Bourbon sur des planchers de 15 ans en bourse

Bourbon sur des planchers de 15 ans en bourse©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 20 mars 2018 à 13h29

Bourbon évolue au plus bas depuis près de 15 ans en bourse en ce 20 mars 2018, puisqu'il faut remonter au 21 mars 2003 pour retrouver trace du dossier sous le seuil des 5,17 euros, le plus bas touché aujourd'hui en séance. Sur les 15 dernières années, le parcours du titre doit être nuancé car la société a toujours versé un coupon, jusqu'à cet exercice 2017 suffisamment inquiétant au niveau bilanciel pour que le conseil d'administration renonce à rémunérer les actionnaires. La capitalisation est descendue à 403 millions d'euros, alors qu'elle avait frôlé les 2,8 milliards d'euros en août 2007, avant la crise des subprimes.

Les analystes qui suivent le dossier, au nombre de sept, affichent désormais une valorisation moyenne de 6,432 euros, alors qu'elle était encore de 12 euros un an plus tôt (et encore, l'un d'entre eux est-il toujours positionné à 11,60 euros). En dépit des efforts déployés pour adapter la structure au nouveau contexte du marché pétrolier, Bourbon continue à perdre beaucoup d'argent. Nicolas Royot, qui suit le dossier à la vente chez Portzamparc, affiche actuellement une valorisation de 5,20 euros. La génération de cash, soutenue par des éléments ponctuels, permet de réduire la dette nette mais les fonds propres se contractent beaucoup plus rapidement, explique-t-il. Des négociations ont été entamées avec les créanciers après que les ratios bancaires autorisés (covenants) attachés aux prêts eurent été brisés. Le management n'envisage pas d'augmentation de capital à ce stade, mais l'analyste craint que les créanciers n'en imposent une dans le cadre des négociations.

Un actionnaire présent mais fragilisé

Pour l'heure, mieux vaut rester à l'écart du dossier, puisqu'il ne faut jamais chercher à rattraper un couteau qui tombe, selon le vieil adage boursier anglo-saxon. Le management se fait encore très prudent sur 2018, car il n'entrevoit pas encore vraiment le bout du tunnel. L'actionnariat de Bourbon est pour l'heure stable mais fragilisé. Jaccar, le holding de la famille Jacques d'Armand de Chateauvieux, possède en effet 53% du tour de table (ainsi que le contrôle de Sapmer et Greenship, notamment) mais fait face lui aussi à une situation financière tendue. Fort heureusement, il a restructuré sa dette au début de l'automne dernier, en émettant des obligations dont l'échéance est postérieure à 2020, ce qui pourrait lui permettre de profiter de l'embellie espérée dans les services maritimes. Les obligataires disposent d'ailleurs d'une sûreté sur les actions Bourbon. Jaccar s'est de surcroît engagé auprès de ses créanciers à lancer un processus de cession de ses titres Bourbon à une condition : que le cours de bourse soit supérieur à 23 euros pendant 40 jours consécutifs. Autant dire que la clause n'est pas prête de jouer.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.