été repris à Eli Lilly début 2015, en échange de 410 M$, alors que la marque américaine réalisait à l'époque des revenus annuels de plus de 90 M$. La vente de ces deux produits devrait aujourd'hui rapporter 400 M$ en numéraire à Virbac (sous réserve des ajustements post-clôture usuels pour ce type d'opération).

* Maisons du Monde flambe de 8,2%, porté par les commentaires plutôt rassurants de la direction concernant la réouverture des magasins. Si la société a dévoilé un chiffre d'affaires trimestriel en baisse de 13,1% sur un an (-18,8% à périmètre comparable) et dit s'attendre à des ventes "significativement en baisse" au deuxième trimestre, elle anticipe un excédent brut d'exploitation positif au premier semestre. Lors de la conférence téléphonique avec les analystes, Julie Walbaum, la directrice général du groupe, a déclaré que dans les pays où les magasins étaient ouverts le 12 mai, les ventes avaient augmenté de 50% par rapport à l'année précédente, "bien qu'il soit trop tôt pour tirer des conclusions trop nombreuses". "Je peux certainement voir que les gens ont attendu la réouverture des magasins pour voir le produit, parler à une vraie personne et ensuite passer la commande", a souligné la dirigeante.

* Alstom s'adjuge 5,5%, le marché saluant la publication annuelle du groupe ferroviaire. Sur l'exercice clos fin mars, le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 8,2 milliards d'euros, en progression de 1% à données comparables et un résultat d'exploitation ajusté de 630 millions d'euros (+4%), conduisant à une marge de 7,7%. Alstom, qui a renoncé à verser un dividende pour cette année, estime que la crise sanitaire aura un impact négatif sur la performance financière de l'exercice 2020-2021 qu'il n'est pas en mesure d'évaluer à ce stade. Le management a néanmoins maintenu ses objectifs de moyen terme en termes de marge d'exploitation ajustée et de conversion du résultat net en cash-flow libre.

* Eutelsat avance de 4,8%. L'opérateur satellites a confirmé ses perspectives financières annuelles après avoir fait état d'un chiffre en repli de 6% à 322 millions d'euros au troisième trimestre. "Si l'évaluation des impacts sur les années suivantes reste en cours, la solidité de notre position financière, notre capacité à générer des flux de trésorerie élevés, ainsi que la combinaison de la résilience de nos activités historiques et des opportunités de croissance liées à la connectivité, sont autant d'éléments qui nous donnent pleine confiance dans notre faculté à être bien positionnés pour faire face aux défis posés par l'environnement actuel", a déclaré Rodolphe Belmer, DG de la firme. La société a souligné que sa position de liquidité à fin mars était largement supérieure à un milliard d'euros en incluant la trésorerie disponible ainsi que l'ensemble des lignes de crédit non utilisées.

* SES gagne 3,3%. L'opérateur satellites a profité de la publication d'Eutelsat mais a également été soutenu par une note de Kepler Cheuvreux qui a rehaussé à 'achat' sa recommandation sur la valeur en visant 10 euros contre 6 euros précédemment. Les analystes sont globalement assez positifs sur le dossier puisque, selon le consensus 'Bloomberg', 9 sont à l''achat', 7 à 'conserver' et 1 seul à 'vendre'. L'objectif à douze mois est fixé à 8,99 euros.

* Eramet s'adjuge 1% après avoir annoncé la cession de l'usine norvégienne de transformation d'ilménite de sa filiale TiZir pour un montant de 300 millions de dollars. Le site a enregistré un chiffre d'affaires de 154 ME et un EBITDA de 38 ME en 2019. Le prix de cession, payable à la date de réalisation de la transaction, correspond à une valeur d'entreprise représentant un multiple d'Ebitda d'environ huit.

A l'inverse, * Genfit chute de 74%. L'un des fers de lance de la biotech française cotée a subi un lourd échec. Les espoirs concernant sa principale molécule, l'Elafibranor, dans la Nash, la maladie du "foie gras" sont douchés avec les résultats de sa phase III. La différence du taux de réponse entre les patients traités à l'elafibranor et ceux ayant pris un placebo n'est pas significative. "Ces résultats sont très décevants, non seulement pour les équipes de Genfit, mais aussi pour les patients et les soignants puisqu'il subsiste un besoin médical non-satisfait considérable dans le domaine de la NASH", a annoncé le directeur général du groupe.

* Valeo plonge de 15%. Emporté par la baisse généralisée des marchés et les craintes sur le secteur automobile, l'équipementier n'a guère profité d'une note d'AlphaValue qui est passé de 'réduire' à 'accumuler' sur le dossier avec un objectif ajusté de 21,3 à 20,8 euros.

* CGG cède 14,3% après la publication de résultats trimestriels négatifs avec une perte nette de 98 M$. L'EBITDAs des activités atteint 123 M$, en hausse de 3%, pour un chiffre d'affaires des activités de 271 M$, en baisse de 4%. Le consensus Factset tablait sur une perte nette de 29 M$ pour des revenus de 265 M$. Dans la crise actuelle, la société explique se concentrer sur la gestion de sa liquidité, la réduction de ses investissements et des coûts cash, l'ajustement "si nécessaire" de son organisation et le maintien en parallèle de ses efforts de R&D. CGG dispose de 624 millions de dollars de trésorerie à fin mars et aucune dette obligataire à rembourser avant avril 2023.

* Technip décroche de 14,2%. Une baisse qui porte le passif de la valeur depuis le premier janvier à près de 68% ! Outre le recul appuyé des places boursières, la pression vendeuse sur le groupe parapétrolier a été accentuée par une note de Jefferies qui a dégradé le dossier à 'sous-performer' avec un objectif réduit de 7 à 6 euros.

* Groupe PSA rend 14,2%. La crise liée au Covid-19 n'aura, pour le moment du moins, pas eu raison du mariage entre le Groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles. Elle a en revanche conduit les deux constructeurs automobiles à renoncer à verser un dividende ordinaire de 1,1 milliard d'euros à leurs actionnaires respectifs. FCA et Groupe PSA, qui n'ont pas évoqué le dividende extraordinaire qu'ils sont également censés verser à leurs actionnaires au cours des prochains mois, ont en revanche confirmé que les préparatifs de la fusion 50/50 de leurs activités, annoncée en décembre 2019, avancent bien, notamment en ce qui concerne les réglementations antitrust et autres dépôts réglementaires. La réalisation de la fusion projetée doit intervenir dans les délais prévus, avant la fin du premier trimestre 2021, sous réserve des conditions de réalisation habituelles.

* Airbus trébuche de 12%. Face à la chute du marché aérien provoquée par la crise du Covid-19, l'avionneur européen réfléchirait à une restructuration qui pourrait impliquer des licenciements "importants", bien qu'aucune décision définitive n'ait encore été prise à ce sujet, selon des sources proches du secteur citées mercredi soir par l'agence 'Reuters'. De son côté, le quotidien britannique 'The Telegraph', citant des sources non identifiées, a affirmé mercredi que le groupe européen s'apprêtait à supprimer "plus de 10.000 emplois" sur ses quelque 136.000 salariés dans le monde (dont 54.000 en France). Il pourrait aller jusqu'à supprimer 10% de ses effectifs, soit plus de 13.000 postes, selon le quotidien britannique. Jusqu'à présent, Airbus a déclaré qu'aucune décision importante ne serait prise avant l'été, mais la crise du transport aérien s'est encore accentuée ces dernières semaines et les appels à l'aide des compagnies et des fournisseurs se multiplient.

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