Bourse : le pire pourrait être passé, estime Morgan Stanley

Bourse : le pire pourrait être passé, estime Morgan Stanley
Une cheminée d'usine en Allemagne, sous un ciel nuageux.

Boursier.com, publié le mardi 07 avril 2020 à 16h20

Après avoir perdu plus de 30% et atteint un point bas le 23 mars dernier, les indices boursiers américains ont rebondi de près de 20%. Les investisseurs espèrent que le pire est désormais passé. C'est en tout cas l'hypothèse privilégiée par la banque d'affaires américaine Morgan Stanley.

Selon Mike Wilson, stratégiste actions de MS, "la liquidation forcée d'actifs survenue depuis un mois est derrière nous, et les Etats-Unis ont mené des interventions monétaires et fiscales sans précédent et sans limites". En Bourse, il évoque des "valorisations les plus attractives depuis 2011". Tous ces éléments "confirment notre conviction que le pire est derrière nous dans ce marché baissier cyclique, qui a commencé il y deux ans, et non pas le mois dernier", a affirmé M. Wilson dans une note publiée lundi.

Selon le stratégiste, les niveaux actuels des marchés boursiers offrent un bon point d'entrée à horizon 6 à 12 mois. "Les marchés baissiers s'achèvent par des récessions, ils ne commencent pas avec elles, rendant l'actuel ratio risque/récompense le plus attractif depuis des années", affirme Mike Wilson. Avec un bémol cependant : "le prochain marché haussier pourrait être bien différent du précédent", qui avait duré plus de 10 ans...

Retour d'un optimisme prudent

Par ailleurs, le milliardaire Bill Ackman, gérant du fonds PershingSquare, a lui aussi adopté un ton plus optimiste dimanche dans une série de tweets. Il souligné que les cas de coronavirus à New York "semblent atteindre un pic" tandis que certains traitements "semblent aider" comme l'hydroxychloriquine et des antibiotiques.

"Si cela est vrai, le taux de gravité et de mortalité pourrait être beaucoup plus faible que prévu, et nous pourrions être plus proches de l'immunité collective que prévu", a également déclaré Ackman. Il y a un moins, le gestionnaire de fonds avait averti que "l'enfer" allait arriver sur les marchés.

JP Morgan sur la même longueur d'onde

Le 30 mars, une autre banque américaine, JP Morgan avait déjà estimé que le marché américain pourrait avoir touché le fond. "Les marchés risqués devraient rester volatils tant que le taux d'infection crée une incertitude quant à la profondeur et à la durée de la récession due au Covid, mais suffisamment de choses ont changé fondamentalement et techniquement pour justifier l'ajout sélectif de risques", affirmait alors John Normand, stratégiste chez JPM.

"La plupart des marchés risqués ont probablement atteint leur plus bas niveau pour cette récession, à l'exception peut-être du pétrole et de certaines monnaies de pays émergents qui sont confrontés à des problèmes de viabilité de la dette", avait-il ajouté.

Historiquement, les marchés boursiers (qui fonctionnent par anticipation) atteignent leurs points bas bien avant l'économie réelle, qui va tomber en récession en 2020 aux Etats-Unis et au niveau mondial, avant de rebondir en 2021, estiment les économistes.

Cependant, la sortie de la crise actuelle dépend de facteurs difficiles à anticiper, comme l'évolution de la pandémie de coronavirus. Elle semble ralentir sa progression depuis quelques jours en Europe et dans l'Etat de New York, mais ces résultats sont encore fragiles. L'ampleur et la durée de la récession qui se profile aux Etats-Unis restent donc difficiles à prévoir, rendant bon nombre d'investisseurs encore prudents dans leurs achats d'actifs risqués...

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