Carlos Ghosn, un avenir en pointillés chez Renault ?

Carlos Ghosn, un avenir en pointillés chez Renault ?
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Boursier.com, publié le lundi 19 novembre 2018 à 12h51

Renault et son PDG Carlos Ghosn font les gros titres de la presse mondiale. Le PDG de Nissan a été arrêté au Japon sur des soupçons d'irrégularités financières, provoquant un véritable plongeon du titre Renault en bourse. A la mi-journée, l'action s'écroule de 10% à 57,9 euros à Paris, au plus bas depuis 2014.

Violation de la réglementation financière japonaise

Suite à des informations parues dans la presse nippone, Nissan a été contraint de confirmer, dans les minutes suivantes, qu'une enquête interne avait établi que Carlos Ghosn avait sous-estimé sa rémunération lors de déclarations financières et que le dirigeant avait commis "de nombreux autres actes inappropriés", tels que l'utilisation personnelle de biens de la société.

Nissan veut démettre rapidement Carlos Ghosn de ses fonctions

Selon l'agence de presse japonaise Jiji, Carlos Ghosn aurait sous-évalué de cinq milliards de yens, sur cinq ans, ses émoluments chez Nissan, soit d'environ 44 millions de dollars. Suite à cette découverte, le PDG de Nissan, Hiroto Saikawa, va proposer au conseil d'administration de destituer Carlos Ghosn de son poste de président du CA.

L'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi en danger?

L'irruption des démêlés judiciaires de Carlos Ghosn tombe au plus mauvais moment pour le constructeur automobile français et son partenariat avec Nissan et Mitsubishi, l'homme fort de la première alliance automobile mondiale n'ayant pas encore finalisé un plan de succession pour garantir la pérennité cet édifice inédit dans l'éventualité de son départ.

Pas de réactions de l'Elysée

Renault détient 43,4% de Nissan, qui possède en retour 15% de Renault. Le groupe japonais est ainsi le deuxième actionnaire du constructeur français en terme d'actions, derrière l'Etat français qui détient 15,01% du capital. Hautement politique, cette affaire n'a pour le moment pas suscité de réaction de l'Elysée. "Pas de réaction de notre côté", a déclaré à Reuters une source à l'Elysée, soulignant qu'"une procédure est en cours" au Japon.

Depuis Tokyo, Nissan pourrait en dire davantage sur ce scandale puisque le constructeur organise une conférence de presse dans les prochaines minutes.

Un départ précipité chez Renault ?

Personnage emblématique de l'industrie automobile, star du secteur au Japon, Carlos Ghosn pourrait voir sa longue carrière prendre fin plus rapidement que prévu. Dans un entretien accordé au 'Financial Times' en juin dernier, le patron du constructeur au losange laissait entendre qu'il laisserait probablement son poste de PDG avant la fin de son mandat actuel: "Vous pouvez suspecter qu'avant 2022, je vais cesser d'être PDG de Renault". Les infos du jour pourraient précipiter un peu plus ce départ... et accélérer l'arrivée de Thierry Bolloré, nommé directeur général adjoint de Renault en début d'année, à la tête du groupe.

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