Carlos Ghosn n'est pas en état de diriger Renault pour Bercy

Carlos Ghosn n'est pas en état de diriger Renault pour Bercy
Ghosn Carlos Renault Nissan PDG

Boursier.com, publié le mardi 20 novembre 2018 à 09h59

Renault cède encore 3% à 57,2 euros alors que l'annonce de l'arrestation au Japon de Carlos Ghosn continue à faire couler beaucoup d'encre. Si Nissan a indiqué dès hier que son conseil d'administration se prononcera jeudi sur le limogeage de son président, le constructeur au losange a simplement affirmé que son CA "se réunira au plus vite" pour évoquer le sujet et l'éventuel départ de son PDG. Selon Reuters, cette réunion devrait avoir lieu ce soir.

Carlos Ghosn n'est pas en état de diriger Renault pour Bercy

Pour l'Etat, la question ne se pose pas. Le ministre français de l'Economie et des Finances a déclaré ce matin sur 'franceinfo' que Carlos Ghosn n'était pas en état de diriger Renault, et a demandé la mise en place d'une gouvernance intérimaire pour le constructeur automobile. "En revanche, nous n'avons pas demandé le départ formel de M. Ghosn du conseil d'administration pour une raison qui est simple, nous n'avons pas de preuve et nous sommes dans un Etat de droit", a souligné Bruno Le Maire. "Il faut une gouvernance intérimaire (...) puisqu'aujourd'hui M. Ghosn est empêché de diriger l'entreprise", a ajouté le minsitre, en précisant qu'il recevrait dans la matinée les représentants de l'Etat au conseil d'administration du groupe.

L'Etat détient 15,01% de Renault

Créée en 1999 sous l'égide de Carlos Ghosn, et alors que Nissan était au bord de la faillite, l'alliance Renault-Nissan est fondée sur des participations croisées entre les groupes nippon et français. Renault détient 43,4% du capital de Nissan, qui possède en retour 15% de Renault. De son côté, l'Etat français est le premier actionnaire de Renault avec 15,01% du capital.

A noter que Mitsubishi, troisième partenaire de l'alliance franco-japonaise, a également emboîté le pas à Nissan et demandé à son tour l'éviction de l'industriel.

Des avis divergents chez les analystes

Du côté des analystes les interrogations sont nombreuses. "La plus grande préoccupation est de savoir si l'alliance avec Renault et Mitsubishi Motors fonctionnera encore réellement", affirme à Bloomberg, Mitsuo Shimizu, stratège en actions chez Aizawa Securities à Tokyo. "Si ce n'est pas le cas, les effets de synergie et de réduction des coûts vont probablement s'estomper". Pour Bernstein, qui estime que la baisse du titre Renault est peut-être exagérée, la dissolution de l'alliance n'est pas un désastre total pour les actionnaires de Renault: céder la participation de Nissan pourrait générer plus de valeur que la structure actuelle.

Citi explique pour sa part que l'arrestation de l'homme clef de l'alliance augmente l'incertitude sur le cadre de cette dernière mais elle n'est pas clairement négative pour les actions Nissan, étant donné que de nombreux investisseurs sont mécontents des relations avec Renault.

Les soutiens de Renault estiment depuis longtemps qu'une fusion complète entre Renault et Nissan pourrait permettre de débloquer de la valeur. Avec le départ de C.Ghosn de Nissan et potentiellement de Renault, Commerzbank juge désormais probable que les deux groupes soient dirigés par des patrons distincts avec des objectifs différents, rendant une éventuelle fusion moins envisageable. "L'évaporation de cet espoir est reflété dans la chute soudaine du titre aujourd'hui (ndlr : lundi)".

Nomura voit "relativement peu d'impact sur les opérations réelles de Nissan Motor", car l'équipe de Saikawa est activement engagée dans la gestion de la société. Le courtier pense en revanche que l'arrestation de C.Ghosn a "déstabilisé" les perspectives de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

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