Bourbon chute encore, plombé par sa dette

Bourbon chute encore, plombé par sa dette©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 15 mars 2018 à 09h28

Il fallait s'y attendre, Bourbon n'a pas pu respecter plusieurs covenants bancaires au 31 décembre 2017, rendant exigible sa dette. Comptablement, cela signifie que 1,121 milliard d'euros ont été reclassés en passif courant. Pratiquement, cela implique une renégociation avec les créanciers, lesquels n'ont pas, à ce stade, exigé le remboursement. La direction leur a demandé de surseoir formellement pour la durée des discussions. Un certain nombre de réponses sont encore en attente, concède le management, qui se dit cependant confiant quant à l'obtention de ces accords de report. Il estime qu'une solution sera trouvée, aussi les comptes ont-ils été préparés selon le principe de la continuité d'exploitation car la trésorerie permet de financer l'activité.

576 ME de pertes, pas de reprise en 2018

Les résultats 2017, dévoilés ce matin, portent les stigmates de la crise pétrolière. En données ajustées, le chiffre d'affaires baisse de -22% à 860,6 ME tandis que l'Ebitdar s'affiche à 252,4 ME (-34%). La perte opérationnelle atteint -404 ME et la perte nette -576 ME. Le groupe avait indiqué il y a un mois que sa perte nette avoisinerait les 600 ME, alourdie par les dépréciations et les exceptionnels. Au bilan, les capitaux propres sont divisés par deux à 644 ME tandis que la dette nette recule légèrement mais reste conséquente à 1,36 MdE. Grâce au refinancement des facilités de trésorerie, la trésorerie a augmenté à 179 ME. Elle aurait toutefois reculé sans cet élément. Le doublement du cash-flow libre à 128 ME reste un motif de satisfaction.

Les cours pétroliers se stabilisent dans la zone des 60 à 65$, note Bourbon, qui s'attend à une reprise des investissements des groupes pétroliers, mais une reprise progressive. Si les segments pétrole de schiste, onshore et énergies renouvelables paraissent être repartis, ce n'est pas encore le cas de l'offshore, où les investissements ne devraient croître qu'à compter de 2019. Dans le même temps, les prix resteront durablement bas compte tenu des surcapacités, poursuit Bourbon, qui s'attend à un millésime 2018 comparable à 2017 au niveau de l'activité. La direction reste persuadée que le secteur ne redeviendra plus jamais ce qu'il a été, ce qui explique les orientations du plan stratégique déjà annoncé.

Quel scénario pour la dette ?

Le titre flanche de plus de 8% à 6,22 euros dans les premiers échanges. Oddo BHF confirme sa recommandation "alléger" ce matin, pour une valorisation de 6 euros par action. Le bureau d'études souligne que les résultats sont toujours sous pression avec une visibilité limitée et une structure financière tendue. Un cocktail compliqué, d'autant que l'analyste a nettement révisé en baisse ses anticipations pour 2018, avec une projection d'Ebitda à 68,5 ME contre 114 ME précédemment, le consensus étant positionné jusque-là à 120 ME. Portzamparc reste pour sa part à la vente avec une valorisation à 5,20 euros. L'analyste attend la conférence de présentation qui a démarré à 9h00 ce matin pour dresser un nouveau bilan, avec pour hypothèse une réduction des frais financiers mais aussi peut-être des pistes pour réduire la dette.

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