Carrefour attaqué, Bernstein sceptique sur les nouveaux dirigeants

Carrefour attaqué, Bernstein sceptique sur les nouveaux dirigeants©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 07 décembre 2017 à 09h22

Le début de séance est un peu difficile pour Carrefour, dont le titre perd 2% à 17,85 euros dans des volumes étoffés. Des dégagements provoqués par le bureau d'études Bernstein, qui a abaissé ce matin de performance en ligne à "sousperformance" sa recommandation, dans la mesure où le titre évolue désormais significativement au-dessus de l'objectif de cours qu'il avait fixé, 15,50 euros.

Le redressement récent du titre repose essentiellement sur des voeux pieux, estime l'analyste Bruno Monteyne. Le marché pense que les mesures de protection des agriculteurs français vont prémunir le distributeur contre la guerre des prix, que la collaboration signée entre Casino et Ocado va favoriser l'émergence d'un accord Carrefour / Amazon et que de grosses économies de coûts sont possibles en France sur la masse salariale. Le spécialiste est même assez sceptique sur les actions qui ont été entreprises jusque-là, qui sont soit ultra-limitées, soit préoccupantes. D'abord, le nouveau PDG a ajouté une strate additionnelle avec son comité exécutif de 14 personnes. Ensuite, la seule communication aux investisseurs a consisté à annoncer le retard de communication. L'analyste note aussi que le seul accord annoncé est celui avec la Fnac et ne concerne que le non-alimentaire alors que le gros point noir de Carrefour, c'est l'alimentaire. Quatrième point, les ouvertures du dimanche n'auront qu'un impact minime sur les ventes (0,04% selon Bernstein). Enfin, le conseil a maintenu le dispositif d'incitation du haut management, largement critiqué par l'analyste.

On l'aura compris, Bruno Monteyne est sceptique. Il l'est d'autant plus que la remise à plat des prix en France attendue l'année prochaine est risquée car la précédente expérience n'a pas donné de résultats. En outre, il pense qu'Alexandre Bompard manque d'expérience dans le secteur en dehors de sa "zone de confort". Pour revenir à un sentiment plus positif, le bureau d'études juge qu'il faut une meilleure communication, une meilleure gouvernance, une clarification sur ce qui va réellement se passer pour la division française, un plan stratégique majeur et une stabilisation des volumes. La nouvelle équipe de direction a du pain sur la planche pour convaincre Bernstein.

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