Bourses : les indices plongent, le pétrole s'effondre

Bourses : les indices plongent, le pétrole s'effondre©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 09 mars 2020 à 07h33

Les places asiatiques pointent en très forte baisse ce lundi matin avec des écarts qui s'étagent de -2,6% à Shanghai, jusqu'à -7,3% à Sydney. La baisse moyenne est de 4% à Bombay, Hong Kong, Seoul et un peu plus forte à Singapour (-5%) et Tokyo qui chute de 5,4%.
Mais le décrochage le plus spectaculaire est celui du pétrole qui dégringole de près de 30%, avec un baril de brent qui retombe brutalement à 33$ après l'échec des négociations entre l'Opep et la Russie sur le niveau de production pour tenter de contrebalancer les effets économiques dévastateurs du coronavirus dans le monde...

Les cours du pétrole retombent ainsi au plus bas depuis le début 2016, après l'annonce d'un échec de la réunion de l'Opep+. Après de longues tractations, la Russie a finalement refusé la proposition de l'Opep, menée par l'Arabie saoudite, qui avait recommandé aux pays de l'alliance dite Opep+ de prolonger leur accord jusqu'à la fin 2020, et d'abaisser leur production commune de 1,5 million de barils par jour supplémentaires.

Ce week-end, l'Arabie saoudite a réduit drastiquement le prix de vente officiel pour le mois d'avril de toutes ses qualités de brut vers toutes les destinations. Le groupe pétrolier saoudien Saudi Aramco a ainsi fixé son prix de vente officiel pour le baril de brut léger à destination de l'Asie pour le mois d'avril à 3,10 dollars de moins que la moyenne d'Oman/Dubaï, soit une baisse de 6 dollars le baril par rapport au mois de mars. Le groupe a aussi ramené le prix de vente du baril de pétrole brut léger vers les Etats-Unis pour avril à 3,75 dollars de moins par rapport à l'ASCI, en baisse de 7 dollars le baril par rapport à mars. Le prix de vente du baril de brut léger à destination de l'Europe du Nord et de l'Ouest a été fixé à 10,25 dollars de moins que la référence de l'Ice Brent, en baisse de 8$ le baril sur un mois.

Vendredi, l'entente qui prédominait depuis trois ans entre l'Opep et la Russie a donc volé en éclats du fait de l'opposition de Moscou à une nouvelle réduction de la production de pétrole pour enrayer la baisse des cours due à l'épidémie de coronavirus. Le cartel, qui souhaitait une baisse supplémentaire de 1,5 million de barils par jour jusqu'à la fin 2020, a riposté en supprimant toutes les limites à sa propre production...

L'euro retrouve les 1,14/$

Les investisseurs continuent pendant ce temps de se ruer sur les obligations d'Etat, envoyant les taux des emprunts d'Etat américains à de nouveaux plus bas historiques. Le dollar poursuit sa chute, avec un euro qui retrouve le niveau des 1,14/$ ce matin sur l'anticipation d'un nouveau geste rapide de la Fed, qui a déjà piloté une baisse de taux d'un demi-point mardi dernier en urgence.
L'or qui a progressé brièvement au-delà des 1700$ l'once dimanche soir, revient ce lundi matin sur les 1.665$.

A Wall Street vendredi soir, les indices avaient toutefois réduit nettement leurs pertes pendant la dernière demi-heure de cotation, après avoir chuté de 2,5% à 3% en séance... L'indice Dow Jones a perdu 0,98% à 25.864 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 1,71% à 2.972 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a corrigé de 1,87% à 8.575 pts.
L'indice VIX mesurant la volatilité (aussi appelé "l'indice de la peur") continue d'évoluer au plus haut depuis la crise financière de 2008. Le Vix avait culminé à environ 70 en octobre 2008, juste après la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait déclenché la crise financière...

La dégradation dramatique de la situation sanitaire en Italie inquiète les places européennes attendues en forte baisse toute à l'heure alors que les nouvelles en provenance des Etats-Unis ne sont pas encourageantes non plus devant la propagation rapide du coronavirus qui a désormais infecté plus de 100.000 personnes dans le monde.

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