Bilan hebdo : temps de pause

Bilan hebdo : temps de pause
bourse

Boursier.com, publié le vendredi 04 décembre 2020 à 17h45

Dans un marché redevenu nettement plus calme après l'envolée de 20% enregistrée au mois de novembre, le CAC40 a consolidé cette semaine dans la zone des 5.600 pts à 5.609 pts vendredi... L'euphorie du mois dernier avait été entretenue par les espoirs de vaccins contre le coronavirus après les bonnes nouvelles en provenance des laboratoires Pfizer, Moderna ou encore AstraZeneca. Si des inconnues persistent, la perspective de pouvoir commencer à vacciner les populations fin 2020 ou début 2021 constitue une avancée majeure vers un retour à la normale de l'activité économique dans le monde, alors que la pandémie continue à sévir en particulier des deux côtés de l'Atlantique.
Le laboratoire Moderna a déclaré cette semaine qu'il serait en mesure de fournir entre 100 millions et 125 millions de doses de son vaccin expérimental contre le Covid-19 à travers le monde durant le premier trimestre 2021. 85 à 100 millions de doses seront disponibles aux États-Unis et 25 millions de doses à l'étranger. Moderna s'attend à pouvoir produire entre 500 millions et 1 milliard de doses sur l'année 2021...
Pfizer a en revanche annoncé revoir à la baisse le nombre de doses de son vaccin contre le Covid-19 - conçu avec son partenaire allemand BioNTech - qu'il pourra produire d'ici la fin de l'année 2020. Le laboratoire américain évoque des difficultés dans la chaîne d'approvisionnement de matières premières utilisées. Le groupe avait indiqué ces dernières semaines qu'il s'attendait à produire 50 millions de doses cette année, objectif en baisse par rapport aux 100 millions de doses précédemment envisagées. Deux doses par personne sont nécessaires. Une porte-parole du groupe a déclaré à Reuters que "la mise à l'échelle de la chaîne d'approvisionnement de matières premières a pris plus de temps qu'attendu". Elle a aussi évoqué le retard des résultats des essais cliniques pour expliquer le nombre plus faible de doses attendues d'ici la fin de l'année. Les modifications apportées aux lignes de production sont désormais terminés et des doses sont produites à un rythme élevé, selon la porte-parole.
Le Wall Street Journal avait rapporté initialement cette information, citant une source non identifiée selon laquelle "certains des premiers lots de matières premières n'ont pas répondu aux normes", provoquant un retard de production. Pfizer a effectué le mois dernier une demande d'autorisation en urgence de son vaccin contre le coronavirus auprès du régulateur américain. Le vaccin a été approuvé pour la première fois mercredi par un pays occidental, le Royaume-Uni.
Du côté d'AstraZeneca et d'Oxford cette fois, l'agence Reuters relève que les deux partenaires ont donné des explications contradictoires sur la manière dont ils ont découvert la posologie la plus efficace pour leur candidat-vaccin contre le Covid-19. A l'occasion de la publication des résultats préliminaires il y a dix jours, le responsable de recherche d'AstraZeneca avait indiqué à Reuters qu'une demi-dose avait été administrée par inadvertance pour la première injection à certains des participants, ce qui s'est finalement révélé être un coup de chance. Un scientifique de l'Université d'Oxford a pour sa part déclaré lundi à Reuters que le vaccin à demi-dose avait été administré... délibérément après des consultations. "Il y a eu une certaine confusion suggérant que nous ne savions pas que nous donnions une demi-dose lorsque nous l'avons donnée. Ce n'est vraiment pas vrai", a déclaré le professeur Adrian Hill, directeur de l'Institut Jenner à l'Université Oxford, qui dirige les essais britanniques sur le vaccin. Rappelons que le sous-groupe à demi-dose avait obtenu une efficacité de 90%.

ECO ET DEVISES

Le rapport du Département américain au Travail sur la situation de l'emploi aux États-Unis pour le mois de novembre a fait ressortir seulement 245.000 créations de postes non-agricoles, deux fois moins que le consensus des économistes, contre un niveau de 610.000 un mois auparavant. Le taux de chômage américain de novembre a en revanche reculé à 6,7%, contre 6,8% de consensus de marché et 6,9% en octobre. Notons que les créations de postes d'octobre ont été révisées en baisse, de 638.000 à 610.000.
En novembre, les créations d'emplois dans le privé sont ressorties au nombre de 344.000 selon le rapport du jour, contre 590.000 de consensus. Les créations d'emplois manufacturiers ont été au nombre de 27.000, contre plus de 40.000 de consensus. Le taux de participation à la force de travail a été de 61,5% contre 61,6% de consensus. Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,3% par rapport au mois précédent, contre +0,1% de consensus. Ce salaire horaire moyen augmente de 4,4% en glissement annuel.

Le ton est désormais plus optimiste concernant les perspectives de "stimulus fiscal" aux États-Unis. Les leaders démocrates du Congrès ont posé les bases des discussions autour d'un package bipartisan de 908 milliards de dollars. Mitch McConnell, leader de la majorité du Sénat, a proposé pour sa part un plan plus réduit de 500 milliards environ. Il a rencontré des sénateurs républicains impliqués dans la mise au point du plan bipartisan et estimé qu'il y avait des signes positifs en vue d'un compromis éventuel, selon CNBC. Donald Trump, lors d'un événement au Bureau Ovale, aurait pour sa part jugé qu'un accord serait très proche et qu'il soutiendrait le possible 'deal', précise The Hill...

Le baril de brut est remonté sur les 49$ le brent, alors que les opérateurs ont pris note de l'accord a minima au sein de l'Opep sur ses quotas de production. L'euro a continué de grimper à 1,2135/$ entre banques.

LES VALEURS

Prodways rebondit de 27% avec Balyo (+25%)

Rallye remonte de 17% avec Aures suivi de JC Decaux

Solutions30 : +14% avec Icade, Lectra, Elior et BigBen après ses comptes

Crédit Agricole : +11% avec MdM (+10%) et Akwel et TechnipFMC

Wavestone : +8% avec Europcar, Séché et Quadient qui reste entouré par la spéculation

Airbus remonte de 7% avec AKKA et Cegedim, Haulotte, Imerys, Eurazeo et SII (+5%). Renault remonte aussi de 5% avec Accor, Bouygues et Tessi.

A la baisse, Nicox rechute de 25%, suivi de Ipsen après des perspectives prudentes.

Les parapétrolières redescendent avec Vallourec (-10%) et CGG

Boiron cède 5% suivi de Worldline, Remy Cointreau, AST et Seb

Valeo : -4% avec Schneider, Nexans, Alten

Legrand cède 2% avec Air Liquide, Michelin, Chargeurs, Danone, Air France KLM, Faurecia, Scor

ZOOM DE LA SEMAINE

Derichebourg (+27%) après la publication de comptes annuels nettement plus solides que prévu par le marché. Le groupe de services aux entreprises et aux collectivités a vu son EBITDA reculer de 5,4% à 180,9 ME sur son exercice 2019-2020 pour des revenus de 2,5 MdsE, en diminution de 8,9%. Le ROC recule de 39,3% à 62,4 ME, là où le consensus était positionné à 47,2 ME. Le résultat net revenant aux actionnaires s'établit à 21,3 ME, en baisse de 61,6%. Derichebourg estime que l'exercice en cours s'est ouvert sous de meilleurs auspices que l'an dernier, les prix des ferrailles et des métaux non ferreux sont orientés à la hausse. L'activité a été peu perturbée par le second confinement et le management estime ainsi, sur la base de ses deux premiers mois d'activité, qu'il devrait être en mesure de dégager sur l'exercice en cours un EBITDA courant en progression de 15% à 20% environ.

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