Bruxelles rejette encore le budget italien, le marché continue à croire à un accord

Bruxelles rejette encore le budget italien, le marché continue à croire à un accord©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 21 novembre 2018 à 15h03

Bruxelles a une nouvelle fois rejeté le projet de budget 2019 élaboré par Rome, ouvrant la voie à une procédure pour déficit excessif. Le marché, qui avait largement intégré cette annonce au cours des dernières semaines, continue malgré tout à espérer que la Commission européenne et le gouvernement transalpin ne finissent pas trouver un terrain d'entente.

Promesses de réformes

Le vice-président du Conseil italien, Matteo Salvini, a toutefois réaffirmé les intentions du gouvernement: "Nous sommes convaincus par les chiffres de notre budget. Nous en parlerons dans un an". Le dirigeant ajoutant qu'il ne ferait pas de compromis sur des points essentiels tels que les réductions d'impôts et le revenu de base pour les plus pauvres, mais qu'il était prêt à faire des ajustements sur certaines choses et était ouvert au dialogue. Le président du Conseil, Giuseppe Conte, a de son côté, fait part de son inquiétude quant à l'évolution de l'écart de rendement ("spread") entre les emprunts d'Etat italiens et allemands, soulignant que le gouvernement y répondrait par des réformes.

Forte baisse des rendements italiens

Des déclarations bien accueillies par les opérateurs. Les rendements obligataires italiens baissent en effet fortement cet après-midi alors que les actions des banques rebondissent. Le taux du 10 ans italien recule de 10 points de base, à 3,52%, après avoir touché un plus haut à 3,72% hier, le repli étant encore plus conséquent sur les titres de maturité plus courte. "Ce qui est positif pour le marché, c'est le soulagement probable que l'UE ait été relativement neutre dans son langage", affirme à Bloomberg, Peter Chatwell, responsable de la stratégie de taux européens chez Mizuho International à Londres.

Vers une procédure pour déficit excessifb?

Pour la Commission, le budget de relance du cabinet de Giuseppe Conte, qui prévoit de creuser le déficit l'an prochain à 2,4% du produit intérieur brut contre 1,8% prévu cette année, constitue un "manquement particulièrement grave" aux recommandations de l'UE. Elle estime donc justifiée une procédure pour déficit excessif, en arguant du fait que la dette publique de l'Italie, qui représente déjà plus de 130% de son PIB, ne baissera pas l'an prochain, contrairement à ce qu'imposent les règles communautaires.

Our door remains open to dialogue with Italy. As we move closer to opening an Excessive Deficit Procedure, it is even more essential that the Italian authorities engage constructively with the @EU_Commission.
- Pierre Moscovici (@pierremoscovici)

Si l'UE donne suite aux sanctions, elle pourrait imposer une amende à Rome représentant 0,2% du PIB italien. Une condamnation qui pourrait grimper jusqu'à 0,5% du PIB si le gouvernement ne modifiait toujours pas son budget. Ce serait alors la première fois que Bruxelles imposerait une amende à un pays membre pour déficit excessif.

We present the situation under the macroeonomic imbalances procedures. >Find out more here ? https://t.co/xf5MUFGa1n #EuropeanSemester pic.twitter.com/qMDXrPlNkq
- European Commission 🇪🇺 (@EU_Commission)

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